Un sens à ce qui est. (+ granola aux fraises séchées au four)

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Je crois qu’il y a des fois où la recherche de sens trouve des limites. Je veux dire que j’ai fait partie de ceux qui veulent absolument trouver dans les événements qui viennent à se présenter une signification, une justification. Peut-être parce que j’ai éprouvé très fort à un moment de ma vie la situation très théâtrale du « un mal à un instant x pour un bien à un jour y», du positif qui ne peut arriver que parce qu’un négatif s’était présenté auparavant. Le retournement de situation enrichi d’une vraie valeur de plus contre un moins, une sorte de coup de tampon moral, qui valide la pluie pour mieux voir l’arc en ciel. En clair, dans toute situation pourrie, je cherchais un aspect positif, et je me persuadais que si j’avais à la vivre, c’était au fond pour un bien que dont j’ignorais encore la teneur.

Je garde toujours profondément ancrée en moi la conviction que ce qui nous arrive est plus ou moins pour notre bien, même si nous ne nous en rendons pas compte tout de suite. Je serre bien souvent la certitude que mon étoile sait ce qu’elle fait, sans que je ne fasse exception, je veux dire que je suis également persuadée que votre étoile à vous sait très bien ce qu’elle fait aussi.

Mais parfois, j’ai envie de balayer cette herméneutique parce que je peine à voyager avec elle en toute légèreté, et parce que j’ai du mal à trouver l’équilibre sur la corde tendue entre liberté et destin. J’ai du mal à savoir, profondément savoir, dans quelle mesure ce qui vient est « de ma faute » ou pas, et dépend (ou ne dépend pas) de mon libre-arbitre. Et j’ai du mal à me convaincre que cette étoile un peu pénible (pour ne pas dire franchement foireuse, quand même) est toujours bien accrochée.

Allez, de temps en temps, mon plan serait de dire « je fais confiance à mon étoile, mais je me fais aussi confiance à moi, voilà. » Essayez pour voir.



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 The ultimate granola (amandes, chocolat et fraises séchées au four)

250 g de flocons d’avoine

100 g d’amandes effilées

100 g de sirop d’érable (ou miel, ou autre sucrant liquide)

1 grosse cuillère à soupe bombée d’huile de coco (ou 2 d’huile d’olive)

100 g de chocolat

400 g de fraises fraîches

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Pour le granola

Prélever 100 g de flocons d’avoine et les mixer en poudre fine (c’est facultatif, mais j’adore la consistance finale que cela donne aux pépites de granola, encore plus proches du biscuit) Mélanger les flocons, les flocons réduits en poudre, et les amandes.

À feu très doux, faire fondre le sirop d’érable (ou le miel) et l’huile en mélangeant bien durant 4 à 5 minutes. Verser sur les flocons et bien mélanger. Tasser l’ensemble sur une plaque chemisée de papier cuisson. Bien appuyer pour que l’ensemble soit plat et compact, et fasse quelques centimètres d’épaisseur. Enfourner dans le four froid, et l’allumer sur 150°C. Laisser cuire environ 30 minutes : l’ensemble doit dorer, mais pas noircir. Sortir la plaque et laisser refroidir TOTALEMENT. Au bout de quelques heures, casser la plaque en pépites de la taille que l’on souhaite. Ajouter le chocolat détaillé en petits morceaux.

Pour les fraises séchées au four (tuerie en vue)

Laver soigneusement les fraises et les couper en lamelles, en les déposant au fur et à mesure sur une à deux grandes plaques recouvertes de papier cuisson, toutes bien à plat. Enfourner à four tiède (130 °C) pendant environ 50 minutes. (Votre maison s’imprégnera d’un parfum de fraises cuites, un peu comme celui des confitures…) Bien surveiller : c’est la seule difficulté! Les fraises doivent se déshydrater sans trop changer de couleur, tout dépend de votre four, il faudra peut-être raccourcir la cuisson (si cela commence à noircir) ou la rallonger (si elles semblent encore très humides). En somme, je les sors juste lorsqu’elles commencent à devenir brunes. (Ne vous inquiétez pas si, au moment de les sortir, elles semblent totalement molles ou indécollables. C’est normal, il faut attendre.) Laisser refroidir à température ambiante avant de décoller délicatement du papier. Les lamelles fines seront devenues croustillantes comme des chips, et les plus épaisses seront encore un peu moelleuses, presque confites, un peu (beaucoup) comme des bonbons. C’est une gourmandise incroyablement savoureuse, parce que leur goût s’est concentré, et chacune devient comme acidulée dans la bouche. Elles se conservent très bien pendant plusieurs semaines (si vous y parvenez).

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On lit? (revue de favoris, mai 2016)

idées-à-lire-mai2016Il est des mois qui filent à toute allure, et qui ne laissent que peu de loisir à consacrer à la lecture. C’était le cas au mois de mars, où j’ai surtout lu Harry Potter et Mickey Parade en Italien. (Ne riez pas, c’est un excellent moyen de progresser.) En revanche, récemment, j’ai volé au quotidien un peu de temps pour découvrir des pépites que j’ai adorées. (J’ai aussi découvert de gros navets littéraires, dont je ne parlerai pas, parce que je vous aime beaucoup et que je ne vois pas l’intérêt de vous embêter avec une liste de « à ne pas lire », et puis aussi parce que je ne veux fâcher personne. Je suis très diplomate, des fois.) Alors voilà, que du bon, du très très bon aujourd’hui. Comme d’habitude, la sélection est éclectique, c’est le moins que l’on puisse dire. J’espère surtout que vous y trouverez des idées qui vous permettront, vous aussi, de trouver du temps à accorder à des pages tournées. Parce que, finalement, le temps ne suffit jamais, alors autant le prendre, comme une amante qu’il faut enlever pour convoler en justes noces.

Je vous souhaite plein de savoureuses heures!


P. CLAUDEL, L’arbre du pays Toraja, Stock, 2016 // CLEA, Veggie Bowls, La Plage, 2016 //J. WITEK, Un hiver en enfer, Actes Sud junior, 2014 // S. CHIC, M. TOUVAY, Attends…, Didier Jeunesse, 2006 // F. JOST, Télé-réalité, Cavalier bleu (coll. Myth’o), 2009 // T. THARP, Le réflexe créatif*, rue fromentin (coll. La bibliothèque intérieure) , 2016


L’arbre du pays Toraja (Philippe Claudel)

arbre-du-pays-toraja-avis Je commence par mon favori des favoris.

C’est une fleur sur les orties, c’est un rayon de lune dans la nuit noire, c’est un brin d’or sur un tas de fer, c’est le dernier Claudel. Voilà, voilà, je crois que je n’ai pas trop besoin de le présenter davantage. Quand je l’ai vu chez le libraire, je n’ai même pas cherché à en savoir plus, je l’ai emporté en le serrant fort contre mon coeur. (Si si). Et voilà, je n’ai pas été déçue, avec Claudel, je ne suis jamais déçue. Je l’ai même fait durer le plus longtemps possible, en ne lisant que quelques pages à chaque rencontre, pour mieux savourer chacune de ses incursions dans ma vie.

L’arbre « du jardin Toraja », c’est une histoire, c’est une fable qui sert de prologue, filée dans le roman. Je ne trahis rien en vous la révélant : en Indonésie, l’arbre peut servir de sépulture. Lorsqu’un jeune enfant vient à mourir, on le dépose dans l’écorce creusée, que le temps refermera, permettant au corps de l’enfant de se fondre dans le corps de l’arbre. Comme une (belle) histoire murmurée en introduction, cette mélodie accompagne l’ensemble de l’oeuvre. Il y a un homme, un scénariste, il y a ses interrogations sur le temps qui passe, il y a son bilan sur sa vie passée, sa vie à venir, sur la vieillesse, sur la mort qui vient, la mort essentielle, la mort accessoire. Il y a ses amours et ses errances, son clair-obscur, et toujours, la belle injonction à vivre que la mort, comme un arbre de Toraja, contient sans doute un peu.

C’est divinement écrit, et chaque phrase coule dans les yeux du lecteur, s’absorbe comme une meringue italienne, fait fermer les yeux, lever la tête, et bénir tous les dieux, les étoiles et les muses d’avoir fait un jour Claudel. À chaque fois que je le refermais, je restais quelques minutes, les yeux dans le vague, et je murmurais que s’il existait sur terre des hommes qui écrivaient si bien, la vie valait la peine d’être vécue. N’en déplaise à la mort.

Veggie Bowls (Cléa)

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Dois-je vraiment présenter le dernier né de Cléa? Veggie Bowls prend le pari de proposer des recettes salées et sucrées, toutes dans des bols, concept à la mode – mais surtout détourné en prétexte. Car Cléa se saisit de l’idée pour la ramener non au food-concept en vogue, mais aux habitudes totalement liées à la nourriture-plaisir qui sont les nôtres, les vraies, celles du quotidien. Le vrai bol complet plein de choses bonnes que l’on mange assis en tailleur devant le coucher de soleil. Alors, très sincèrement : ce livre est génial. (Si Cléa fait un ouvrage médiocre un jour, dites-moi.) (Mon mari sait que s’il veut me faire plaisir, il me cuisine un repas qu’il est allé en amont chercher sur le site de Cléa. Amour suprême.) Des boulettes ingénieuses, des associations prometteuses, des sauces crémeuses, et même des petits déjeuners et desserts en arcs-en-ciel jouant sur les textures croquantes-moelleuses régressives à souhait. C’est végétarien, presque toujours végétalien, souvent sans gluten, même si la plus grande force de l’ouvrage n’est pas là et qu’elle réside plutôt, comme l’affirme Cléa ici, dans la simplicité et le vrai plaisir de cuisiner (et de manger!).

Toutes les recettes sont inspirantes, parfaitement pensées, et l’ensemble est un cocktail parfait mêlant innovation et riche idée, et régalade quotidienne. Les photos pleines de couleurs de Mariá Angeles Torres sont délicieuses (même si Cléa avait prouvé ses propres talents dans Tout sans gluten!), et participent de l’atmosphère ultra réconfortante de l’ouvrage. En bref, un livre loin des débats éthiques culino-culinaires, loin de toute prise de tête, loin des prétentions des grandes cuisines : un petit doudou, à mettre entre toutes les mains pour se régaler l’esprit léger.

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Un hiver en enfer (Jo Witek)

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Alors, j’ai lu, parce que j’avais besoin de me changer les idées, ce petit thriller classé roman-jeunesse, qui fut une excellente surprise, et un livre si prenant que je l’ai dévoré. Je suis toujours une fervente défenseur de la littérature jeunesse lorsqu’elle est de qualité comme celle-ci, parce que je ne comprends pas pourquoi certaines grandes personnes s’obstinent à lire de piètres romans, alors que dans le rayon d’à côté, il y a des ouvrages si captivants, charmants et bien écrits.

Edward est un jeune garçon très discret, tourmenté, qui s’entend très bien avec son père, architecte de grande renommée. Il a en revanche toujours été plutôt brouillé avec sa mère, pianiste, qui souffrait de dépression et était hospitalisée jusqu’au début du roman.  L’histoire s’ouvre sur le retour de sa mère à la maison, transformée, guérie, avenante et très (trop?) gentille. Le soir-même, elle part avec son père en voiture, dîner chez une mystérieuse nouvelle amie. Dans un accident sur une route de campagne, cette nuit-là, son père meurt. Sa mère a alors un drôle de comportement, et le lecteur ne sait plus s’il doit avoir peur de cette mère angoissante, peut-être meurtrière, ou si Edward déforme la réalité. Qui est le fou? J’adore lorsqu’un livre maintient le doute, même juste un peu – parce que la situation devient vite claire, et encore plus angoissante. Si vous voulez vous plonger dans des lignes qui accrochent l’attention, oublier tout le reste, et tenter de vous dominer dans le « je lirai la suite demain », ce livre est pour vous.

J’ai retrouvé le suspense délicieux qui oblige à se coucher tard parce que, « encore un chapitre », et l’ai lu en deux jours : un vrai thriller pour la jeunesse (mais pas que), très bien écrit, avec une fin qui n’est pas celle d’un roman policier (j’entends : improbable ou imprévisible), mais qui boucle l’ensemble avec une noire cohérence. Vous l’aurez compris : j’ai adoré me plonger dans ce roman qui fait la part belle, tout en restant principalement narratif et très accessible, à la subtilité psychologique.

Attends…(Suzy Chic / Monique Touvay)

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Coup de coeur pour ce tout petit album, écrit avec grâce et illustré avec talent, si bien que j’aurais du mal à dire si j’ai préféré le texte ou les images. Je l’ai acheté sur les conseils de mon libraire préféré, parce que j’ai adoré les dessins, tout de douceur et de délicatesse. Puis je l’ai lu, et je suis tombée totalement amoureuse du texte, d’une poésie très émouvante.

Un petit album-bijou à offrir aux enfants ou aux adultes qui le sont restés un peu.

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Télé-réalité (François Jost)

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À l’occasion des 15 ans de la télé-réalité, j’ai eu envie de (re)lire ce tout petit ouvrage de François Jost, que dis-je, la meilleure, la plus succincte et la plus efficace de toutes les bibles. (En matière de télé-réalité, notez.)

En 89 minuscules pages, François Jost, professeur à la Sorbonne nouvelle et spécialiste de l’histoire de la télévision et de l’analyse des programmes, (dont je vous parlerai sans doute rapidement dans un article consacré aux séries que vous avez été plusieurs à demander), propose une réflexion incroyablement claire, pointue, complète et surtout passionnante sur ce sujet d’apparence peu brillant. Erreur, erreur : la télé-réalité est un merveilleux support d’étude et de réflexion. Son visage en dit long, pour peu que l’on se penche sur son contexte de création, sur son caractère symptomatique d’une certaine société, et sur la contamination qu’elle opéra sur le reste de la grille des programmes depuis 15 ans.

C’est simplement le plus intelligent que j’aie pu lire en matière de télévision, c’est limpide, construit, dense et efficace. Génial, voilà.

Le réflexe créatif* (Twyla Tharp)

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Si vous avez envie de faire vivre votre fibre créatrice, et que vous vous sentez souvent entravé dans votre folie artistique, ce livre est pour vous. Si vous avez souvent le syndrome de la page blanche, si vous avez le secret rêve de peindre, d’écrire de la musique, de réinventer votre vie même, et que vous ne savez plus trop finalement comment laisser libre cours à votre créativité, vous allez adorer l’ouvrage de Twyla Tharp.

Le parcours vers l’épanouissement créatif s’organise ici en 12 chapitres de taille raisonnable (« les rituels de préparation », « votre ADN créatif », »tenir sur la durée »…) et donnent des conseils vivants, clairs, précis sur le sujet. J’ai surtout été sensible aux anecdotes qui émaillent l’ouvrage, et qui le rendent plus vrai et plus captivant à la fois. Twyla Tharp, chorégraphe de renom américaine depuis une quarantaine d’années, se jette à l’eau toute entière dans son livre et donne à lire beaucoup de son histoire et de son quotidien, ce que j’ai adoré. Je suis peut-être une lectrice atypique, mais, même si j’admets que ses conseils sont très judicieux, j’ai surtout été séduite par les parties presque autobiographiques, et j’ai aimé rêver d’une vie de chorégraphe qui se lève à l’aube en plein Manhattan, voilà.

Un petit ouvrage original, riche et fort plaisant.


J’espère que cette sélection vous a plu. Connaissiez-vous certains de ces ouvrages? Êtes-vous attiré par l’un d’eux en particulier? Et vous, dites-moi, avez-vous de récents coups de coeur littéraires?


*Livre reçu en service presse.