All inclusive (Ou : de la dernière campagne Acadomia).

acadoma2
Vous avez des enfants?

Non, je veux dire, vous avez des enfants qui travaillent, vous, le soir? Parce que c’est bien connu, faire les devoirs, quelle plaie. Aider son fils, sa fille, à conjuguer Venir à l’imparfait, puis à résoudre sa division euclidienne, puis à apprendre les dates du Consulat, puis, horreur, à rédiger sa conclusion de dissertation, mais quelle torture. Quelle souffrance, pour un parent, quelle agonie, quel temps perdu. Enfin, j’imagine, moi je n’en suis pas encore. Mes soirées sont libres, vous comprenez, je peux encore lire allongée sur mon canapé, boire des Mojitos, et préparer la soupe tranquille pendant que le froid alourdit l’air du dehors et que le poêle flambe au-dedans. Ah oui, c’est sûr, c’est la belle vie, je n’ai pas (encore) de cahiers à regarder, d’agenda à consulter, je n’ai pas à m’énerver en essayant de comprendre ce que la maîtresse a voulu dire, c’est sûr, je suis bien innocente et bien libre.

Mais bon, je suis rassurée, parce que, voyez-vous, quand mon fils ou ma fille sera en âge de venir m’embêter avec ses devoirs à faire le soir, j’enverrai promener l’agenda, la maîtresse, et Euclide tout à la fois d’un revers de la main. Je lui dirai (à l’enfant, pas à Euclide), « viens plutôt éplucher les pommes, mon coeur au beurre, ou construire un Colisée avec tes Légos» (parce que c’est mon rêve de construire un Colisée en Légos, chacun son rêve). Viens t’amuser, plutôt. Oui, oui, je pourrai, parce que j’aurai la conscience allégée (comme la crème Fleurette) : Acadomia m’aura sauvée. Quoi, vous n’avez pas vu ou entendu leur dernière campagne? Celle qui décline les situations jugées bien pénibles de devoirs du soir, dans toutes les disciplines, avant de délivrer l’imparable slogan, délicieuse et moderne assertion :  « vous avez mieux à partager en famille que les devoirs ».  À la radio, ce sont des petits spots où l’on entend des parents peiner sur une consigne ; à l’affiche, c’est une évocation plus rapide, mais toujours le même constat. Jugez plutôt.

acadomia3
Affiche : campagne Acadomia, 2016

Aider son enfant à apprendre, pouah, quelle idée, lui donner des clés pour comprendre, le voir progresser, lui insuffler un peu de motivation, essayer du moins, lui apprendre le goût de l’effort, lui montrer que l’école, oui, c’est important, oui, ça compte : et puis quoi encore. Il y a des profs particuliers pour ça. On ne va pas non plus l’aider à lire un livre ou à additionner ses billes. Non, une mère, un père, c’est là pour rigoler, vous comprenez, pour partager « mieux que les devoirs », pour aller manger des glaces, pour escalader les collines, ramasser des marrons, et sauter dans les flaques (pour la faire râler, bousiller nos godasses et s’marrer). On ne dispose plus de tout notre temps, non plus. Soyons des parents du XXIème siècle.

acadomia1

Mon fils, ma fille, j’ai hâte d’entendre ton rire s’envoler aussi haut que les cris des oiseaux. Seulement voilà, j’ai hâte, aussi, de râler pour tes maths (autant que pour les flaques), de m’amuser à résoudre des équations que j’ai oubliées, j’ai hâte de t’expliquer Salamine et Marathon, et le divin Platon, j’ai hâte, même si je ne comprends pas tout, même si tu ne comprends pas tout. Parce que les devoirs, je veux les partager, aussi, avec toi, et pas seulement le reste. Sans penser, même, que les devoirs sont inférieurs au reste, qu’ils sont une perte de temps, qu’ils peuvent être en option à condition de t’offrir des cours particuliers. Je prendrai ce qui fait que tu seras mon fils, ma fille, tout entier, sans sélectionner les tâches, sans penser qu’être parent, c’est pouvoir fractionner et laisser la basse besogne à d’autres. Je te sens remuer pendant que j’écris ces lignes, et je te veux comme box sans possibilité de rétractation, comme forfait intégral, et non comme un contrat dont on pourrait négocier des options.

J’ai hâte de voir ton cartable en vrac dans le couloir, ta trousse ouverte, avec, peut-être, un Légo oublié dedans.

Et cette affiche, que je trouve un peu triste, et révélatrice d’un monde qui me fait parfois peur, je préfère en rire. J’ai combien d’heures de colle?

acadomia4
Affiche : campagne Acadomia, 2016

Merci d’être si nombreux ici, et merci de vos partages, qui font vivre les articles qui vous parlent! 


26 commentaires sur “All inclusive (Ou : de la dernière campagne Acadomia).

  1. Céline, je découvre avec stupeur cette campagne publicitaire…
    Contrairement à toi, j’ai déjà plongé dans la vie de parent depuis pas mal d’années, en formule tout compris comme tu dis. Maintenant, mes enfants sont « grands », plutôt autonomes (ça m’inquièterait s’ils n’étaient pas capables de faire leurs devoirs seuls à leurs âges… ), mais ils savent aussi que leurs parents sont là s’ils ont une question sur les leçons, une interrogation sur un exercice, un besoin d’explication sur un devoir… Et ils ne se privent pas de me solliciter, et j’ai envie de dire « tant mieux » ! Parce que c’est toujours un moment de partage, ça se finit toujours par un moment de complicité (et parfois un « oh tu as vu l’heure, hop au lit », j’avoue !), ça entraine de si belles discussions à table, des digressions à n’en plus finir aussi quelquefois…
    Alors, je révise les verbes irréguliers que j’avais parfois oublié en anglais, je refais du latin que j’avais arrêté à la fin du lycée, je me replonge dans ces problèmes de maths qui m’ont apporté tant de plaisir, je lis les livres qu’ils doivent lire pour échanger ensuite avec eux, …. Et tout ça, je ne veux pas le déléguer car c’est si chouette à vivre !
    (et pour les esprits un peu chagrins qui pourraient penser que je raisonne ainsi parce que pour mes enfants les apprentissages sont aisés, je suis obligée de préciser que non, ce n’est pas toujours le cas… et que moins c’est facile, plus ils ont besoin de l’aide et de l’encouragement de leurs parents).

  2. moi j’ai été une enfant (comme vous !) et j’apprécie cette pub au contraire ! Que de soirées de prise de tête et de disputes, de larmes etc quand on fait les devoirs à la maison et que les parents tentent de nous aider ou de nous faire réviser. Quand ils en chient eux aussi pour trouver la réponse à un devoir de math. Quand j’entends mes collègues qui passent leurs soirées après le boulot à aider à des disserts en anglais ou à criser sur des devoirs de chimie, à se prendre la tête avec son mari pour savoir qui aidera pour les devoirs ce soir, je me dis que cette pub vise juste. Ton témoignage semble idyllique mais tant mieux si ça se passe comme ça chez vous, (« hate de m’amuser à résoudre des équations »), ce n’est pas le cas de tout le monde.

  3. Ahahah…bon, en fait, ce n’est pas si drôle. Ton texte est beau et j’adore toujours me promener entre tes mots mais ce monde est un peu triste quand même.
    A la limite, si les parents étaient vraiment là pour « manger des glaces, pour escalader les collines, ramasser des marrons, et sauter dans les flaques » (et courir dans les feuilles) mais je ne suis pas sur que ce soit le cas. Tiens, comme on a le temps, regardons Koh Lanta.
    Je me rends compte que j’ai eu beaucoup de chance de partager ces moments studieux avec mes parents tout comme les balades et les courses contre le vent. Et je pense que c’est une chose essentielle que je m’appliquerai à partager au mieux avec mes futurs enfants.
    Bref, pour l’instant, je vais reprendre un mojito 😉

  4. Maman depuis plus de 15 ans, je pensais aussi avant d’avoir des enfants que l’accompagnement des enfants à l’école serait un moment unique de partage de connaissances de curiosité… et puis j’ai vu ma fille aînée sombrer peu à peu dans l’échec scolaire et le « dégoût de l’apprentissage » malgré tous nos efforts, malgré toutes nos soirées à essayer de l’aider du mieux possible, à la motiver, lui redonner confiance en elle. Et j’avoue après des années de calvaire pour elle et pour nous, avoir fait appel à une structure comme Acadomia en pensant que faire intervenir un tiers pouvait redonner un peu de sens à tout cela. Mais sans succès. Je peux au moins me dire  » j’ai essayé « . Alors, oui, ces campagnes peuvent sembler « étranges » car elles semblent suggérer que certains parents préfèrent passer que du bon temps avec leurs enfants… mais je crois surtout qu’en tant que parents, on essaie de faire du mieux qu’on peut et parfois, on essaie aussi de chercher de l’aide autour de soi. Et parfois, cela fonctionne et parfois, non.

    1. Bravo pour votre combat, Marilyn, et pour l’écoute de votre enfant qui a eu beaucoup de chance. C’est justement cette écoute que je trouve très belle, et, selon moi, l’axe qui aurait dû être celui de la communication d’une structure de cours à domicile. 🙂

  5. Comme j’aime bien raconter ma vie dans tes commentaires (et qu’en plus, j’aime bien quand tu le fais dans les miens aussi), allons-y gaiement. J’étais une très bonne élève quand j’étais enfant-ado et je n’ai jamais vraiment eu besoin de l’aide de mes parents pour travailler. Éventuellement de temps en temps je demandais à mon papa (qui était prof de maths) (maintenant il est proviseur) (information qui n’ajoute aucune valeur à mon commentaire, j’en suis consciente), mais donc je demandais à mon papa des exercices supplémentaires (non mais la meuf qui en a pas assez) et des petits problèmes-défis comme il les appelait à résoudre rapidement (il faisait ça pour ses bons élèves qui finissaient plus vite que les autres de résoudre les problèmes, pour pas qu’ils s’ennuient en regardant le plafond). Mais mon expérience des devoirs avec les parents s’arrête là. En revanche, ma petite sœur était un peu moins à l’aise que moi à l’école et pendant 2 ou 3 ans, fin collège-début lycée, tous les samedis matin, mon papa lui consacrait 2 ou 3 heures de maths, avec une amie à elle, sur la table de la salle à manger. Et moi, de loin, je regardais avec un peu d’envie, en me disant que j’aurais presque aimé être un peu moins bonne à l’école, pour profiter de ces moments qui finissaient parfois en larmes, mais que je voyais surtout comme du temps passé en plus avec mon papa.
    Alors je suis un peu désolée de voir que ça peut être considéré comme du temps gâché, comme des moments de piètre qualité, que de passer des heures à expliquer et à apprendre à son/ses enfants. Il y avait tant d’autres manières d’exploiter ce sujet des cours de soutien, c’est dommage qu’ils aient choisi cet angle.

    (PS : je continue à signer Camillou, j’espère que tu aimeras bien ça.) (bisous.)

  6. Heureusement que d’après la loi, les devoirs sont interdits… Mais évidemment, ce n’est pas Academia qui va le rappeler.
    Arrêter les devoirs, pour donner une chance aux enfants dont les parents n’ont ni les moyens de payer des cours particulier, ni le temps/les capacités de passer 2h chaque soir sur les devoirs, ce serait si bien !

    Ça me donne encore plus envie d’une école alternative pour mon enfant tout ça !

  7. Je ne connaissais pas cette campagne et je n’aime pas le fait qu’elle suggère que les parents ont « mieux à faire » qu’aider leurs enfants à faire les devoirs.

    Comme toi, je considère que les parents devraient être prêts (par là j’entends avoir envie) à soutenir leurs enfants dans tous les domaines… Toutefois, je doute que tous les parents soient capables d’aider tous leurs enfants dans tous les domaines. Cela n’est pas un problème, ni un défaut, ni un mal. Après tout, être parent ne veut pas dire être ou devenir expert à tous sujets !

    Être parent, c’est, à mon sens, savoir donner aux enfants les clés qui leur permettront d’ouvrir les portes qui les intéressent et sont/seront importantes à leur bonheur et à leur épanouissement et je ne pense pas qu’un parent puisse détenir toutes ces clés-là. Il est donc important dans certains cas qu’un parent sache demander une aide extérieure si il/elle ne se sent pas capable de répondre aux besoins de son enfant.

    J’ai eu la chance de pouvoir me débrouiller seule pour mes devoirs tout au long de ma scolarité. Mon père ayant quitté l’école très jeune, n’ayant pas fait d’études et ne parlant pas français couramment, n’aurait pu m’aider et même si ma maman aurait eu les compétences pour le faire, elle n’était pas disponible- sur le plan moral, de l’énergie et du temps. Mon frère, par contre a eu besoin de soutien et ils ont su faire appel à un professionnel pour l’aider avec ses devoirs et lui permettre de surmonter ses difficultés.

    J’ai également eu des élèves qui venaient de contextes familiaux difficiles et où ils n’auraient pu trouver l’aide dont ils avaient besoin pour leurs devoirs. Je suis donc personnellement vraiment reconnaissante de l’existence de ce genre de structures…

    Tous les parents n’ont malheureusement pas la disponibilité/les compétences/les connaissances/le relationnel/ la patience etc. que tu as la chance d’avoir et qui fait que tu te sens prête et motivée à faire des devoirs un moment de partage avec ton enfant.

    Le message publicitaire est nul, je te l’accorde, mais ce genre de service est, à mon sens, important. Voilà mon humble avis sur la question, sachant que je ne suis pas parent !

    1. Nous sommes d’accord, et je n’ai jamais critiqué la structure en tant que telle (il y aurait beaucoup à dire mais je me tais), simplement ce message, que je trouve triste et révélateur. Beaucoup de parents d’élèves ne s’en cachent plus : ils attendent de l’école, des enseignants, de l’extérieur une part de leur « éducation », et préfèrent ne pas avoir de mauvais moment à passer avec leur enfant. Ils les délaissent, et, lors des réunions, nous reprochent le fait qu’ils ne travaillent pas assez, qu’ils n’apprennent pas, qu’ils ne comprennent pas – voire qu’ils manquent de politesse ou de savoir-vivre. C’est très difficile à entendre en tant qu’enseignante. De plus, les jeunes que je côtoient entretiennent en eux l’idée qu’il ne doit pas y avoir de moment difficile à vivre en général dans la vie, pas d’effort à fournir. Mais la vie, c’est ça, aussi, c’est des moments pas toujours faciles, et le message « vous avez mieux à faire que les devoirs » va trop dans leur sens. Être parent, ce n’est pas sélectionner la qualité des moments que l’on passe avec son enfant, et choisir seulement le bon pour laisser le « mauvais » (si tant est qu’il le soit!) à d’autres… Merci de ton long commentaire, Natasha! <3

      1. Je partage vraiment l’avis de Natasha, ses idées sont très claires et bien développées.

        Il y a une chose qui m’inquiète un peu, de manière générale, c’est la perception de la réussite.
        Dans un monde où le diplôme de l’enseignement secondaire (équivalent du Bac) est le sésame pour l’emploi, la réussite des cours n’est plus une juste possibilité, elle est nécessité. Et cela pèse sur les épaules des parents aussi. Chaque parent voudra toujours le mieux pour son enfant.
        Avoir recours à des cours particuliers est un coût conséquent (sur Acadomia : 34,50€ de l’heure quand même), qui rajoute encore une pression sociale sur les familles et les étudiants. Si jamais l’enfant rate, que se passe-t-il pour lui? Comment vivra-t-il l’échec, l’amertume de ses parents qui auront tout fait pour lui? Peut-on vraiment construire son estime de soi en dehors des sentiers scolaires ? Je pense que c’est important, en tant que parent ET en tant qu’enseignant (autant que faire se peut) d’offrir des clefs pour une résilience de l’estime, de la confiance en soi face aux obstacles.
        Au travers du regard de jeune enseignant de mon cher époux, j’en découvre des situations.
        Quand tu as de jeunes gens qui, soit ont des difficultés d’apprentissage (intrinsèques ou dues à des conditions de vie peu propres à l’étude), de volonté ou n’ont pas/plus d’espoir au devant d’eux, la moindre attention, la moindre opportunité de les amener à se valoriser par et pour eux-mêmes est à saisir. Mais elle demande un travail de front, parents et enseignants, pour qu’ils puissent un jour se dire que, oui, bien sûr, ils sont capables et qu’ils ont de la valeur. Et cette valeur, elle est bien au-delà des notes qu’ils peuvent recevoir.

        Merci Céline pour cette réflexion partagée ! Que ton week-end soit doux =)

      2. Je n’ai pas pris ton article pour une critique de ce genre de structure… vraiment désolée si c’est ce que tu as ressenti dans mes mots. Je me doute bien qu’en tant qu’enseignante tu es également consciente de l’importance de ce genre de structures.
        Je voulais simplement souligner le fait qu’au delà du message maladroit d’Acadomia, il y avait un service vraiment utile et nécessaire à mon sens et aussi que l’on ne devrait pas culpabiliser en tant que parent si on n’est pas à même de gérer les devoirs de nos enfants 🙂
        En fin de compte, le fond du problème reste, à mes yeux, la structure éducative en elle-même… si le système d’apprentissage était vraiment efficace, on n’aurait pas besoin de genre d’aide extérieure. Malheureusement, le système scolaire français n’est pas fait pour tous types d’élèves. Il y a celles/ceux qui rentrent dans le moule et qui s’en sortent, et ceux qui sont, malgré leurs talents et leur intelligence, relégués au dernier rang parce que ces méthodes d’apprentissage ne leur permettent pas de développer leurs connaissances et compétences…
        Mais je m’éloigne… je suis en plein dans les corrections et les rapports de fin de semestre, période que je n’aime pas du tout et qui fait resurgir toutes mes pensées négatives à propos de ce système dont profs et élèves sont prisonniers malgré eux.
        J’espère qu’un jour on aura l’opportunité d’échanger au sujet de tout ça de vive voix ! Je serais curieuse de connaître ton expérience et ton ressenti par rapport à l’éducation en France.
        Bon courage pour la fin du trimestre en tous cas 🙂

  8. Et si les devoirs après l’école, n’étaient que pour les parents envers leurs enfants ?

    Montrer comment on fait un gâteau.. (papa)
    Montrer comment tailler les rosiers ou faire le jardin.. (maman)
    Montrer comment on fait de la couture.. (le grand)
    Montrer comment on tient un budget.. (euh.. le papy de palier qui était comptable dans une autre vie non ?)
    Montrer comment on dresse la table et comment on plie sa serviette après le repas.. (sœurette !)
    Montrer comment ranger la maison.. montrer comment faire sa liste de course.. montrer comment la maison est agréable, parce que construire juste pour nous.. montrer qu’il est bon de s’asseoir sur la terrasse avec un chat sur les genoux et ne rien faire.. montrer comment le vent peut faire tourner une éolienne, même si celle portée à bout de bras et pleine de couleurs est amplement suffisante.. montrer que la musique est un langage que tout le monde sait reconnaître, même jusqu’à l’autre bout du monde.. montrer qu’on a de la compassion pour ceux qui vont passer leur nuit dehors malgré le froid et que ce ne sont pas nos valeurs que d’accepter çà.. montrer ce qu’est la vie en fait !

    Alors les devoirs des enfants, vous savez..!

    Rappelez-vous.. L’école n’est pas obligatoire, seule l’instruction l’est !

    https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1898

  9. Je suis rentrée à 20h30 d’un conseil de classe où il n’y avait aucun représentant parent, où une dizaine d’avertissements en tous genres ont été mis et où toute l’équipe s’est désolée d’être si seule face à des élèves perdus et peu concernés par l’école. Alors, oui on peut penser qu’il y a plus agréable à échanger en famille mais non, nul autre que le parent ne doit s’atteler à la tâche d’accompagner son enfant dans ses apprentissages, en tout cas aucune entreprise mercantile. Oui être parent est bel et bien l’un des métiers les plus difficiles au monde, mais l’on se doit de ne pas abdiquer. Pour Jules César, il vaut peut-être mieux en rire. Sinon, je crois bien que j’en pleurerais… Joyeux mois de décembre et vive les calendriers de l’avent-maison, promesses de surprises chaque jour renouvelées et découvertes en famille après le travail, les DEVOIRS, le dîner… la Vie quoi, la seule, la vraie, la plus belle aussi!

    1. « Nul autre que le parent ne doit s’atteler à la tâche d’accompagner dans les apprentissages » …
      Au sujet de l’éducation, je dirais effectivement que c’est tâche du seul parent, l’enseignant est là pour enseigner, transmettre un savoir, et non éduquer, mais il me semble que l’enseignant accompagne l’enfant dans ses apprentissages, c’est bien pour cela que les parents confient leurs enfants une partie de la journée aux enseignants … Sinon à quoi servirait de scolariser son enfant ? Le professeur des cours du soir (qui peut être le même que dans la journée soit dit en passant ….) a également sa place, tout comme le professeur de musique, de sport, de danse … J’entends une grande amertume dans votre discours, les familles qui baissent les bras sont ultra minoritaires fort heureusement, rassurez-vous, celles qui font appel aux cours du soir ont justement le souci de leur enfant ! Les sacro-saints « DEVOIRS »à visées moralisatrices et punitives envers les enfants et les parents, ne sont bien souvent que peu productifs dans l’acquisition des savoirs … J’ai envie de vous dire : prenez donc un petit « Mojito » après vos mauvais conseils de classe, pour arrondir les angles !!! Et joyeux Noël !!!

      1. Mais non, non Emily, le professeur du cours du soir n’a pas sa place ou en tout cas il ne devrait pas l’avoir car il ne fait que mettre en lumière les défaillances d’un système que je regrette tout autant que vous sans doute et qu’il creuse encore un peu plus les inégalités sociales. Je suis issue d’une famille modeste et l’Ecole m’a tout donné, mes parents eux l’ont suivie en m’inculquant simplement le sens de l’effort et en plaçant en haute estime ceux qui « m’accompagnaient » le jour sur le chemin du savoir et du faire. Ils n’ont jamais pu m’aider à faire mes devoirs comme vous pouvez sans doute le faire ou le feraient les salariés d’Acadomia, parce qu’il s’agit bien de cela qu’il faut parler : de la commercialisation de l’éducation et des moyens de communication pour arriver à remporter le plus de marchés. Parlez-moi de l’aide aux devoirs organisée par certaines associations, par des enseignants à la retraite, par des voisins… et là je vous dirai, oui et merci pour cet élan de générosité envers les plus démunis, démunis face à un système éducatif qui oublie parfois le rôle de l’école et celui des parents. Si les devoirs ne sont que « leçons de morale » et « punitions » alors ils n’ont pas lieu d’être. Dans ce cas, inutile d’agir en aval, c’est bel et bien en amont que les choses doivent changer. Pour ce qui est du mojito, c’est gentil mais la lecture des mots ailés me suffit amplement.

  10. Même quand tu écris un « billet-coup d’humeur », tes mots sonnent justes, poétiques et doux… Bref, tu commence à me connaître je pense (je commente beaucoup trop tes publications hihi 🙂 ), je suis en dernière année de lycée et j’ai l’impression de plonger (voir couler) dans les devoirs. Pourtant même si mes parents m’énervent (oui je suis adolescente quand même haha), je les remercierais jamais assez de m’avoir transmis le goût de la lecture du travail et de l’effort. Pourtant ils ont fait ça tout en douceurs, ils n’ont pas été des bourreaux et très vite j’ai tout fait seule mais j’approuve tellement ton texte. Être une famille c’est aussi discuter des cours, partager les difficultés et tout ce qui va avec. Merci beaucoup pour ce très bel article.

  11. Annso et Philippe ont bien dit ce que je penais en lisant ton texte. Il n’y a pas que l’école et son apprentissage normée pour grandir. Il ne devrait pas y avoir que ça. Et les devoirs le soir le font croire pourtant, car ils peuvent facilement prendre toute la place dans le court temps entre le retour à la maison et le coucher. Quand est ce qu’on vit? Quand est-ce qu’on fait ensemble du rien et du beaucoup? Apprendre est si triste quand ce n’est que labeur. Avec Acadomia ou avec un parent fatigué / pressé / dépassé.
    Et mieux, si les enfants avaient le droit une fois la grille de l’Éducation Nationale fermée d’être des enfants, de simples enfants.
    Si l’on faisait confiance à leur goût de découvrir et qu’on lui laissait un peu de place pour grandir comme une herbe rebelle…
    Pardon je suis confuse, mais maintenant qu’il y a un enfant, mon enfant, dans ma vie, ces questions d’éducation me travaillent avec tumulte. Et ton écrit y a fait écho en ajoutant de l’eau au torrent 🙂

  12. Sujet très intéressant ! Pour apporter ma modeste pierre à l’édifice, je voudrais apporter mon témoignage en tant qu’étudiante ayant travaillé pour Acadomia (bouh!!). Je connais bien cette structure et tout ses défauts et je te rejoins sur cela. Par contre, je travaillais avec des élèves de primaire, en CE1,CE2, et plusieurs fois par semaine, je constatais la montagne de devoir à effectuer pour chacun d’entre eux. Alors oui, je me suis mise à la place de ces parents. En général, d’après mon expérience, les parents qui font appel à Acadomia sont très concernés par la réussite scolaire de leurs enfants et les aident à réviser leurs leçons et à faire leurs devoirs en dehors des cours Acadomia. C’est juste que 5 fois par semaine, 1 à 2h par jour (pour la primaire seulement !), ils n’arrivent plus à suivre le rythme. Quand un parent rentre à 19h à la maison et qu’il doit se préparer à faire chaque soir une ou deux heures de devoir avant de faire à manger, dîner, envoyer les enfants se laver, etc… et bien il n’y a plus de temps à consacrer à autre chose tout simplement. Les devoirs (et les notes !) deviennent le sujet unique de conversation. Un peu triste, non ? Sans compter les parents d’origine étrangère qui ne maîtrisent tout simplement pas assez la langue française pour aider leurs enfants. Je comprends tout à fait ton point de vue et la pub d’Acadomia me paraît assez cynique mais confrontée à la réalité des choses, elle me paraît assez réaliste aussi dans le reflet qu’elle fait du quotidien de nombreux parents.
    Belle journée à toi 🙂
    Marline

  13. Oui parfois on rêve, on imagine comme il sera doux de faire les petits devoirs du soir avec son enfant, et puis quelques années plus tard on déchante, quand il y a trop de devoirs et que son enfant baille et s’endort dans son cahier, quand la fatigue et les conflits sont là, quand on a plusieurs enfants, oui, quand on a un fils au lycée qui planche sur un devoir de physique-chimie et que c’est justement à ce moment-là du programme qu’on avait soi-même décroché côté sciences, malgré le doctorat en philosophie qu’on a en poche … Et oui la réalité des familles le soir n’est pas si rose ! Et de mon côté je bénis les vacances scolaires, ce premier soir où je me dis : « ce soir nous ne serons pas dans la litanie des devoirs ». La réalité est là, et oui j’aimerais dire à mes fils le soir, « mais non mes chéris ne faites-pas vos devoirs et cuisinons ensemble », mais la réalité sociale, les mauvaises notes et mauvais bulletins, les punissions et futurs conflits avec les enseignants me rappellent vite à l’ordre !
    Acadomia n’est peut-être pas la panacée. Moi-même, adolescente, j’ai pris des cours particuliers avec des étudiants, je n’avais pas la chance de venir d’une famille d’enseignants, et cela évitait les conflits familiaux. Alors je dis tout de même merci aux cours du soir, aux cours particuliers, qui aident aussi à financer des étudiants, à améliorer des revenus d’enseignants ou retraités, et à soutenir les familles dans le souci de leurs enfants justement, car même si nous sommes, nous familles, pour la plupart dans l’écoute et dans la transmission, personne n’est spécialiste de tout et lorsqu’on est dans le concret d’une étude de texte, ou d’une formule mathématique on n’est plus dans le doux cocooning familial car il faut avancer ! Il est important que les enseignants en soient conscients.
    Mais pour vous-même, il est encore loin le temps des devoirs du soir ! A chaque instant suffit sa peine ! Et profitez bien de ce temps qui est le votre maintenant en douceur !

  14. Je suis bien d’accord avec ton message Céline, maman faisant l’école à la maison à ses filles je suis tellement heureuse de pouvoir aussi leur apporter ça ! J’ai choisi de dédier une bonne partie de ma vie à mes enfants, mais ça n’est pas un sacrifice non, j’ai choisi et je chéri chaque jour que nous passons ensemble, les voir grandir, s’épanouir, avoir le temps d’être juste des enfants et quand j’entends parfois les autres me dire « tu as de la chance de pouvoir le faire » non, la chance n’a rien à voir la dedans, chacun choisi sa vie, c’est la notre, nous vivons modestement, pas d’écran plat, de trucs technologiques à la pointe, de vacances à l’autre bout du monde, juste un ordi et beaucoup d’amour à partager et de temps, oui de temps car personne ne nous le rendra ce temps et on se remplit, on se saoûle de tout ce temps partagé 😉 Et bon, je sais que tu es prof mais oui, nous l’école ça nous botte pas, on sait que les enseignants font ce qu’ils peuvent et parfois avec passion mais avouons que presque tout le système est à revoir non ? Connais tu André Stern ? Ici on tend vers ça, les apprentissages autonomes et ça marche, voir par exemple ma fille de 6 ans apprendre à lire seule et faire des multiplications alors que personne ne lui a jamais expliqué c’est juste bluffant !

  15. Je découvre que tu manies à la perfection l’ironie et le sarcasme. J’adore. Le fond comme la forme. Car, certes tu es une blogueuse, certes tu es une (jeune ?) femme, mais aussi et surtout, tu es prof/institutrice, et future maman. Je te suis et te soutiens à 100% dans tes idées et combats.
    On fait des enfants, on assume, on prend ses responsabilités. On n’en fait pas des poids ni un fond de commerce.

  16. Bonjour !
    J’ai lu ton billet et parcouru les commentaires et je suis stupéfaite de l’axe de communication choisi par Acadomia – et par le fait qu’il ne choque pas tout le monde. Car comme tu l’as reprécisé ce n’est pas la structure et ses services en tant que tels que tu critiques, mais le message. Pour ma part, je ne suis pas mère et n’ait aucune intention de l’être. Ce n’est donc pas la charge de travail que cela peut représenter d’aider ses enfants à faire leurs devoirs qui m’interpelle… Mais bien ce message qui dit, en filigrane, que ce qu’on apprend à l’école ne sert à rien ! On a l’impression que si l’éducation n’était pas obligatoire, tout le monde s’empresserait de se débarrasser de ce fardeau que représente l’apprentissage et la compréhension du monde ! C’est terrifiant…

  17. Mes parents ne nous ont jamais aidé dans cette « tâche » de fin de journée. Comment le pourraient ils, eux n’ont jamais été scolarisés, c’est l’école de la vie qui les a faits ! Qui plus est, ils ont quitté leur Espagne natale, la cueillette d’olives et d’oranges pour une vie meilleure. Étudiante, j’étais vacataire dans une maison de quartier et assurais l’aide aux devoirs pour des collégiens motivés, et dont les parents, étrangers pour la plupart, n’avaient pas les aptitudes pour leur apporter cette aide, et pas les moyens pour financer des cours particuliers. Maman depuis 19 ans, j’ai toujours été lá pour apporter une aide aux devoirs á mes filles, autant que possible (la série S a eu raison de moi !). Mais j’essaie aussi de leur apprendre la couture, la cuisine, le savoir vivre….rassure moi, ces matières ne sont pas dispensées par acadomia ??? Olivia

  18. Je te rejoins, et en même temps, pas complètement. Sur la théorie, absolument, et d’ailleurs quand j’ai le temps, j’aime bien faire faire les devoirs aux enfants : on imagine les questions que la maitresse va poser et on en fait un trivial pursuit familial, on fait des cartes mentales ( et j’adore les cartes mentales), on invente des trucs mnémotechnique improbables, on fait des fusées des maths.
    Mais, dans la vraie vie, je travaille à temps plein et à corps perdu, je rentre à 19h30 après au moins 10 heures de boulot ininterrompu, et je n’ai pas la patience, la disponibilité, la force de me mettre aux devoirs. Alors je bénis la nounou qui s’y colle au quotidien et je fais la synthèse le weekend.
    Et le plus dur : j’essaie de ne pas culpabiliser de ne pas être une mère parfaite

    1. Faire culpabiliser qui que ce soit était bien la dernière de mes intentions dans cet article. Je suis totalement imparfaite, j’ai grandi dans une famille de quatre enfants, et ma maman ne m’a absolument jamais aidée à faire mes devoirs. C’était souvent mal fait, je n’ai pas été une élève exemplaire, et pourtant, c’était une maman parfaite. Le sujet de mon article est bien cet argument commercial que je trouve très triste, qui martèle l’idée selon laquelle l’éducation ne doit être faite que de bons moments, et que tout ce qui a rapport à l’école est rébarbatif et prend du temps aux parents qui ont « mieux à faire ». C’est cette phrase que je dénonce, et absolument pas tous ceux qui ne font pas faire les devoirs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *