Breaking news (Ou : Petite chronique de la désinformation.)

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Flash spécial. (Et sans transition, le temps, Marie-Pierre, quel temps fait-il sur la France aujourd’hui?)

On parle beaucoup, dans nos temps obscurs de nomophobie et de média-dépendance,  de drogués de l’information. À l’inverse, des voix se lèvent pour affirmer qu’un autre comportement est possible, pour témoigner d’une méfiance vis à vis de tout cela, l’Information, avec un grand I, le monde des médias : fuyons tant qu’on le peut. (Mais le peut-on vraiment?) Autrement dit, certains réactualisent leurs écrans à toute heure, de peur de manquer la dernière actualité, et d’autres font le choix d’arrêter la source d’information comme on ferme un robinet pour gagner en sérénité. Quel côté choisir, alors, dans tout cela? Entre course à l’information toutes voiles dehors, et ermitage assumé, où placer notre curseur? Rapide chronique de la/ma désinformation.

Je n’ai aucunement l’intention dans cet article de fournir une analyse approfondie ou exhaustive. Mon idée est davantage de discuter tout simplement avec vous, et de vous expliquer le ressenti et le comportement qui sont les miens à ce sujet.

1. Trop de pression.

Pour tout vous avouer, je suis passée par les deux phases. Mais depuis quelques années, les informations, j’en veux de moins en moins. Certains jours, je n’en veux plus du tout. Je ne suis pas la seule à en sentir le poids, et j’ai l’impression de trouver lorsque j’en parle toute une petite communauté de désinformés. Couper un instant comme on coupe un moteur ce trop-plein de Monde qui déverse tout son poids sur nous, partout, à la radio, la télévision, même sur Facebook, Twitter, Instagram, sur les écrans de téléphone et ceux de nos élans, tranchés dans le vif par ces lames désordonnées. Souvent, je voudrais fermer cette source intarissable, réfréner ce flux poisseux, bien moins clair qu’il ne le prétend, je voudrais imaginer une cohérence à ma journée, à ma pensée, sans interruption externe monstrueuse et disloquée.

Les psychologues sont d’accord, c’est une pression terrible et ravageuse, nouvelle, dans l’histoire de l’humanité. Il fut un temps où un signal d’alarme était toujours accompagné d’une solution : une sirène d’incendie annonçait qu’il fallait fuir, un signal de fumée sioux annonçait qu’il faudrait combattre. Il est dans la nature humaine de chercher une immédiate résolution à l’annonce d’un problème. Si un ami affolé arrive, haletant, et nous annonce une nouvelle qui le met dans tous ses états, notre premier réflexe, presque animal, est de réfléchir à ce qu’il faut faire sur le moment. Trouver une solution pour résoudre le souci, et s’il n’y a pas de solution, ou pas immédiatement, trouver comment passer au mieux les heures, les jours qui viennent, le reste du chemin.

Avec l’information, c’est impossible. On ne peut pas trouver de solution, ce n’est même pas notre rôle d’ailleurs. L’information est donnée non pour trouver un réconfort, une marche à suivre, un avis même : elle est donnée gratuitement, elle informe pour informer, comme une tautologie de la transmission. Point. Fait-numéro 1, catastrophe-numéro 2, événement joyeux-numéro 3, détail final, et sans transition le temps. (Celui qu’il fait, pas celui qui passe.)

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2. Capharnaüm.

Car c’est bien là le deuxième gouffre : celui de la dislocation d’une information qui nous blesse d’autant plus, comme un cadavre de Frankenstein recousu qui avance vers nous les yeux ouverts. Il suffit d’ouvrir un site d’information pour mesurer la diffraction des sujets. D’écouter un journal à heure fixe sur n’importe quelles ondes pour être frappé d’un afflux hétérogène donné dans un triomphe du « sans transition ». Sur mon flux Facebook, une photo du dernier né de ma cousine, puis une brève concernant un incendie dans le Sud-Ouest, puis un plaidoyer au sujet des abattoirs, puis une blague sur la baisse du chômage, puis une photo des vacances sur l’île de Ré d’un collègue – et mon pauvre cerveau, poussé par sa nature, tente de rationaliser, de s’empêcher de trouver une cohérence à l’ensemble, dans un élan bien douloureux, parce que nos cerveaux aiment les cohérences.

Nous avons besoin de temps, pour digérer une chose avant l’autre, une information avant la deuxième, une nouvelle avant la suivante. Nous avons besoin de cloisonner, d’entendre une idée, qu’elle soit bonne ou mauvaise, touchant l’extérieur de nos cellules personnelles, et d’avoir une vraie pause avant la suivante, pour intégrer, digérer, laisser vivre le débat intérieur seul gage de sérénité. Nous avons besoin d’harmonie, de logique, parce que le calme est aussi nécessaire que la suite, dans les idées.

Voilà pourquoi la déconnexion, de plus en plus en vogue, est assurément porteuse d’un mieux-être, une fois le lâcher-prise assumé par rapport à tout cela.

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3. Où va l’information?

C’est aussi que, malheureusement, plus personne ne peut avoir confiance en l’avenir de l’information. Depuis une petite décennie, alors que l’on parle de « fin de l’information » aux Etats-Unis,  il est question en France d’une simple « réforme » ou « phase de transition ». Pourtant, légions d’intellectuels pointent du doigt la révolution qui s’opère, et invitent, si ce n’est à s’en affoler, tout du moins à s’en inquiéter. (Voir l’édifiant ouvrage de Bernard Poulet à ce sujet, La fin des journaux et l’avenir de l’information.*)

Révolution numérique, disparition des grands quotidiens, danger de la presse papier, invasion de la publicité, culture du tout gratuit, désaffection du public pour l’écrit… De l’information-déformation, rapide, fast-food de la donnée, vernis de surface, et puis, tout de même encore, des articles de fond, mais il faut bien chercher dans ce vacarme… Il y a, certes, une révolution en marche.

Mais ce qui me fait le plus peur est cette évidence : le monde de l’information au temps d’internet est plein de paradoxes. D’un côté, tout est accessible, et il semble qu’il soit rapide pour absolument n’importe qui de récolter de l’information toute fraîche et instantanée. D’un autre, les analyses mettent au jour le fait que nous ne sommes pas beaucoup plus avancés que nos aînés. Si l’on compare notre situation avec celle des années 60, nous n’en savons guère plus qu’eux sur le monde – et nous avons tout autant de mal à comprendre précisément ce qui s’y passe.

D’ailleurs, l’information est désormais le fruit de tous, sous l’impératif d’urgence, puisque n’importe qui peut devenir « journaliste », porteur de nouvelle (plus ou moins déformée) – voire l’ouvrage d’Ignacio Ramonet qui en parle très bien. (**) (Même si là encore, cela fait un peu peur.)

Je me souviens d’une conférence donnée par la grande Jacqueline de Romilly sur l’iségoria (le droit égal à la parole) dans l’Athènes de Périclès. (Folle soirée. Et ceci n’est pas ironique.)  À son issue, un auditeur avait demandé si internet n’était pas une sorte de renouvellement de l’iségoria. Après un court instant de réflexion, J. de Romilly avait dit que sincèrement, elle ne le pensait pas. Elle avait ajouté qu’internet n’était pas une vraie « démocratie », mais plutôt un monde où chacun avançait de son côté, dans un vaste désordre ordonné. Cette conclusion un peu triste, avancée avec cette jolie et vieille voix très calme, très intelligente et très douce, j’y pense souvent.

Internet ne m’informe pas, pas vraiment. Internet m’ouvre des fenêtres, mais j’ai davantage appris et réfléchi au cours de cette conférence par exemple, devant une vraie dame (et pas n’importe laquelle, d’accord), au cours d’une vraie réflexion poussée, d’un vrai débat, qu’en des années de consultations éparses d’internet. Finalement, je cherche davantage la dimension artistique qu’autre chose lorsque je me connecte quelque part.

Oserai-je amener mon texte vers l’importance de la transmission orale en matière de connaissance? Des débats en personne(s) et de vrais spécialistes? Moi prof vivante, jamais.

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Pour conclure, je sais bien que vous allez me demander quel est mon rapport concret et quotidien avec l’information. Alors voilà : depuis quelques années, je ne suis plus aucun site d’information, je n’ai aucune application en ce sens, je me méfie de Facebook, je ne regarde pas la télévision, (enfin si, beaucoup, mais pas pour être informée.) J’écoute simplement radio France de temps en temps, surtout en voiture. Je finis toujours par apprendre les « nouvelles » d’une manière ou d’une autre, et libre à moi ensuite de lire des articles ou ouvrages précis pour approfondir les choses. Je ne suis pas neutre et lis beaucoup, en partie sur des sujets d’actualité. Mais ma « revue de presse » est faite de magazines papiers, de revues, elle est composée de vrais articles et ouvrages de fond, ce qui change tout, enfin, j’aime à le croire, peut-être naïvement. L’info qui tient en un tweet, le discours d’un youtubeur, l’info du web, je la laisse à sa place. Un « signal » de fumée sans réel « signe », au sens sémiotique du terme, une « brève » que je ne veux pas laisser entrer dans ma vie n’importe quand (voire pas du tout).


Et vous, quelle relation entretenez-vous avec l’information?


Sources et bibliographie indicative

*Bernard Poulet, La fin des journaux et l’avenir de l’information, Gallimard, Folio, 2011

**Ignacio Ramonet, L’explosion du journalisme: Des médias de masse à la masse de médias, folio, 2013

Et aussi le chouette article de Natasha, « s’informer autrement ». (Échos verts)

 

 

33 commentaires sur “Breaking news (Ou : Petite chronique de la désinformation.)

  1. Elle est intéressante ton analyse…
    Après des années à lire chaque jour (au moins) un quotidien papier, puis d’autres années à au moins le faire le week-end ou durant les vacances, je le fais de moins en moins… Je me suis demandée si c’était la presse écrite qui avait évolué dans un sens qui ne me convient plus ou moi qui avait changé mon regard… sans doute un peu des 2, en vérité..
    Aujourd’hui, je glane de ci de là une bribe d’information, je devrais plutôt dire d’actualités (un peu d’internet, un peu de flash radio, un peu de titres de la presse écrite)… Je creuse un peu plus si le sujet me parle, m’intéresse mais je cours souvent trop après le temps pour le faire bien…
    Ta remarque sur la transmission orale n’est pas anodine car elle sous-entend d’une part le besoin d’échanger et d’autre part celui de se nourrir d’une réflexion déjà (au moins partiellement) construite pour faire avancer sa propre réflexion….

    1. Je crois effectivement que nos propres réflexions ne peuvent pas venir de nulle part, et qu’aucune connaissance ne se fait ex nihilo. Mais si je parle de l’oral, c’est parce que j’ai le sentiment, sans doute très subjectif, que la connaissance ne s’intègre jamais aussi bien que lorsqu’elle passe par un dialogue (ou un discours) vivant, concret, comme s’il devenait plus fort et plus tangible.
      Heureusement, il reste des revues qui « informent » intelligemment… J’ai beaucoup de chance, parce que je vis avec un ovni qui me fait une revue de presse en me découpant des articles qui pourraient m’intéresser dans l’océan de presse qu’il lit. Encore une fois, je ne condamne rien, mais pointe du doigt la dématérialisation de l’information… 🙂

  2. Pour ma part, je regarde très rarement les journaux tv. Mon info vient essentiellement de la radio que j écoute lors de mes trajets pour aller et revenir du boulot. Cela me suffit . Occasionnellement, pour approfondir un sujet, je vais sur internet sur des sites spécialisés.

  3. C’est un vrai débat, et d’importance, parce que suite à toutes ces informations qui circulent de façon sauvage, des décisions sont prises, et on nous demande, en tant que citoyen, d’adhérer à ça !
    Je me méfie aussi de l’information, je ne la regarde pas à la télé, ni sur Facebook même si je vais sur ce réseau et apprécie d’y être pour diverses raisons.
    Je consulte certains journaux en ligne, souvent de façon assez brève, parce que les titres sont souvent les seuls porteurs d’information, je reste souvent sur ma faim quand je lis les articles en entier.

    1. Je ressens exactement la même chose quand je lis des articles en ligne!
      Pour le débat sur notre approbation de citoyen, je suis on ne peut plus d’accord. L’information de qualité se fait rare, on court vers une information à deux vitesses, et on englobe tous les citoyens dans un même mouvement d’approbation (ou de désapprobation d’ailleurs)…

  4. Je suis tout à fait d’accord avec toi et moi, je suis à la source de l’information puisque je suis journaliste. En fait, j’ai même fait une sorte de burn-out suite à des séjours en zone de guerre pour mon travail. Je ne regrette absolument pas ce que j’y ai fait. Mais c’était tout simplement l’horreur comme tu peux l’imaginer. Depuis que j’ai repris une vie plus normale, je consomme l’information différemment. Beaucoup moins accro que pendant toutes ces années ! Aujourd’hui, je lis peu de magazines car je les trouve tous aseptisés et pleins des mêmes interviews. Seuls quelques média de référence – quotidiens- parviennent à garder mon estime même si là encore cela dépend beaucoup de la personne qui l’écrit le plus souvent.

    1. Un énorme merci pour ton commentaire, Christel! (En plus, il m’a permis de découvrir ton blog, et il est drôlement bien.)
      J’imagine avec peine combien il doit être difficile d’être journaliste en zone de guerre (et suis heureuse que tu sois revenue à une « vie normale » plus sereine.). Certains magazines trouvent grâce à mes yeux, le Nouvel Observateur, Le Point, Society, je ne dis pas qu’ils sont parfaits, mais j’y trouve souvent des contenus qui sont intéressants, très honnêtes à tout le moins. Comme toi, je regarde souvent le nom du journaliste qui a écrit… C’est peut-être encore ma tendance à vouloir « personnifier » la transmission de connaissances, je ne sais pas! 😀

  5. J’ai un article sur ce sujet qui traîne dans mes brouillons depuis des mois…
    L’information, ça me passionne : je trouve que les médias sont des instruments fascinants par ce qu’ils peuvent nous apporter, mais aussi pour l’influence qu’ils ont, à mon avis, sur la marche du monde… Si au fil de ma formation, j’ai appris à sélectionner mes sources pour m’informer au mieux (comme c’est subjectif), je sens moi aussi comme un malaise dans mes pratiques. Depuis quelques temps, je me suis abonnée aux notifications du Monde, et mon 1er réflexe, dès que je me lève le matin ou quand j’entends mon téléphone sonner, c’est d’aller vérifier s’il n’est pas (encore) arrivé quelque chose de grave. L’avantage de l’information gratuite, pour moi, c’est justement qu’elle est gratuite, elle est là, à portée de clic, c’est rassurant en un sens. Et pourtant je me rappelle d’un temps pas si lointain où il suffisait d’attendre l’arrivée du journal dans la boîte aux lettres, de se demander « que fait le monde aujourd’hui ? » et « tiens, et si j’essayais ça moi aussi ? ».
    Merci pour ton article en tout cas, il m’a donné matière à réfléchir 🙂

    1. C’est drôle que tu aies eu envie d’un article sur ce sujet! 🙂
      Je ne connais pas les notifications du monde, en fait je déteste les notifications en général, sur mon téléphone,je n’en reçois qu’en cas de message ou appel. (Sans parler de mon tendre et cher qui vit presque sans téléphone.)
      Après, ta phrase sur le journal dans la boîte aux lettres en dit long, parce que c’est encore l’immédiateté qui est en jeu ici. On s’habitue, à tort ou à raison, à tout avoir tout-de-suite, à portée de main. C’est à la fois merveilleux et si dangereux…
      Merci pour ton merci! 🙂

  6. En te lisant j’ai eu l’envie compulsive de fermer mes fenêtres Facebook et Twitter. (cela a peut-être à voir avec le fait que depuis ce matin je suis toute gronchon et les longues minutes à regarder l’écran accumuler info sur info sans savoir qu’en faire, au lieu de prendre soin de moi, ne font qu’empirer mon état)
    Comme beaucoup je pense, le poids de l’information me fait souvent courber l’échine. J’essaye de faire la part des choses, d’obstruer ce qui ne me sert pas, et je réalise que je n’ai pas besoin de me tenir volontairement au courant. Je préfère utiliser mon temps à me renseigner sur des sujets de fond (la créativité, la tolérance… autant d’émissions YouTube et de podcasts que je regarde ou écoute et qui finissent, d’ailleurs, par toutes m’apprendre quelque chose sur l’actualité) plutôt que de chercher les dernière nouvelles.
    Je suis inscrite à une newsletter d’infos, j’ai aimé recevoir chaque matin un bulletin de brèves, mais je suis plus intéressée par les « matters of debate », comme ils disent, c’est-à-dire des articles de fond sur des sujets de fond, que par les actus.
    Je n’ai pas le temps de me laisser plomber par la négativité d’une information disponible dans la minute, qui me laisse pantoise, dont je ne sais que faire. J’aime ma bulle d’ermite au milieu du bruit, je suis bien plus heureuse comme ça.
    Comme tu le dis, l’information finit toujours par nous rattraper : un gros titre dans un kiosque en passant dans la rue, une discussion autour de la machine à café… Je regrette quand même la mort de mon magazine préféré, le seul qui me tenait tangiblement au courant de ce qui se passait dehors, Terra eco. J’aimais ce rendez-vous qui m’ouvrait des portes à approfondir, dont je pouvais me saisir quand bon me semblait une fois qu’il se trouvait dans ma boîte aux lettres, j’aimais cette manière discrète, ténue, ponctuelle de me raccrocher à « l’information ».
    Merci pour ce bel article, comme d’habitude.
    Bises, Céline ! ♥

  7. Comme d’habitude, je suis baba devant ta capacité à traiter n’importe quel sujet de manière fantastique et merveilleuse.
    Moi mon rapport à l’info, il est digne d’une ado qui refuse de voir que le monde dans lequel elle vit est un peu patraque. J’ai un oeil sur Twitter (même si je suis peu de comptes d’info) et l’autre oeil sur Facebook – j’ai les pages ouvertes pour le boulot toute la journée, du coup c’est un peu malgré moi que je les consulte.
    Je n’ai pas ouvert un journal papier depuis que j’ai quitté mes parents et leur rituel du journal du dimanche lit dans un silence quasi religieux, avec café et carré de chocolat après le poulet rôti du midi, à la rigueur, je lis les journaux sportifs, parce que c’est moins inquiétant que le reste (et encore, en fait).
    Mais globalement, je ne suis pas au courant de ce qui se passe au Canada, je suis encore moins au courant de ce qui se passe en France.
    La seule actualité que je suis, en fait, c’est de savoir si ma nièce d’amour marche, si elle continue à manger ses fusilli par grosses poignées et si elle sait ranger correctement les canettes de Schweppes (la réponse est oui).

    1. Ben non, je ne traite pas n’importe quel sujet de manière fantastique, vraiment non, et j’avais très peur de perdre tout le monde avec ce sujet un peu rébarbatif, je suis toute surprise que vous ayez aimé. (Je crois que mon idée d’article sur les gâteaux au chocolat croustillants est plus vendeuse.) (Enfin nous verrons.) Et les journaux sportifs, c’est Dorian qui les lit, et il m’instruit. Comme ça, je peux briller en société d’ados de 15 ans fans de sport. Et comme je n’ai pas de nièce, je mange moi-même des fusilli par poignées.

  8. J’ai aimé lire cet article et j’aime aussi le fait que tes articles soient variés! Tout sujet est intéressant vu à travers tes yeux (même si les photos et textes sur Venise restent parmi mes préférés <3!!).

    Nous, notre rapport à l'information est très distancié. Nous n'avons pas de télévision, par choix, et nous n'achetons ni ne lisons le journal. Comme tu le dis si bien, l'information arrive toujours à nous. Il suffit de sortir de chez soi pour avoir les informations les plus importantes disons. Avant, quand je vivais encore avec ma mère, on regardait la télévision et j'avoue que les maux du monde me déprimaient. Alors, peut-être que refuser de regarder tout cela est une forme de déni mais je pars du principe que je ne peux rien y changer même avec toute la compassion et l'empathie du monde. Du coup, je préfère essayer de garder mes ondes positives pour améliorer le monde autour de moi, de manière très locale, comme un ptit colibri.

    Plein de bises jolie Céline!!

    Emeline

    Mini-PS : je n'ai pas de compte instagram mais je peux tout de même accéder au tien et j'adore (le mot est faible) tes photos de Venise toute colorées et lumineuses!! Elles me donnent tellement envie d'y retourner! Merci <3!!

    1. Mon Instagram devenait très vénitien, effectivement, je crois que je vais me calmer… 😀
      A très vite en vrai parce que tu me manques, quand même.

  9. Je partage grandement ton avis et celui de Natasha: l’information est omniprésente, sous une forme agressive qui nous engloutit dans un flux constant de (mauvaises) nouvelles. Depuis que j’ai quitté Facebook, ça m’a vraiment fait du bien de laisser couler tout cela.
    En plus, j’ai beaucoup de mal avec l’information orale: pour que cela décante, il me faut du papier et du temps, et souvent un interlocuteur. Mot d’ordre : ne pas réagir à chaud!
    Reste que j’ai envie de garder un esprit en veille sur le monde: ma plus grande frustration est mon manque de temps pour réfléchir à tout cela et comprendre les rouages qui régissent nos vies sans qu’on s’en rende vraiment compte. La vraie quête d’informations de fond s’apparente désormais (ou comme toujours ?) à un acte citoyen et revendiqué. Et cela, ça me plaît 🙂
    J’ai d’ailleurs découvert de très chouettes médias indépendants que je lis avec grand plaisir et que je soutiens avec entrain. J’en parlerai sur le blog dès que mon mariage sera derrière moi 🙂
    Au plaisir toujours de lire et te regarder par la petite fenêtre instagramante la poésie du jour, en mot ou en image- toujours aussi chantante et ressourçante l’une comme l’autre <3

    1. Ça m’a fait la même chose en désinstallant l’application Facebook de mon portable. Comme ça, je le consulte beaucoup moins, et c’est parfait. J’ai hâte de lire ton article! (Et aussi que tu racontes un des plus beaux mariages du monde :))

  10. Tout à fait d’accord avec ça et c’est d’autant plus difficile pour moi de faire accepter cet état d’esprit que je suis… journaliste et animatrice à Radio France !
    Il y a plusieurs années déjà que j’ai pris conscience de cette folie du « tout info », de ce tourbillon incessant et anxiogène que tu qualifie si bien d' »interruption externe monstrueuse et disloquée. »
    C’est très dur, encore plus dans mon métier, de se maintenir hors de ce flux perpétuel, de n’y entrer que quand et comme on le décide. C’est dur de faire accepter que l’on préfère rester sur un/des sujets de prédilections que l’on creuse avec des livres, des rencontres… pourtant je suis bien meilleure comme ça. Plus épanouie également en tant qu’être humain et plus complète parce que moi-même, parce que la moins influencée possible par l’avis des autres éditorialistes et « influenceurs » de tous bords qui au final ont peu ou prou le même avis global (par exemple sur l’économie). Ils sont tellement dans leur bulle médiatique qu’ils ne se rendent pas compte que leurs batailles d’avis c’est bonnet blanc et blanc bonnet (pire encore ils osent donner ça comme soi disant « nourriture médiatique » à leurs spectateurs).

    Pendant ce temps-là ceux qui ont un vrai avis parce qu’ils vivent la situation (les ouvriers d’une usine par exemple, ou les habitants de cité) ou les vrais rebelles, ceux qui sont vraiment différents, ceux qui dérangent… n’ont pas le droit de cité, pas de temps de parole accordé.

    Comme l’explique Guy Debord(très radical certes mais intéressant) dans La société du spectacle : les médias sont une sorte de cirque permanent, un spectacle qui défile et que nous ne devons pas considérer autrement que comme cela. Puisqu’ils doivent créer l’information, puisqu’ils doivent la sélectionner, la « mettre en scène », de ce fait les médias modifient la réalité. Ils donnent une ampleur énormes à des phénomènes mineurs, ils ne représentent qu’un certain type de personne.
    *Pour rappel : profil type du journaliste actuel, homme, blanc, d’origine sociale favorisée, de tradition chrétienne, 50 ans. Donc les femmes, les pauvres, les arabes, les noirs, les handicapés, etc. ne peuvent se sentir représentés, ne peuvent attendre d’être compris profondément pas ceux qui ont une vie et des préoccupations si éloignées des leurs.

    Bref, les médias participent à ce que Guy Debord appelle la société du spectacle : celle qui « met en scène ». Il ne faut donc pas attendre d’eux qu’ils représentent la société telle qu’elle est, même si c’est pourtant, à la base, l’essence même du journalisme et que quelques journalistes savent encore très bien le faire. Quand on voit le décalage entre l’omniprésence médiatique des politiques et l’intérêt que les français leur porte, on saisit aisément le décalage…

    Voilà pour mon avis. Le fait de se déconnecter médiatiquement est d’ailleurs une partie de mon livre à paraître Métro, boulot… bonheur (cf. http://www.ca-se-saurait.fr/metro-boulot-bonheur/)

    Bises !

    1. Merci pour ce partage intéressant! Effectivement, je n’ai pas trop voulu aborder la déformation de la réalité dans l’information, mais c’est quelque chose qui me fait très peur. Je crois surtout qu’avec cette tendance qui se développe d’interroger tout le monde (et n’importe qui) plutôt que de laisser parler de vrais spécialistes dans des émissions, on nivelle par le bas les débats médiatiques. On a développé l’idée selon laquelle le français qui appelle la radio est autant, voire plus crédible et fiable que le spécialiste qui parle. Au point que les spécialistes désertent le PAF (pas partout, mais sur de plus en plus de chaînes), et que la libre antenne triomphe. Je ne la condamne pas, je la trouve simplement trop présente, surtout en cas de débats de fond…

      Merci de ton avis, et plein de vent dans tes voiles pour ton livre à paraître, Sabrina! 🙂

  11. J’aime ton billet, cette distance à prendre avec l’information… Il y a quelques années je vivais sur une île en Grèce et il fallait absolument que j’aille acheter le journal sur le vieux port. C’était un besoin fort de ne pas être coupée de mon pays… mais je me suis rendue compte que je faisais ma propre sélection, mon regard ne s’arrêtait que sur les sujets de fonds ou non mais sur le positif… et puis boom le 11 sept est passé par là… Bref maintenant je vis toujours à l’étranger mais je n’ouvre que la radio pour l’info minimum, et je décide des sujets et reportages à la TV, mais je ne regarde plus les infos… trop difficile de les digérer et encore moins l’info sur le net… Voilà ! Bel après-midi. Christine

    1. Alors, j’ai un peu zappé toute la partie information, parce que mes yeux ont lu, île en Grèce, vieux port, et alors mon imagination s’est perdue dans un sourire béat.
      Et où es-tu maintenant alors? Je crois que je suis un peu comme toi et que, si je vivais à l’étranger, je m’informerais bien peu de ma France, sans doute pas assez, ou, dans tous les cas, avec beaucoup de distance…

      1. Bon .. me revoilà (un peu en retard !). J’ai habité Hydra (une des îles Saroniques), un petit bonheur avec les avantages et inconvénients des îles … Maintenant j’habite en Allemagne (eh oui cela fait moins rêver !). Prendre de la distance avec les infos, cela fait parfois un bien fou ! Bises

        1. Je ne connais pas du tout les îles grecques, mais j’avoue que c’est un grand rêve pour moi. Cela dit, l’Allemagne fait rêver également, je trouve! 🙂 Profites-en bien. Bisous de l’ouest!

  12. Tu nous livres une réflexion très intéressante (et magnifiquement mise en scène, comme d’habitude, ton article est très joli)! Je pense avoir un rapport à l’information beaucoup trop intense, il me serait bon de décrocher de temps en temps. J’en ai conscience, ce tourbillon de l’info est parfait tellement puissant qu’il en devient néfaste. Surtout lorsque l’on ne sait plus délier le vrai du faux, le futile de « l’important » (ma tournure de phrase est maladroite. Je ne pense pas que certaines choses ne valent pas la peine d’être lues, mais plutôt que certaines choses ne m’apportent rien et ne sont qu’une curiosité malsaine ou inutile). Il faut maintenant que je trouve la cure haha!

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