Noël : la sélection livres 2016! (Cadeau dedans)

Noël arrive, les branches de sapin brillent, les pains d’épices épicent, Djingle Bells bells, c’est l’heure deeeee… la traditionnelle revue ici sur les livres à offrir! Parce que, oui, un livre sous le sapin, c’est parfait, c’est facile à emballer, c’est joli, et surtout, ça fait toujours plaisir. (Enfin, à condition de bien les choisir. Justement : j’arrive.) Du doux, du mieux-vivre, de l’évasion, du très bon au programme!


P. DELERM, Les eaux troubles du mojito, Points, 2016 ; Y. REZA, Babylone, Flammarion, 2016 ; ; M. WIKING, Le livre du hygge, First éd., 2016 ; J. CHAMBLAIN – A. NEYRET, Les carnets de Cerise (T.1 : 2012 – T. 4 : 2016), éd. Soleils ; CLEA-C CATZ, Des soupes qui nous font du bien, La plage, 2016 ; E. TURQUET, Dis-moi comment tu manges, je te dirai qui tu es!, Jouvence, 2016 


Les eaux troubles du mojito

Il était joli et prometteur, tout mignon comme ça si blanc, il fut fidèle à mes attentes. Je vous l’avoue : je suis un peu d’accord avec ceux qui disent que Delerm épuise un peu son filon jusqu’à la corde. Mais voilà, on prend tout de même plaisir à égrener avec lui ces petits moments de bonheurs simples (coup de coeur pour « croquer dans un navet cru »), on sourit, c’est léger, bien écrit, ça passe tout seul, encore plus facilement qu’un bon verre.

À offrir à : quelqu’un qui n’a pas l’habitude de lire et qui sera séduit par un petit format à picorer, un amoureux des jolies petites choses, un sensible de la description. Quelqu’un qui a besoin de moments calmes pour sourire, et qui aime la poésie du quotidien.

Babylone

Parce qu’il fallait bien glisser un petit roman dans tout ça! Celui-là est le préféré de ceux que j’ai pu lire dans les derniers mois. J’ai adoré ce faux roman noir qui a pas mal divisé : je suis du clan de ceux qui sont séduits par la plume de Yasmina Reza, voilà. Ce prix Renaudot, je le trouve mérité, parce que cette belle intrigue douce-amère est originale (ce qui devient rare), racontée avec une subtile délicatesse, tout en restant terriblement fluide et accessible. C’est l’histoire d’Elisabeth, une femme d’une soixantaine d’années, qui organise une petite soirée de printemps réunissant famille et amis dans son appartement de la région parisienne. Un drame survient, de la tension : tous les ingrédients du thriller sont réunis sur le papier, et pourtant… Ce n’est pas ça, c’est plus que ça, c’est grinçant, c’est parfois drôle, c’est touchant et si bien vu, c’est une réflexion sur l’Homme qui se joue là en silence.

À offrir à : un lecteur, un amateur de roman noir mais pas seulement, quelqu’un qui est prêt à réfléchir, et à se laisser embarquer dans une barque hybride.

Les carnets de Cerise

Parce qu’il faut toujours penser aux enfants et à ceux qui le sont restés (au moins un peu) : un album! Si vous vous y connaissez, vous me direz que je suis un peu périmée, parce qu’il est sorti en 2012 et qu’on est déjà au tome 4. Mais je vous en parle quand même, parce qu’il se peut que vous ne connaissiez pas, et que ce serait dommage de passer à côté! J’ai craqué sur cet ouvrage sur les conseils d’un très bon libraire, et je ne l’ai absolument pas regretté : c’est un des plus jolis albums-jeunesse que j’ai pu lire récemment. J’aime beaucoup son format qui est très proche de la BD sans en être vraiment non plus. Les dessins sont pleins de délicatesse, l’histoire toute fraiche et mignonne. Une lecture-friandise!

À offrir à : une fille (OU UN GARÇON : ils sont parfois réticents, et une fois que l’album est commencé, ils avouent qu’ils adorent et que ce n’est pas du tout féminin!), à partir de 9 ans environ, et jusqu’à… l’âge que l’on veut. Une âme sensible au bel-objet-livre.

Des soupes qui nous font du bien

Alors, pour celui-là, évidemment, mode groupie activé. Cléa et Clémence Catz à l’écriture, Linda Louis et Emilie Murmure à la photographie…Une Bande des Quatre plus que prometteuse, un sujet qui me parle, je ne pouvais pas le passer sous silence.

Pourtant, au départ, il m’a laissée dubitative, et je l’ai même boudé. J’avais l’impression qu’il ne m’apprendrait pas grand-chose et qu’il se contenterait de proposer des associations de légumes. (En plus, la couverture me fait peur. Un petit côté Mélisandre, peut-être? ) Mécréante, j’étais. Parce que lorsque j’ai pu le feuilleter, j’ai bien battu ma coulpe  : il est absolument génial, mais vraiment vraiment vraiment.

J’ai adoré la première partie, qui propose une double-page par légume avec plein de déclinaisons, et relève un défi haut la main  : proposer des associations à la fois originales (poireau-pomme de terre-persil, tu es délicieuse, mais le changement c’est maintenant), sans être vraiment farfelues ou improbables. Non, rien que de suggestions heureuses, alléchantes, et bien pratiques, avec juste la petite herbe ou la cuillère de purée d’amande qui va TOUT changer.

Dans la suite, on trouve des soupes un brin plus sophistiquées (qui a dit qu’on ne servait pas de soupe à un dîner chic?), et on ne peut plus alléchantes. Mention spéciale aux toppings, je crois que ces quelques pages sont ma partie préférée du livre. (Oh, les marinades pour tous les cubes, mais la bonne idée!) On finit avec les bouillons, tout est parfait, et on a très très faim.

(Soit dit en passant  : je ne sais pas comment fait Cléa pour faire du Cléa sans faire de redite, je trouve ça incroyable.)

À offrir à : une cuisinière, une maison qui aime les légumes et les plats réconfortants, une âme en quête de cuisine végétale ultra pratique et accessible.

Le livre du hygge

C’est la curiosité qui m’a poussée à ouvrir la première page de ce joli ouvrage, que l’on voyait, à mon goût, un peu trop partout. (En règle générale, je boycotte les têtes de gondoles s’ils deviennent, en plus, trop présents chez tout le  monde.) Et finalement… d’accord, d’accord, j’ai succombé. Et j’ai adoré. Et je vous le conseille à 100  %.

Le hygge, j’imagine que vous n’êtes pas passé à côté. C’est un mot intraduisible, un concept à part entière, qui se prononce ouga (oui moi aussi ça m’a fait rire). En gros, le bonheur à la danoise. Je me disais, d’accord, un manuel de bien-vivre en version nordique, qui dit qu’on est drôlement bien dans une maison avec des bougies et de grosses couvertures en laine, formidable, pourquoi cet engouement? Eh bien, c’est bien plus et bien mieux, et ce petit faux-manuel est devenu mon chouchou du soir. Je ne l’ai plus lâché et j’en ai tressé des louanges à qui voulait l’entendre, c’est le cadeau i-dé-al de ce Noël (en plus vous serez pile dans la tendance, même si on s’en fiche).

Ce qui a changé mon opinion, c’est notamment toute cette première partie très dense et riche concernant le mot lui-même soulevant les difficultés de traduire un concept (dès que ça devient un peu linguistique, j’adhère). Pas de panique, vous pouvez sauter cette partie si cela ne vous intéresse pas, pour passer à la suite, une définition qui se veut complète et concrète de ce «bonheur» totalement lié à des mots comme «cocooning», «réconfort», «simplicité», «douceur avec les autres et avec soi». J’ai adoré le fait que l’ouvrage ne soit pas impersonnel mais que l’auteur y glisse sa première personne bien souvent, et regretté qu’il n’y ait pas davantage de témoignages précis d’ailleurs. Rien de méchant, comme regret, parce qu’il s’agit vraiment d’une lecture plaisir, très réconfortante, hygge elle-même, au gré de lignes qui trouvent la juste mesure entre profondeur et légèreté, et d’illustrations qui fonctionnent comme des tasses de lait (d’amande) chaud.

À offrir à : un ami, une sœur, quelqu’un qu’on aime beaucoup et qui a besoin de se détendre auprès du feu.

Dis-moi comment tu cuisines, je te dirai qui tu es!

On termine avec cet ouvrage qui m’a été envoyé par les éditions Jouvence. De la cuisine-thérapie, je découvrais totalement le concept  ! Il va pourtant de soi  : notre manière de cuisiner en dit long sur nous. Sur notre rapport à la nourriture, d’accord, mais aussi au temps, aux autres, et à la vie en général. J’ai trouvé particulièrement original cet axe d’analyse  : ce n’est pas (ou plus) faire le lien entre notre alimentation (en général) et notre personne, c’est plus subtilement créer du lien entre notre stricte façon de cuisiner (et d’envisager la préparation culinaire) et notre façon de penser. Cuisiner pour soi, cuisiner pour les autres, pour sa famille, ou pour une soirée entre amis  : nous sommes tous, finalement, totalement différents dans chacune de ces situations (et c’est très amusant à analyser). Que cherchons-nous  ? Qu’attendons-nous  ? Qu’est-ce qui est important pour nous  ?

J’ai adoré remplir ce livre qui fonctionne un peu comme un cahier d’exercices parfois, avec des pointillés à compléter, et qui pose des questions rigolotes auxquelles je n’avais jamais pensé. (Quel est mon plat-signature? Quel est mon rapport au manque lorsque je prépare un plat? Quelles sont mes peurs en cuisine? La performance en cuisine, je la cherche, ou au contraire, je la fuis absolument? Et surtout, quelle résonance trouvé-je dans chaque question avec le reste de ma vie? ) J’ai appris beaucoup de choses, et surtout, j’avais un peu peur de ce qui sortirait de tout ça, chez moi, avec mon passé alimentaire un peu tumultueux – et je ne me suis jamais sentie mal, ou jugée, ou coupable. Au contraire, j’ai eu le sentiment de mener une jolie introspection, qui m’a enrichie et amusée (et qui a changé certaines choses aussi), et qui a fait sortir plein de positif. C’est donc également une merveilleuse idée de cadeau, parce qu’elle réunit le jeu, l’analyse, le développement personnel, et la gourmandise un peu dans tout ça. Un ouvrage hors du commun et vraiment bien fait!

À offrir à : quelqu’un qui aime cuisiner, OU PAS (c’est encore plus drôle!), quelqu’un qui aura envie de prendre le temps d’une analyse de lui-même, ou d’explorer le monde de la thérapie par la cuisine.



Passons au cadeau! Je suis toute heureuse de vous annoncer que ce dernier ouvrage est à gagner, offert par les éditions Jouvence! Mais il ne sera pas seul, plus précisément, il y a un petit bonus avec lui! Ainsi, trois lots composés de deux livres sont à gagner :

Dis-moi comment tu cuisines, je te dirai qui tu es! (E. TURQUET) (clic)

Les quatre accords toltèques (D. M. RUIZ) (clic)

J’ai insisté pour que ce petit dernier accompagne le joli manuel de cuisine-thérapie, parce que, selon moi, c’est un must-have, un essentiel de toute bibliothèque… Bref, je suis ravie de savoir que ces jolis lots de deux livres voyageront vers trois d’entre vous!

Pour participer, laissez un commentaire ci-dessous. Merci à tous ceux qui prennent le soin d’insérer de la gentillesse dans leurs lignes! Je tirerai au sort parmi vous le 23 décembre au matin, et annoncerai les gagnants en fin d’article!

*EDIT*

Le sort a parlé! Les trois gagnantes sont :

Cindy (commentaire du 15/12 à 17H25)

Estelle (commentaire du 16/12 à 12h15)

Syb (commentaire du 19/12 à 19h49)

Bravo à vous trois, je suis ravie pour vous, et désolée pour les autres! Tous vos commentaires sont absolument adorables (vous en avez rajouté, avouez? 😉 ) merci de votre enthousiasme qui m’encourage à renouveler des petits concours comme celui-ci! Bonnes lectures! 


Il reste des non-chroniqués parce que je ne les ai pas encore lus, mais je crois qu’ils seront sous beaucoup de sapins et je suis très impatiente de les découvrir, comme celui-ci, ou celui-là… Et vous, quels livres offrez-vous? 


Avant Noël

Ce texte est paru dans le magazine Simple Things n°17 (déc-jan 2017), dans la rubrique Poésie. J’avais envie, exceptionnellement, de vous l’offrir. Je vous raconte un peu son histoire dans la newsletter… Il me paraissait de saison. J’espère que vous l’aimerez, et puis, en fin d’article, j’ai même des cadeaux pour vous (youhou) ! 



Avant Noël.

Un soir…Un soir, c’est là. Sur le trajet pour rentrer chez soi, alors qu’il fait déjà presque nuit, le noir est moins sombre. C’est allumé. Dans les rues, le ciel devient plein d’étoiles électriques, clignotant d’ampoules dont on a surveillé l’installation d’un oeil impatient. Oh, les adultes font comme si cela leur était égal, mais c’est un bien doux mensonge, parce qu’au fond, c’est toute la lumière du sapin du grand carrefour qui allume leurs yeux à eux aussi. Ils savent que le départ est lancé, et qu’avec ces constellations jetées en l’air, c’est tout un mois d’attente en blanc qui brille d’appels en pointillés.

Désormais, on a le droit. On peut réfléchir à ce que l’on offrira aux autres, et puis à ce que l’on voudrait bien pour soi, c’est permis, parce que c’est Noël. On a le droit d’ouvrir les chocolats pour se préparer à la fois le goût et l’odorat, on a le droit de suspendre les sucres d’orge que l’on voit dans les livres d’histoires, ceux à rayures blanches et rouges, et puis aussi de regarder des films d’amour et de famille sous une couverture. Ces films que d’ordinaire, on trouve un peu trop bien pensants, un peu trop roses et un peu trop sucrés : ceux-là mêmes passent tout seuls lorsque vient décembre. Il faut croire que le froid de l’hiver avec ses routes salées amenuise le possible écoeurement des images, des histoires, et de tous les bonbons qui mettent du temps à fondre.

Il flotte dans l’air un parfum de marrons chauds et de souvenirs, qui brûlent les doigts et réchauffent le coeur, qui s’épluchent à plusieurs et se partagent en riant. On sort l’écharpe rouge, on recouvre les fenêtres de dessins blancs, on porte les plus petits pour accrocher les décorations en haut du sapin, et si tout n’est pas parfaitement droit, ce n’est pas très grave.

Parfois, on fait du pain d’épices, des biscuits en forme d’étoiles, des gâteaux avec tous les fruits secs possibles dedans. Parfois, on recouvre une orange de clous de girofle, et on la suspend avec un joli ruban – il n’y a qu’à Noël qu’on sort les clous de girofle. Parfois, on écoute de la musique, ou même, on la joue tous ensemble, et on a le droit de chanter même si c’est faux. Parfois on fabrique un calendrier de l’avent : décembre est le seul mois qui s’égrène au quotidien, comme un sablier au ralenti.

Noël est indulgent, c’est le lieu de toutes les permissions, c’est pourquoi ce ne sont que des « parfois ». Il n’y a pas d’obligation, et les rituels eux-mêmes sont modulables, comme pour mieux réaffirmer qu’à Noël pour jamais, tout est possible.

En levant les yeux vers les lumières, il faut se forcer à oublier que bientôt, elles seront décrochées de leurs cieux, comme des astres dont on enlèverait l’épingle ; bientôt, le calendrier sera tout ouvert, bientôt, tout deviendra un peu trop sucré au palais, et la vie reprendra presque son cours normal. Finalement, Noël est peut-être le plus joli et le plus naturel des rappels que le plaisir à préparer et à attendre un événement est encore plus savoureux que l’événement lui-même. Que finalement, la réjouissance que l’on éprouve dans une perspective n’est que le fruit de nos choix  en son préambule. Que le soin que l’on apporte à faire d’une date -et de celles qui font figure de compte à rebours- un événement aux couleurs que l’on décide, enjolivé des rituels que chacun souhaite, demeure la clé de la saveur des jours.

Quelle sera la date suivante?



Avec l’équipe de Simple Things, qui, forcément, est composée de gens sensationnels, nous avons réfléchi à un cadeau à offrir aux lecteurs des Mots Ailés. Ils ont été vraiment très généreux, et je suis drôlement heureuse de vous annoncer qu’il y a :

3 abonnements de 6 mois au magazine à gagner! 

Pour tenter votre chance, déposez un petit commentaire ici-dessous, en me racontant ce que vous voulez : ce qui est vraiment lié à Noël pour vous, votre façon de vivre décembre… Si vous en avez envie, partagez cet article, ou celui que vous voulez, sur les réseaux sociaux! (Ce n’est absolument pas obligatoire, et puis ça peut être plus tard, parce qu’il y aura d’autres choses à gagner dans les jours qui viennent par ici.) Je tirerai au sort parmi les commentaires glissés sous cet article le 15 décembre 2016 à minuit, et annoncerai les trois gagnant(e)s en fin d’article!

**EDIT** : LES GAGNANTES

Le sort a parlé! Les trois lectrices qui remportent le concours sont Sailor-supergirl (commentaire du 7/12 à 18H48), Maela (commentaire du 8/12 à 20h35), et Estelle (commentaire du 12/12 à 10h57). Je suis ravie pour vous trois, envoyez-moi par mail (celgaba@gmail.com) vos coordonnées, et je les transfère au service abonnement! Je tenais à remercier tous les participants, et c’est vraiment avec un pincement au coeur que je suis obligée de ne pas tous vous faire gagner. Vos commentaires sont tous vraiment magnifiques, n’hésitez pas à vous lire les uns et les autres pour un petit shot d’esprit positif de Noël! Heureusement, il reste le code de réduction dont je parle juste en-dessous, valable jusqu’au 15 janvier… Et puis, promis, j’essaierai d’organiser de nouveau des petits concours de la sorte!

-Mais pour tout le monde (c’est important!), un code de réduction est mis en place dès aujourd’hui! 

L’abonnement d’un an (6 numéros) est à 22€ au lieu de 29,70€ (Pour s’abonner c’est ici) avec le code « LESMOTSAILES » ! Cette offre est valable à partir de maintenant tout de suite, jusqu’au 15 janvier 2017! (Et si vous voulez mon avis, c’est un super cadeau de Noël!)

Petite info : je ne bénéficie d’aucun pourcentage sur tout cela, c’est vraiment et tout simplement un cadeau. Je suis toute heureuse pour vous, parce que vous êtes si chouettes. ♥ Profitez-en, ce magazine est un concentré de douceur, et c’est toujours un vrai bonheur de le découvrir!