Les livres terminés (02/2018)


Oh eh oh, hello ! Me voici en termes moins poétiques, parce que j’avais envie de partager avec vous des coups de coeur de lectures récentes. À chaque fois que je publie un article de ce genre, je me dis que je devrais faire ça plus souvent. Le déclic s’est fait après Noël, parce que j’ai reçu vraiment plein de messages (adorables) de lecteurs (adorables aussi) qui disaient avoir reçu pour Noël tel ou tel livre dont j’avais parlé, et qu’ils l’avaient aimé. (Vivez ma vie de pseudo influenceuse littéraire allez.)

Les livres, j’en parle un peu partout et je me tâte décidément sur la forme à donner à un conseil de lecture : vous m’avez vue en parler dans des articles, en vidéo, dans des stories instagram (et c’est très rigolo à faire, mais c’est éphémère). J’en reviens à la bonne vieille forme d’un article aujourd’hui pour vous faire une petite revue de livres terminés. (C’est comme la rubrique « produits terminés » –empties comme ils disent aux States-  sur les blogs de mode, sauf que là c’est pour les livres.)

Ces dernières semaines, j’ai pas mal avalé de pages, il faut croire que j’en avais besoin et que le mauvais temps m’a bien aidée à lire au coin du poêle. C’était bien. J’ai pour projet de continuer, même si je refuse catégoriquement de faire une concrète pile à lire ou pire, un objectif de tant de livres à lire par mois ou par an (je suis très laxiste avec moi-même, c’est si je veux quand je veux, me dis-je, alors d’accord, me réponds-je à moi-même, on s’entend bien, vous savez, moi et moi.) Bref. Let’s go pour une partie des lectures récentes, en vrac, aimées et moins aimées !

Quand sort la recluse (Fred Vargas)

J’ai lu le dernier Fred Vargas et j’ai tellement aimé ! Je vous entends déjà me dire merci bien, il est sorti au printemps dernier, quand on aura besoin d’une critique périmée on t’appelle. Mais j’y vais quand même : j’ai dévoré, et adoré, mais vraiment adoré ce roman. C’est assez inégal chez Vargas même si elle reste pour moi une grande maîtresse du polar, et une valeur plutôt sûre. J’avais quand même été déçue par certains, et j’allais entrer dans ce roman à peu près dans les mêmes dispositions que lorsque je suis allée voir le dernier Woody Allen : « j’y vais parce que c’était lui, parce que c’était elle »  (et parce que c’était moi, oui), mais je crains le pire. Et finalement heureuse surprise. (Et Woody aussi d’ailleurs.) Je suis tombée dans cette recluse avec délice, c’est tellement bien mené, tellement prenant, bien noir, et si fin, la plume est affutée, agile, les personnages magistralement construits, attachants juste comme il faut, c’est moderne sans sortir des clous, c’est fantastique. Sombre, mais fantastique. En bref : un vrai bon Vargas, un vrai polar qu’on ne veut pas lâcher et qui se dévore.

Eux sur la photo (Hélène Gestern)

Strictement rien à voir avec Fred Vargas, c’est entendu. Eux sur la photo est un joli petit livre épistolaire, dans lequel on suit la correspondance d’un homme et une femme. Ils se rencontrent par lettre au début du livre à cause d’un mystère familial, et d’une photo retrouvée -la première d’une longue série. Ils découvrent peu à peu le lien qui les unit, et remontent le fil de leur histoire (de famille, donc), jusqu’à mettre au jour des secrets terriblement enfouis. J’ai trouvé le style charmant, presque un peu suranné (mais ce n’est pas du tout négatif pour moi comme adjectif). Gracieux. L’histoire est déroulée avec beaucoup de délicatesse, de pudeur, même si ça paraît fou de dire qu’un romancier est pudique avec ses personnages, et pourtant, c’est l’impression que l’on garde. On s’attache, on espère, et on referme le livre avec tendresse. Pari risqué, le roman par lettres : tenu, et remporté. (Je crois que c’est la première fois que je suis séduite par un roman épistolaire, je les trouve souvent ratés.) Une jolie détente.

La vérité sur l’Affaire Harry Québert (Joël Dicker)

Je me méfiais vraiment de l’effet Best Seller, et puis, j’ai craqué et je l’ai ramené chez nous un jour de soldes (on va en librairie les jours de soldes, oui). Je suis tombée dedans la tête la première, et plus j’avançais dans ma lecture, plus je m’amusais de me faire avoir toute seule. J’adore ce type de roman qui vous entourloupe tellement bien. Au bout d’un moment, à la fin de chaque chapitre, je fermais le livre en disant en souriant « Il est fort, ce filou ». (Il se peut que je n’aie pas dit « filou » mais un mot plus vulgaire, je vous l’épargne.) Il est énervant, sa plume n’est pas érudite, c’est un style sobre et expéditif, il manque un peu de poésie, de finesse d’écriture, et pourtant… Pourtant, ça passe tout seul, on se fait totalement avoir, on tombe amoureux, et on est très triste quand c’est fini.

L’histoire, sans m’étaler, est celle d’un écrivain américain en plein syndrome de la page blanche, qui va retrouver un autre écrivain, son maître de toujours, et qui retrouve l’inspiration auprès de lui. (Bonne mise en abyme, donc, un roman dans le roman.) C’est que ce maître écrivain est tout juste au coeur d’un scandale, le cadavre d’une jeune femme assassinée lorsqu’elle avait 15 ans, 35 ans plus tôt, autour de laquelle gravitent bien des mystères. (Très Twin Peaks-ien, d’ailleurs : de là à voir des allusions à Laura Palmer partout, il n’y a qu’un pas, que j’ai vite franchi.) Il y a donc un va et vient entre scènes du passé et scènes du présent, leçons littéraires du maître en pleine application dans le chapitre qui suit, et tout un jeu temporel qui pimente l’enquête, celle du livre, et celle du lecteur. On est totalement baladés, on ne peut plus s’arrêter à la fin, mais j’applaudis, parce que j’adore être baladée. Une adaptation en série devrait sortir dans les mois qui viennent, je me méfie, je déteste les séries adaptées de livres que j’ai lus, encore plus si je les ai vraiment aimés. Bref : je le conseille partout, comme un excellent page-turner.

Green kitchen at home (Luise Vindahl, David Frenkiel)

J’avais tous les autres volumes de la famille Green Kitchen en anglais, et j’ai reçu celui-là pour Noël, en bon français. Rapidement, j’ai été totalement séduite ! Il y avait longtemps qu’un livre de cuisine ne m’avait pas fait cet effet-là : j’adore le feuilleter, je l’ouvre presque tous les soirs, je le connais très bien, j’ai déjà essayé plein de recettes, et à chaque fois, elles étaient absolument parfaites. C’est devenu le livre préféré de Camille, parce que nous le regardons souvent sur le canapé avant le dîner, il adore les photos colorées. Il aime ce moment avec moi, et il éclate toujours de rire quand on tombe sur une page avec le bébé Isaac qui mange de la myrtille.

Il m’a semblé que c’était l’ouvrage le plus abouti, le plus directement pratique et « utilisable » du couple de Green Kitchen, le plus facile à adopter. Les recettes sont toutes végétariennes et souvent sans gluten, et l’ensemble est une mine d’idées originales et follement inspirantes. Une base parfaite à la fois pour les habitués de la cuisine végé, et pour les novices !

Je glisse ici deux flops personnels pour la route. J’en ai lus d’autres lors des semaines passées que je n’ai pas aimés, mais ces deux-là, j’en parle parce que j’aurais aimé les aimer, et que je suis curieuse d’avoir votre avis si vous les avez lus.

Boussole (Mathias Enard)

J’ai testé, et je n’ai pas adhéré du tout. Une amie m’a dit depuis que le Goncourt avait été attribué à Mathias Enard pour l’ensemble de son oeuvre plutôt que pour celui-là précisément, ce qui me rassure un peu, parce que là, j’ai trouvé ça proprement imbuvable. C’est sans doute un chef d’oeuvre de poésie mais j’y ai surtout vu un gloubi-boulga prétentieux, écoeurant de phrases d’une page entière, pleines d’une érudition dont on ne saisit pas l’utilité littéraire. Bref, grosse déception : manque cruel de simplicité.

Neverland (Thimothée de Fombelle)

Je suis très curieuse d’avoir votre avis : j’attendais sans doute trop du Timothée de Fombelle pour adultes. J’étais amoureuse de Tobie Lolness, j’avais trouvé Le livre de Perle tout à fait acceptable même s’il était un peu moins bon, j’avais adoré Vango, encore différent mais très beau. Mais là… Non, je suis restée en surface, je me suis forcée à finir comme on mange une purée froide, j’ai trouvé l’ensemble beaucoup trop cérébral, manquant de jolies narrations dont il a le secret. Je ne dis pas que c’est mauvais, je crois surtout que c’est moi qui ne m’attendais pas à cette vision très intellectuelle de l’enfance. À relire plus tard peut-être, pour ma part…


Voilà, j’espère que ces coups de coeur (ou non) vous ont plu ! J’ai vraiment envie de renouveler ce genre d’articles plus régulièrement, d’ailleurs, j’ai déjà sous le coude des lectures en cours dont je brûle de vous parler !


Fred Vargas, Quand sort la recluse // Hélène Gestern, Eux sur la Photo // Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert //Luise Vandal etDavid Frenkiel, Green Kitchen at home.


Je suis toute heureuse de cette nouveauté : les liens des livres dont je vous parle sont désormais affiliés. Cela signifie qu’il y a un partenariat entre Les Mots Ailés et le site leslibraires.fr, un site qui regroupe des vraies librairies (avec de vraies personnes dedans et de vraies étagères). Si vous achetez un livre en cliquant sur un de mes liens, le prix reste le même pour vous, et je reçois un bénéfice de 3% du prix. C’est très peu (mais déjà beaucoup) : les libraires ont moins de marge de manoeuvre que les gros groupes. Disons donc que si vous achetez via ces liens, vous donnez un minuscule coup de pouce à mon blog, mais surtout, vous tournez le dos aux multinationales pour faire vivre les petits libraires ! 


 

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La page suivante, 2 : Ellana.

Oh là là.

Mais quel accueil, quel accueil avez-vous réservé au number 1 de « La page suivante » ! Vous avez été tellement nombreux à vous manifester, par commentaire, par mail, par petits mots laissés sur les réseaux sociaux, mais vous êtes fous, et tellement adorables, cette semaine, j’ai croulé sous les messages -et j’aurais tellement voulu répondre avec soin à tout le monde-. J’ai pris ça pour un accord pour recommencer. Si bien que j’ai volé le temps d’en faire un numéro 2, entre deux étoiles à la cannelle, trois flocons de neige, et les applaudissements d’un bébé. (Les faux applaudissements, parce qu’il ne maîtrise pas encore vraiment, et tape plutôt sur ses cuisses à la place, mais le coeur y est, et moi je fonds devant ça, parce que c’est le spectacle le plus adorable du monde.)

Mais je me tais et laisse place au numéro 2. Je sais que vous êtes nombreux à connaître Ellana mais j’avais envie, quand même. Attention spoiler : ce livre est… une merveille. C’est dit !

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Si cette série de vidéos vous plaît, partagez-la autour de vous, c’est le meilleur moyen de soutenir ce projet et de le faire grandir ! Bonnes lectures 🙂 

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