La liste.

Avant d’accoucher, j’avais cherché un peu partout des informations précises et concrètes, parce que j’étais pour le moins inquiète à l’idée d’accueillir un inconnu à la maison, inconnu dont la survie dépendait d’un nécessaire dont je ne savais même pas la teneur exacte. J’avais interrogé les mamans de mon entourage, et comme une bonne élève, j’avais fait une petite liste de ce qu’il faudrait acheter avant la naissance. Je me souviens même (et j’en souris encore) avoir demandé à ma maman comment on habillait concrètement un nouveau-né, je veux dire, combien d’épaisseurs, et puis, qui s’appellent comment, d’ailleurs ? Je m’étais vite rendu compte en parcourant les forums (n’allez jamais, JAMAIS sur les forums, malheureuses) qu’il y avait douze mille écoles, en vrai. Et j’y perdais un peu mon latin. Au final, avec le papa, nous avions trouvé une sorte de médiane dans tout ça, et à la lumière de l’année passée, nous pouvons affirmer qu’il ne faut pas « tant d’affaires » que ça… même s’il y a des investissements indispensables.

Plusieurs parmi vous qui me lisez attendez un heureux événement pour cet hiver, et je me suis dit qu’il était peut-être temps de vous faire part d’une sorte de liste de trucs à avoir avant d’accoucher. Encore une fois, je ne prétends pas m’ériger en modèle, disons que cela vous donne simplement un ordre d’idée, et que tout témoignage est bon à prendre ! Après, si les mamans ici ont d’autres idées… Alimentons la discussion !

Petite précision également : je ne pousse à aucun achat, évidemment. S’il est possible de tout avoir de seconde main, mais sans sacrifier la qualité et la sécurité, c’est parfait !  Voici simplement notre expérience, et quelques liens utiles, sans, évidemment, aucun lien sponsorisé là-dessous. Juste du partage !

Que faut-il avoir avant l’arrivée du bébé?

1.Les achats un peu indispensables quand même.

Nous avons fait trois achats un peu conséquents avant la naissance. Je ne dis pas qu’il faut absolument les faire : si on peut réussir à en récupérer qui soient en bon état, conformes aux normes actuelles, c’est super. Malheureusement, celles-ci changent vite, il faut vraiment éviter le lit en métal recourbé de la grand-mère, et le cosy tout défoncé qui ne tient plus de la voisine, alors… Voilà les investissements (en neuf) que nous n’avons jamais regrettés :

– Une poussette.

C’est indispensable, on est d’accord, enfin, on peut faire sans, mais là, on est vraiment warrior. Si on peut récupérer une poussette en bon état et qui nous convient, c’est parfait, mais dans les faits, c’est rare que tout soit réuni pour que ça corresponde à nos besoins, et c’est vraiment un achat rentabilisé si on compte en termes de nombres d’heures passées avec ensuite. Pour ma part, j’ai investi dans une poussette avec trois éléments, une assise de poussette normale, une nacelle (qui servait de lit à Camille au début), et un cosy qui sert également de siège auto. Ce « trois en un » permettait une certaine économie, j’ai profité de soldes dans une boutique d’usine (double rabais, donc), pour investir dans du bon matériel. Cela va sans dire : je ne l’ai jamais regretté. Une poussette de qualité sauve la vie en vacances (vivent les pavés de Saint-Malo), un cosy de qualité (le mien supporte jusqu’à 13 kg donc il dure longtemps) est hyper précieux. Bref, le plus gros achat, mais indispensable quand même.

-Un lit.

L’achat numéro 2 en termes de dépenses. Là encore, nous bénissons chaque soir le jour où nous avons décidé de commander un très bon lit. Après de longues recherches (vous commencez à connaître mon chercheur préféré), nous avons établi nos critères : un lit en bois brut (parce que les études sur les lits en simili-quelque chose qui dégagent des substances vraiment toxiques pour les bébés font vraiment peur. Sans s’affoler, c’est bon à savoir, quand même. Ce n’est pas être bio-extrémiste, c’est juste être consommateur averti, à ce stade.) Nous avons choisi celui-ci, si ça peut vous inspirer, il n’est peut-être pas super romantique, mais il est tout simple, brut et joli, pratique parce que trois barreaux s’enlèvent pour laisser passer un enfant plus grand qui voudrait se lever. Il est évolutif, ce qui est également un grand argument quand on cherche un lit : il est grand et il suffit d’enlever les barreaux des côtés pour que cela devienne un lit d’enfant. Nous avons opté pour un matelas de compétition, on en trouve plusieurs, chez nous c’est celui-là. On ne dort bien que sur un bon matelas : les enfants aussi. Camille a toujours ADORÉ son lit, quand on l’y met, il s’y love, on sent qu’il y est vraiment bien, on serait presque jaloux. Bref, c’était un peu cher, mais on n’a jamais regretté cet investissement, parce que le bon sommeil d’un bébé n’a pas de prix (TMTS). Je m’étonne qu’on ne parle pas assez de cet aspect quand on donne des astuces pour que bébé fasse ses nuits.

-Un coussin de maternité.

Je me souviens très bien du jour où j’ai commandé le mien (clic), j’avais le sentiment de me faire un énorme cadeau, et que c’était trop cher pour ce que c’était. AH AH AH, autant vous dire qu’il est vite rentré dans la catégorie des dépenses jamais-jamais-jamais remises en cause. J’avais eu un coup de coeur pour cette marque, le coussin est totalement fabriqué en France, la housse est lavable, en coton, il est écologique, et rempli de microbilles écographite et granulés de liège, donc en texture, il est vraiment génial. À peine le colis déballé, je l’avais serré contre moi, testé, pour ne plus le quitter, j’avais envoyé des whatsapp extatiques à mes soeurs, et décidé de l’épouser et vivre à ses côtés pour toute la vie et plus encore. Pendant la fin de la grossesse, il a été mon meilleur ami, je l’ai trimballé partout, cramponné comme un doudou. Il me permettait de dormir, de ne plus avoir mal au dos, d’être bien dans le canapé, de me détendre en prenant des postures de yoga, de reposer tout le bas de mon corps lorsque je m’allongeais. Et dès que Camille est né, je m’en suis servie pour l’allaiter, puis lui donner le biberon, et son papa aussi. Nous l’utilisons encore tous les soirs. À la maternité, les sage-femmes s’extasiaient toutes sur la qualité du coussin, et m’ont demandé la marque, elles le trouvaient super rigide et malléable à la fois. Bref, c’est mon réconfort de grossesse et d’après, et un vrai bon coussin de qualité comme celui-là, c’est VRAIMENT utile, à mon avis.

// Chaussons Pasito a pasito //

2. Les choses importantes mais que l’on peut récupérer d’ailleurs, vive l’entraide.

En plus de ces indispensables, il faut ajouter sur la liste d’autres biens dont il est difficile de se passer, mais qui représentent moins de dépense et qui, surtout, sont plus faciles à trouver à des prix raisonnables, voire à récupérer.

-Une table à langer.

Concrètement, c’est très pratique d’avoir plusieurs endroit destinés à rester des points de change. J’utilise une commode dans sa chambre pour l’habiller, mais c’est également très pratique d’avoir une table à langer dans la salle de bain, surtout avec les bains du tout début. En bref, c’est une question de confort, mais plus on peut en aménager, mieux c’est. Après, il suffit de bricoler, une petite table, une commode, on pose une couverture dessus, un bocal à cotons, une réserve de couches et hop. Un matelas exprès, c’est du luxe, mais c’est très agréable. On peut aussi changer le bébé par terre, j’ai plusieurs copines adeptes de la méthode, moi j’aime moins, mais ça fonctionne parfaitement aussi.

-Un transat.

Il y a plein d’avis, et surtout, plein de bébés différents, des « qui aiment les transats », et des « qui n’aiment pas », et des « ça dépend du transat ». Chez nous, ça n’a jamais été un succès fou. Camille a toujours préféré être à plat, à même un tapis. C’est pourquoi si je devais donner un conseil, je dirais d’attendre, de voir comment est le bébé au bout de quelques semaines voire quelques mois, et de tester, avec un transat prêté par exemple. (Nous en avons un qui sert finalement très rarement, nous l’appelons la salle d’attente à biberon, je crois que Camille l’a très bien identifié comme tel.)

-Des vêtements.

Aaaaah, LE truc qui me faisait peur. Je n’y comprenais rien, je lisais la liste de la maternité en me demandant bien si un bébé avait réellement besoin de dix paires de chaussettes tricotées et deux turbulettes, et j’étais un peu perdue.

Alors, ce que je conseillerais à la moi d’il y a un an : avant la naissance, il faut vraiment avoir le minimum. Une fois que le bébé est né, ça devient un grand plaisir de chercher des choses pour lui, selon ce qu’on aime, et selon nos propres besoins qu’on identifie désormais parfaitement.

Concrètement, on peut investir avant dans :

-Des bodys et des pyjamas. C’est bien d’en avoir 4-5, en taille naissance et 1 mois, mais c’est vraiment facile d’envoyer le papa faire un raccord d’urgence après la naissance, et les proches se font un plaisir de trouver un petit pyjama juste à la bonne taille pour rencontrer le bébé. Je n’ai pas eu de « tenue de naissance » officielle, j’ai simplement investi dans quelques jolis pyjamas simples que j’aimais bien, de couleur claire, et savoir que mon bébé rentrerait dans cette chose à la fois toute petite et si grande me rendait folle. Ah oui, surtout, il faut faire attention à prendre des bodys et pyjamas qui se boutonnent sur le devant ! Dès 3 mois, ça devient facile de tourner le bébé, il est habitué et nous aussi, mais au tout début, c’est vraiment essentiel de faire attention à ce détail. C’est déjà assez délicat comme ça de l’habiller 15 fois par jour, on va pas rajouter de la difficulté non plus par du boutonnage de dos, oh.

-Une turbulette. C’est indispensable, j’achète les miennes ici, je les adore.

-3-4 paires de chaussettes. Pour les bébés qui naissent en hiver, et pour tenir les pieds des pyjamas un peu grands, incontournable. Plus elles sont épaisses, mieux c’est.

-3 brassières, ou gilets, ou pulls à la limite. Un bébé a toujours froid. C’est mieux qu’ils soient en laine, mes brassières les plus utilisées venaient de grand-mères habiles. C’est quasi-introuvable dans le commerce, ce qui est à la fois fou et joli, je trouve.

-1 couverture. (Vous me le demandez souvent : celle avec les étoiles dorées est une Nobodinoz, ancienne co.)

-2 bonnets (là encore, le tricoté est l’idéal parce qu’il s’adapte au tour de tête du bébé !).

-1 paquet de couches. (C’est rassurant d’en avoir un d’avance, quelque soit la maternité. Nous prenons celles d’une grande surface low-cost, qui sont à la fois économiques et super en termes écologiques, naturelles, sans truc bizarre qui absorbe les odeurs et qui n’est là encore pas anodin du tout.) (Leur inconvénient est donc d’être un peu épaisses, et de ne pas masquer les odeurs, mais je préfère ainsi.)

-Des langes. Sans hésiter ! C’est tellement rentabilisé, comme achat !

-Quelques bavoirs.

-Un biberon. Même si on compte allaiter, c’est bien d’en avoir au moins un de secours.

-Ce qui servira aux soins. J’en parle dans cet article ! Du liniment, un savon notamment :  autant l’avoir à l’avance.

-1 soutien-gorge d’allaitement.

-Une crème allaitement (La « Castor Equi » est la meilleure testée ici.)

// Hochet Haba //

3. Les choses qu’on a parce que c’est plus fort que nous mais qui ne servent à rien (ou pas tout de suite)

Si vous avez déjà tout ce qui figure au-dessus, vous êtes paré(es). Les autres achats éventuels tiennent… du plaisir !

-Une peluche, des hochets.

J’avais craqué sur un ours bleu clair, je lui faisais des câlins avant la naissance. Concrètement, ça ne sert à rien parce qu’un nouveau-né n’en a strictement rien à faire, d’une peluche. Mais c’est agréable, c’est vrai, d’avoir celle qu’on a choisi juste pour lui avant… Quoi qu’il en soit, un conseil : juste une, ça suffit largement ! Et pour les petits jouets… pareil !

-Un joli pyjama

Je n’ai pas fait cet investissement-là mais je comprends les mamans qui craquent pour un pyjama vraiment joli, un Bonton, un truc qu’on achèterait jamais, mais là, c’est exceptionnel. Là encore, le nouveau né n’en a strictement rien à faire, et le mien était très bien dans son pyjama à rayures de 2nde main, et aussi dans le petit en velours jaune que lui avait acheté son papa (larme émue ici), bref, on fait comme on veut !

-La déco de la chambre

Ici, on a fait très récup, la commode qui était la mienne petite, une branche de bouleau au mur, des photos, et d’autres jolies choses qui se sont rajoutées peu à peu, chinées, offertes. J’avais craqué quand même sur un tapis blanc super mignon avec une tête d’ours, et j’avais adoré préparer tout ça, accrocher des petites guirlandes au mur… Si on a envie, on peut s’amuser, mais clairement, je crois que ce n’est pas un poste de dépense obligé !

-Un joli lange/foulard

On n’a jamais assez de lange ou de foulard avec un bébé, pour essuyer sa bouche, le mettre sous lui si on le pose quelque part, sur notre épaule quand on le porte, sur lui pour le couvrir encore un peu plus. Les langes de chez N74 sont sublimes, on en a deux ici, ce sont devenus des doudous, et on les adore. Là encore, nous ne sommes pas dans l’achat indispensable… Mais du plaisir, qui sert, quand même !

-Une écharpe de portage

On peut attendre que le bébé soit né pour voir si ça nous correspond ou pas, à tous les deux, à tous les trois. Pour ma part, j’avais profité des soldes encore (vivent les bébés nés en février) (et ceux de juillet, soyons logiques) pour investir dans une petite JPMBB, pour voir. Au final, Camille a vécu dedans pendant ses six premiers mois. Les tutos sur Youtube sont super bien faits, et largement suffisants pour apprendre seule. C’était formidable pour moi, pour lui, pour nous, c’était fabuleux, un AUTEL à l’écharpe de portage.

// Lit Pinolino, mobile Pouce et Lina, guirlande Etoileandcompany //
// Pyjama à bisous Verbaudet, et bidou de femme enceinte juste en-dessous du cadre d’ailleurs, et tignasse en vrac création personnelle. //

 

Voilà, j’espère ce ces quelques pistes vous serviront !  N’hésitez pas à me dire comment vous avez fait, comment vous allez faire…Et si cet article vous parle, partagez-le autour de vous, c’est le meilleur moyen de soutenir ce blog. 🙂

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La reprise du travail

Voilà un peu plus d’un mois que j’ai repris le chemin du travail. Techniquement, cela fait plus que cela : j’avais fait une mini-reprise en fanfare en juin (qui avait des allures de curieux gloubi-boulga entre arrivée et veille de départ), et j’ai travaillé cet l’été, chez moi. Mais depuis un mois, le « vrai » rythme s’installe, à trois. Dès la naissance de Camille (et même avant, à y réfléchir), c’était une étape que je redoutais terriblement. Dans les premiers mois après sa naissance, je ne pouvais pas envisager le moment où j’allais retourner travailler sans réellement fondre en larmes en le serrant dans mes bras. (Je me revois, inconsolable au milieu du salon, lui chuchotant des consolations dont j’étais la réelle destinataire, dans de gros sanglots désespérés.) (Je suis une fille très mesurée.) Ce qui a toujours été très clair dans ma tête, pourtant, c’est que je n’avais pas non plus envie de prendre un congé plus long. Le réel objet de mes appréhension était cette nécessité d’un changement d’état, cette grande page à tourner, et je déteste les pages à tourner. Je savais bien que c’était inévitable, et en même temps, ça me tétanisait. Finalement… tout va bien, je suis vivante, et de tout ce que j’ai commencé à vivre, là, j’avais envie d’extraire quelques conseils, qui (sait-on jamais) pourraient vous être utiles.

-S’organiser à deux

La première étape, évidemment, concerne l’organisation. C’est une donnée qui paraît évidente mais concrètement, cela ne l’est pas tant que ça, et même si nous avons la chance d’avoir une communication vraiment au top en la matière, ça reste le sujet d’énervement numéro 1. Le fait d’être deux à travailler, avec un bébé en bonus, implique en amont une vraie planification, et, au fur et à mesure, un ajustement constant. Qui fait quoi, et quand? Je crois qu’il faut vraiment que la distribution des tâches soit claire, celles qui concernent le bébé, et celles qui concernent la maison. On parle beaucoup de ces histoires de charge mentale, mais il faut le vivre pour comprendre que (même avec un seul enfant !), c’est vraiment dur. Ça nous a sauvé et ça nous sauve encore de savoir et de se DIRE que telle ou telle chose est notre mission, même les détails, et aussi de savoir montrer sa reconnaissance pour l’autre. Ainsi, on peut aussi constamment réajuster l’équilibre si l’un des deux se sent débordé, ou en déséquilibre par rapport à l’autre. (Avec un bébé c’est tellement facile de tout mettre sur les épaules de l’autre si ça ne va pas, mais c’est là une tendance totalement naturelle, normale, et qu’on peut facilement adoucir.)

-Apprendre à bâcler intelligemment

J’ai ressorti un vieil atout de ma manche, celui que j’utilisais étudiante, et que j’avais un peu oublié (ou moins bien utilisé). Une chose est sûre, c’est un truc qui sauve : au travail, désormais, il faut apprendre à faire le « minimum correct ». Autrement dit, je ne dis pas qu’il faut faire n’importe quoi  et mal faire son boulot, mais qu’il faut prendre le temps de placer son curseur à la juste place: chaque tâche ne sera pas parfaite, qu’est-ce qui est vraiment indispensable ? Qu’est-ce qui sera grave si telle ou telle chose n’est pas aussi merveilleusement accomplie qu’elle pourrait l’être? Généralement, on est tous (et toutes) bien trop perfectionnistes : c’est le moment idéal pour opérer un ajustement.

-Au travail : savoir se vendre

Alors là, j’ai beaucoup de progrès à faire, mais c’est tout de même un conseil que je donne, parce que je suis persuadée de sa véracité. Je suis toujours épatée par la capacité qu’ont les hommes à faire cela davantage que les femmes, ils n’hésitent pas à dire haut et fort qu’ils ont fini très tard la veille, ou qu’ils sont convoqués à telle réunion, ou qu’ils ont déjà travaillé sur ça ça ça et ça. Dans une même situation, une femme a beaucoup plus tendance à ne pas s’en vanter. Je le pense désormais encore plus : c’est une erreur, et, surtout avec un bébé, c’est salvateur d’apprendre à dire et montrer, avec simplicité et transparence, l’ampleur de ce que l’on fait, à nos pairs et à nos supérieurs. La reconnaissance, de soi et des autres, passe par là.

-L’accepter : rien n’est pareil

« Ça change la vie », qu’ils disaient. Non, rien n’est pareil, autant se faire une raison. Alors c’est sûr, j’ai envoyé balader plein de côtés de mes anciennes routines (moi qui adore la routine), parce que ce n’est plus possible. Je crois qu’il faut là encore beaucoup en discuter avec le papa, et se rassurer l’un l’autre. Non, tel moment, tel loisir, telle habitude n’est plus possible, mais à côté, il y a plein de moments merveilleux, et les trucs en moins, tant pis. C’est une histoire d’équilibre à trouver, pour que chacun conserve un moment de plaisir juste pour lui au milieu des heures données à l’organisation familiale. Et quand on le trouve, c’est tellement gratifiant. J’ai adorer découvrir des habitudes nouvelles, j’ai adoré chaque soir où je suis allée chercher Camille à la crèche, où j’ai joué avec lui au retour, même si ça prenait du temps et ça m’obligeait à travailler tard après. J’ai adoré les bains que je lui ai donnés au lieu de lire un livre, ou au lieu de cuisiner quelque chose de très abouti comme j’adorais le faire, ou au lieu (évidemment) de sortir quelque part. J’ai fait des concessions, et le papa aussi. Il y a de la liberté en moins, mais du bonheur en plus. Des galères nouvelles, oui, mais des bisous qui réchauffent, aussi, qui font voir la vie plus belle. Retrouver cette bouille chaque soir m’a rendu tellement heureuse. C’est différent, mais c’est tellement bien.  J’aurais bien aimé qu’on me le dise.

-Se ménager

Depuis un mois, si je me couche après 22h même un samedi, c’est la grosse fiesta de la folie. Mais c’est la seule solution pour ne pas trop laisser la fatigue s’installer, parce que les journées sont bien pleines, et les nuits facilement courtes. On s’habitue vite, tout devient très hygge, et un samedi soir à regarder un bon film en chaussettes dans le canapé et à se coucher tôt, c’est bien aussi. (Si si.)

-Se donner du temps pour retrouver le goût du travail

J’avais entendu ce conseil d’une psy sur France Inter un jour, et heureusement que je l’ai gardé dans un coin de ma tête parce que c’est vrai. Il ne faut pas s’attendre vivre un retour extatique, à trouver que le travail c’est la vie, à se demander comment on a fait tout ce temps sans travailler parce que oh mais dis donc qu’est ce qu’on adore ce qu’on fait. En vrai c’est plutôt l’inverse. C’est NORMAL. Et ça revient, le goût de tout ça, vraiment. Mes amies avaient témoigné en ce sens et voilà ça y est, je rejoins la team : le début est dur, mais il y a forcément un moment où on reprend goût à ce qu’on fait, voire, où on se fait vraiment plaisir. Et c’est alors très agréable, parce qu’on a l’impression de deux vies dans la vie, et aussi parce qu’on a sans cesse une petite sonnette qui nous rappelle ce qui compte vraiment. C’est vraiment un cap psychologique de se rendre compte qu’il y a une vie en dehors de la famille, qu’on peut faire autre chose, penser à autre chose, et que la famille tourne quand même.

-Savoir aussi se donner des coups de pieds aux fesses

Ça aussi, je l’avais entendu d’un psy, et je rejoins l’idée. Certes, il faut tolérer le coup de déprime de la reprise, accepter que l’on y aille à reculons, mais il faut savoir aussi (et savoir à quel moment) se pousser soi-même à rentrer dans l’eau, et à trouver tout ce qui est bien dans la nouvelle situation. Parce qu’il y a plein de bon à prendre une fois que tout est lancé. Parvenir au ni trop doux, ni trop dur avec soi-même, ou : l’histoire de nos vies d’équilibristes.

-Ne pas s’oublier

C’est à la fois un constat et un conseil, qui va mieux en le disant. Il faut vraiment trouver ce qui nous fait plaisir, ce qui sera un moment juste pour nous, un moment chez le coiffeur, un achat vestimentaire, un thé en lisant un livre, une nouvelle bougie allumée toujours à la même heure et qui sent bon… J’ai fait une liste, qui évolue, et qui doit encore évoluer, et j’adore l’interroger et y piocher de l’inspiration. Par exemple, si je choisis d’écrire « faire des crêpes » dedans, et qu’un jour je passe à l’acte, la certitude de m’être fait plaisir à moi (et pas seulement à ceux qui mangent les crêpes avec moi) est décuplée. C’est vraiment une technique qui aide à ne pas orienter la pensée vers une sorte de « je me sacrifie pour les autres », d’une part parce qu’il ne faudrait pas que ce soit le cas, d’autre part parce que parfois cette pensée naît sans fondement et que l’entretenir cause une peine inutile. Le vendredi soir, je vais au cours de danse, Camille n’a pas de bain, son repas est plus rapide, le rituel du coucher expédié, on commande une pizza, on se couche avec une maison en vaste désordre : tant pis, je l’assume et l’accepte, je suis mieux, et du coup, mes deux hommes aussi, bref tout le monde est content.

-Avoir confiance

Encore, cela va mieux en le disant : vous êtes capable, vous pouvez le faire. (Je voudrais un sweat shirt avec écrit un truc du genre « je suis une maman qui déchire » dessus) (personne ne dit sweat shirt, j’avais envie). Il faut s’appuyer sur la confiance que placent les autres en nous, parfois supérieure à celle que nous plaçons en nous-mêmes. On se dit tou(te)s que les autres peuvent et pas nous. Ils ont raison, pourtant, ces bougres, et c’est très logique : si tout le monde fait davantage confiance aux autres pour se sortir d’une situation que sur soi-même, l’humanité est faite de gens dignes de confiance, qui peuvent se sortir de toutes les situations, donc, comme nous faisons partie de cette humanité, nous pouvons avoir confiance en nous-mêmes pour se sortir de la situation, CQFD. Plus sérieusement, on a tou-t-es des ressources qu’on ne soupçonne pas, et, une fois l’aventure lancée, la machine tourne, et on y arrive, on me le disait, et je ne le croyais pas pour moi. (Et puis si.) (Enfin un peu.)

Voilà : rien de révolutionnaire dans ces conseils, juste des petits drapeaux en forme de pensées à noter bien. Moralité : bisous à toutes les mamans, actuelles et futures, qui assurent, qui sont des déesses, des badass de la vie, et qui réussiront à tout mener de front. Mums run the world, et mum’s power, jusqu’à la fin des temps.

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