Le portique en bois

Quand on attend un premier enfant (et a fortiori quand on est néo-parents), on découvre le merveilleux univers des jouets pour enfants. Avant, on en a une vague idée, grâce aux souvenirs, et aux catalogues de jouets de Noël devant lesquels on fantasme à tous les âges. (Enfin, je ne sais pas, on sort peut-être de la norme à rêver à trente ans devant Docteur Maboul ou le bateau de pirates Playmobil, dites-moi.)(Ou ne me dites pas, laissez-moi me croire adulte, allez.) Sauf que voilà, lorsque l’enfant paraît, le cercle Toys”R”us s’agrandit et applaudit à grands cris, et on se rend compte qu’on ne peut pas jouer à n’importe quel jeu à n’importe quel âge. Et surtout, on découvre ébahie (je parle pour moi) (aidez-moi à déculpabiliser, oh) qu’un bébé met beaucoup de temps à jouer avec quelque chose.

Pour info à la moi d’avant : un bébé de trois mois (ET TROIS MOIS C’EST LONG) ne sait même pas tenir un objet dans sa main. Mesurez bien la portée de cette dernière phrase. C’est dire si le chemin vers le bateau Playmobil est long. À un mois, il ne voit rien et ne s’intéresse qu’aux visages (et à celui de sa mère surtout) (le gros Playmobil c’est toi). À deux, il regarde un objet, et c’est déjà le stade de l’éclate totale pour les parents, rendez-vous compte, sabrons le champagne, il sait regarder vraiment un truc, youhou. À trois, il commence un peu vaguement éventuellement à jouer. Entendons par là qu’il adore regarder un jouet à grelot qu’on secoue pour lui (et voue une sainte passion au bruit d’une cuillère qui remue une boisson dans une tasse), toucher une nouvelle matière, faire des bruits rigolos avec sa voix, pédaler dans le vide, et se toucher le visage, grosse éclate. (Si votre enfant de trois mois ne fait pas tout ça, pas de panique. S’il en fait plus, informez-moi, que je m’inquiète à temps d’un gros retard de développement psychomoteur.) Il peut tenir quelques secondes, minutes, allez, notons large, un objet si on le lui met dans la main, mais il ne semble pas avoir réellement conscience qu’il le tient. Je sais, c’est très décevant.

Et c’est là qu’on découvre le merveilleux, le magnifique tapis d’éveil. (Ooooooh.) En gros, le principe est toujours le même : un endroit plutôt mou où poser le bébé, parfois avec des trucs incrustés dans l’endroit mou (des miroirs, des surfaces irrégulières, du scratch). Et au-dessus du tapis, généralement, on peut fixer un « portique » ou une « arche d’éveil ». (Oooooh, bis.) C’est une structure souvent très moche molletonnée, à laquelle sont suspendus des objets, de couleur vive de préférence, de plusieurs textures. Au mieux, le bébé regarde, et essaie de toucher avec la main (cap, gros gros progrès moteur, en cours ici), avec le pied sans doute un jour (compétence non-acquise). Au pire, il s’endort dessus, et le tapis d’éveil n’a pas techniquement rempli son rôle-titre, mais il fait très plaisir aux parents, donc c’est un ami.

Le tapis d’éveil fait rêver, nous sommes d’accord. Et pourtant, il n’a pas que des avantages.

Il est moche d’abord, la plupart du temps, il ressemble à ça ou ça. Ce n’est ni très grave ni très important, mais bon, ça défigure un salon, ces choses-là. Et puis surtout, il est souvent en plastique, pas toujours sans BPA, bon, ce n’est pas terrible non plus. Et enfin, il est cher. Payer 50 ou 100€ pour un truc envahissant fluo qu’on voit au quotidien, non. (Je ne rêve pas, je sais bien que viendra le jour où je n’aurai plus le choix, et où des jouets non-ethiques et moches passeront le seuil de ma porte et envahiront mon paysage quotidien, mais bon, autant repousser l’échéance le plus tard possible).

Que fait-on, alors, crie la foule? On en fabrique un, tiens.

Voilà comment on s’est retrouvées avec ma maman sur une terrasse à bidouiller des bouts de bois. C’était très chouette. Et comme je suis le niveau zéro de la bricole (mais que ma maman est au niveau expert), j’ai eu envie de vous expliquer tout ça! Notez bien que c’est une version super-simplifiée. Si vous êtes un grand bricoleur, il y a des chances pour que vous vous moquiez. Quoi, pas même de vis? Non, pas même de vis, et ce n’est même pas peint. La version « débutant », le portique réduit à sa plus simple expression. Je n’aurais jamais réussi à faire ça sans ma maman, alors merci à elle! (Et elle me corrigera si je me trompe dans les instructions.)

Fais-le toi-même

(Pour le tapis : il s’agit d’un édredon replié, et d’une grande housse cousue autour, amovible à l’aide de petits boutons.)

Pour le portique :

-Une grande baguette de pin de 2,40 mètres

-Un tige de bois de 15 mm de diamètre, et de la longueur que l’on veut

-Une scie (avec boîte à onglets), une perceuse (merci maman, encore)

-Une ponceuse (ou du papier de verre)

Nous avons d’abord scié la baguette de 2,40 mètres en quatre morceaux égaux, soit 60 cm. (J’ai fait option maths au bac).

Ensuite, nous avons poncé ces quatre morceaux à l’aide de la ponceuse, et de papier de verre, pour que ce soit tout doux.

Ensuite, nous avons marqué les planches à 5 cm du bord, puis nous avons percé de gros trous avec une cheville de 16mm. (Nous avons poncé à nouveau les trous pour que tout soit régulier.) Nous avons scié la tige pour obtenir la largeur du portique (je préférais très large, d’autant plus que comme rien n’est cloué, c’est adaptable, je peux changer de largeur comme je veux en fonction de l’endroit où je pose Camille).

Pour faire une butée, nous avons percé de tout petits trous au milieu des quatre planches (à 30 cm), et simplement noué une ficelle. On peut totalement faire plus abouti et plus joli, mettre des perles par exemple, ou un ruban. J’ai aussi enroulé de la ficelle en haut pour tenir un peu la tige et les montants, mais je peux l’enlever quand je veux pour modifier la taille du portique.

Et voilà! Il ne reste qu’à suspendre ce qu’on veut, ici des chutes du tissu du tapis avec des anneaux, mais on peut accrocher un jouet, des origamis, suspendre le hochet à grelot (oui toujours le grelot, vous avez bien suivi). C’est totalement adaptable et évolutif! C’est même une bonne idée de cadeau de naissance…Un portique ultra simple, un coût de l’opération de quelques euros, pour un résultat que je trouve super mignon. Non?

Mon petit maquillage

Quand j’avais 13 ou 14 ans, j’avais un livre dont je ne me souviens que vaguement du titre, mais il ressemblait à Être belle en 24 heures ou quelque chose de semblable. C’était un petit livre qui donnait plein de conseils et d’astuces pour les soins de sa peau, du visage, de son poids, et il me semble que le dernier chapitre expliquait comment s’organiser pour se faire belle avant une soirée ou une occasion spéciale. Si ma mémoire ne me trompe pas, il était écrit sur un ton plutôt bienveillant, et je l’adorais au point de très bien le connaître, pour (si j’avais su!) m’en souvenir 17 ans plus tard. (C’est fou comme l’humain s’encombre la mémoire). Je le lisais très souvent, et cela me paraissait extrêmement nouveau, excitant de promesses. Depuis, j’ai lu ça et là des dizaines d’autres conseils pour être belle, ou se sentir jolie (est-ce synonyme?), j’ai entendu plein d’histoires sur le sujet, et bourlingué sur les chemins du « prendre soin de son apparence », en m’amusant à certains moments, en me faisant très mal à d’autres.
Si je pouvais écrire à l’adolescente que j’étais alors, je lui dirais combien ces conseils n’ont que l’importance qu’on choisit de leur donner, et que l’on croisera toujours des voix qui diront de faire plus, et d’autres qui diront de faire moins. Je lui dirais qu’en matière de beauté, comme en matière de maquillage, et comme en la plupart des matières d’ailleurs, il n’y a pas de vérité universelle. Que des courants s’affrontent partout et s’affronteront toujours. Que même dans un seul et même corps de métier -c’est la jeune maman qui parle- les gens ne sont pas d’accord et écrivent des thèses et des livres qui se contredisent. Que l’essentiel, avec le maquillage, est de se déculpabiliser de nos propres excès et de nos insuffisances, de trouver ce qui permet de se sentir juste un peu plus femme, ce qui permet de donner ce qu’il faut d’assurance, sans tout changer.

Je crois qu’en 17 ans, je n’ai jamais vraiment aimé le maquillage. J’en ai toujours possédé très peu, d’une part parce que ça coûte cher, et d’autre part parce que je trouve tellement plus pratique d’avoir le choix réduit entre quelques produits chaque matin. Je fais partie de celles qui ne sont absolument pas gênées de sortir sans aucun maquillage. J’ai la chance d’avoir une peau sans imperfections, et sans maquillage, je parais certes un peu fatiguée, un peu négligée peut-être, mais naturelle et pas si horrible (pardonnez-moi cet orgueilleux sursaut d’indulgence avec moi-même.) Sans maquillage, je me sens plus à l’aise pour rire et pleurer, pour enfiler ou retirer un pull, pour mettre mes mains sur mes joues, manger même, et bien sûr, tenir mon bébé contre moi. J’ai du mal à comprendre les filles qui laissent des traces de rouge à lèvres énormes sur leur tasse, et j’habite dans un coin de campagne où un visage sans maquillage n’est en aucun cas objet de regards de travers.
Depuis la naissance de Camille, je me suis bien rendue compte que le temps passé à soigner ma peau, mes cheveux et mes cils avait considérablement diminué. Je m’y attendais et j’avoue n’en avoir que peu souffert, n’était pas par nature une grande amatrice d’heures passées à me faire un masque, un gommage et une french manucure. (Comment ça, “lol”?) Et pourtant, j’éprouve parfois la tristesse d’une (relative) négligence de moi-même qui me pousse à réinventer mon approche du «soin de moi», avec un maquillage plus régulier, plus rapide peut-être, très naturel aussi. Bio et éthique, évidemment. Si j’avais envie de vous parler de ma routine maquillage actuelle, c’est parce que je l’aime bien, peut-être finalement parce que j’ai le sentiment d’avoir trouvé le juste milieu entre le trop et le pas assez. C’est un juste milieu très personnel, j’en conviens, et je serais curieuse de connaître le vôtre!

(Petite précision : aucun lien affilié ici-dessous.)

Mon petit maquillage tout simple

J’utilise pour base la « satin perfection BB cream » de Ren, qui tient ses promesses et fait tout à la fois : sans être vraiment un fond de teint, elle unifie la couleur de la peau, elle gomme absolument toutes les imperfections, ne fait pas d’effet paquet, bref, je l’adore, je ne pourrais plus m’en passer! En plus, elle a un SPF qui protège du soleil de mai (et de tous les mois à venir je crois bien). J’en dépose un peu sur les pommettes, le front, le menton, et j’applique avec un pinceau en faisant des cercles.
Ensuite, je dépose un peu de rose sur les joues et les lèvres. J’utilise pour cela le même produit (n’encombrons pas nos placards NON PLUS), même si je m’en sers peu pour les lèvres, que j’aime laisser «nues». J’adore ce petit rose de chez Tata Harper. Le petit pot est mignon comme tout, le rose parfait, je l’applique du bout du doigt sur le moelleux des joues et j’estompe. C’est le produit idéal qui donne un effet bonne mine tout en restant très léger. Il permet aussi de donner un peu de lumière et de brillance, ce que je préfère à un fini poudré. Il est facile à transporter, et surtout, j’adore son odeur! (Il sent le bonbon. Oui, c’est un argument suffisant.)
Je recourbe mes cils, c’est mon nouveau geste qui change tout, puis j’applique un mascara noir, en ce moment j’utilise celui-là de chez Lavera qui est très bien, il tient bien et s’enlève facilement. (Je déteste les mascaras qui mettent du temps à partir.)

Et c’est tout! Honnêtement, ça prend deux minutes. Parfois, je rajoute un peu d’enlumineur sur les arcades sourcilières, et les os des pommettes (j’utilise alors le Linving Luminizer de chez RMS, autre produit parfait.)

L’ensemble reste léger et je ne ressemble pas à une poupée, ce que je ne veux surtout pas. Et j’aime toujours rester certains jours sans aucun maquillage, comme pour me rappeler que je n’ai pas vraiment besoin de ça, que personne n’en a vraiment « besoin ». J’adore être sans rien parce que c’est comme si j’étais vraiment moi, vraiment à vivre les deux pieds dans la vie. Et puis quand j’ai envie, seulement quand j’ai envie, je fais ces petits gestes-là, assez légers, futiles sans doute, qui me font sourire.
Ces conseils n’étaient pas dans Être belle en 24 heures. C’est dommage. On devrait dire à toutes les petites filles que même si le chemin de soin de leur apparence est long et sinueux, elles sont déjà belles. Que les «24 heures», justement, s’enchaînent vite dans une vie et qu’il faut en profiter, sans perdre de temps à ne pas trop s’aimer.

Et pour vous, dites-moi? Se maquiller, est-ce futile ou un peu nécessaire quand même?