Comment éviter le gaspi alimentaire (1)

Aaaah…
la chasse au gaspi.

 

Serpent de mer des revues de filles, écologiques ou non : comment éviter de jeter, comment éviter d’accumuler les déchets… Ce sont des questions qui ont le vent en poupe, et pourtant, les français sont loin d’être très performants en matière de déchets. Alimentaires,  ou non.
Vous jetez beaucoup, vous?
Des choses qui se mangent, j’entends…
Je suis souvent surprise, en me rendant dans la famille ou chez des amis, de voir à quel point, au quotidien, ils accumulent les déchets alimentaires. Des restes de plats préparés, des barquettes, du pain sec, des biscottes oubliées, des fins de gratin de nouilles d’une drôle de couleur, et même les fruits et légumes dont l’avancée en âge a dépassé leurs vibrantes expectatives. Je ne les condamne pas du tout, au contraire, je comprends, et j’ai longtemps tâché de me demander pourquoi, autrement dit,  qu’est-ce qui fait que chez moi, on ne jette presque rien malheureux (sans pour autant être exemplaires, loin de là!).  
Comment s’organiser pour ne pas jeter?

 

 

Vue de l’extérieur, la tâche est ardue, entre les produits frais qui ont une date de péremption toujours trop proche, les produits type pain qui durcissent vite, les fruits et légumes qui sont atteints de moisillite aiguë avant d’avoir le temps de les appeler par leur prénom, les petits restes qui s’accumulent au fil des repas et qui se font oublier, il y a de quoi se perdre, sans compter la fin du paquet de biscottes mollassonnes ou de biscuits plus vraiment croquants que l’on refile au petit dernier en lui assurant notre bon souvenir.
Rapidement, on a l’impression qu’il faut être une déesse de l’organisation et des plannings pour que nos poubelles soient des temples dans lesquels la nourriture est persona non grata. On se dit que seules les mères de famille équipées de smartphones ultra perfectionnés et d’un cerveau avec un petit tétris à l’intérieur sont capables de savoir quoi manger quand pour qu »il n’y ait pas de déchets.
Et pourtant… En adoptant des petits réflexes tout simples, l’affaire est beaucoup moins compliquée et ardue qu’elle n’en a l’air.
Si, je vous promets.
On en parle?

 

 

Comment éviter le gaspillage alimentaire? (1)

(recette(s) à venir)

 

1. Tout commence à l’achat.

 

Bon, je dis sans doute des évidences pour beaucoup, mais la vérité n’est jamais assez martelée (prof sors de ce corps) : le B-A BA de la chasse au gaspi commence au moment où l’on fait ses courses.
Il s’agit de jouer à un jeu très amusant, qui consiste à acheter juste assez sans acheter trop.
(Et c’est là que cela se complique.)
Plusieurs astuces s’offrent alors à vous.
Solution A : faire des listes.
Effectivement, cela peut être un bon début, si pour vous le gaspillage alimentaire est une maladie déjà assez avancée. J’avoue que je le faisais, étant étudiante : un petit papier, 7 jours, 14 tirets, et cela permet d’acheter juste ce qu’il faut.
Néanmoins, je ne le fais plus. En fait, j’avoue que c’est une technique qui fonctionne lorsque l’on habite en ville et que l’on est sûr de trouver à peu près tout, mais, désormais, je m’adapte aux fruits et légumes que je trouve au marché. Autrement dit, je ne peux pas prévoir une tarte aux poireaux, ou un gratin de navets, précisément parce que je ne sais pas encore s’il y aura des poireaux ou des navets…
La solution B est donc de prévoir des menus adaptables. Cela donne, en gros : « lundi, crêpes; mardi, tarte aux légumes; mercredi, soupe; jeudi, légumes rôtis; vendredi, petits cake salés...samedi, croquettes,.. et la pizza du dimanche soir…  » Que l’on adaptera avec ce que l’on trouve. C’est une bonne solution qui permet de ne pas se poser trop longtemps de questions le soir, et de reconvertir ce temps précieux en d’autres débats plus rigolos.
Solution C : une fois qu’on y est habitué, on peut s’en détacher, j’avoue que c’est mon cas. Je ne fais plus aucune liste pour mes courses hebdomadaires, parce que je sais en gros le volume de produits frais dont j’aurais besoin, et j’improvise au jour le jour au fil de la semaine. Mais je crois qu’il faut passer par les deux autres étapes pour avoir en tête une petite liste de repas-type, du gratin inratable au plat de pâtes totalement maîtrisé, du croque-monsieur d’urgence au risotto effectué en pilote automatique.
Dans tous les cas, il est très utile de savoir à tout moment ce qu’il y a dans le garde manger. Pour cela, on peut garder sur un petit tableau la liste des légumes achetés, que l’on raye au fur et à mesure de leur utilisation. On peut également (ce que je fais, ne me prenez pas pour une folle), regarder au moins une fois par jour le contenu des placards et du garage : le cerveau acquiert rapidement le réflexe de tout mémoriser, et cela permet de ne pas laisser pourrir, vous savez, la citrouille, là, celle que l’on avait oubliée et qui n’est pas en bonne voie pour se métamorphoser en carrosse… Pareil pour ce qui va au frais : si l’on inspecte souvent les petits morceaux qui habitent notre réfrigérateur, on finit par avoir en tête une liste de ce qu’il y a à manger d’urgence ou non pour subsister jusqu’à la saison nouvelle . On n’a même plus besoin de réfléchir trop longtemps avant de concevoir un repas du soir, les ingrédients dansent dans notre tête et s’assemblent en faisant le petit bruit de motus, bouip bouip bouip bouip. (Mo-mo-motus.)
Enfin, il est important de savoir, au moment de l’achat, quels aliments auront une durée de vie limitée, ou non. Par exemple, il vaut mieux acheter du pain au levain (ou le faire!), qui se conservera facilement une grosse semaine. Parmi les légumes, on retient rapidement lesquels sont les plus fragiles (et ceux qu’il faudra, par conséquent, cuisiner en premier). Parmi les légumes à manger vite, on trouvera toutes les salades et pousses, les épinards, les choux fleurs/brocoli/romanesco, les tomates et poivrons en saison, les radis, alors que tiendront bien quelques jours les courges, poireaux, carottes, pommes de terre…

2. Ranger ses placards

 

 

 

Dès que l’on revient des courses, il est vraiment indispensable de ranger les placards, quitte à tout sortir et remettre : c’est agréable, cela permet de partir sur des bases propres et organisées, et ce n’est vraiment pas du temps perdu.
Dans les placards, on re-remplit les bocaux (le bocal riz, le bocal pâtes, le bocal quinoa, ainsi que les bocaux de légumineuses et de fruits secs), et on met sur le devant ceux qui sont presque vides. Cela permet de les utiliser au plus tôt, et d’avoir bien en tête, pour le reste de la semaine, qu’il reste deux poignées de farine de pois chiche et un petit verre de semoule, auxquels il faudra faire un sort.
Dans le frigo, on rapatrie sur le devant tout ce qui est à date proche, en mettant dans le fond tout ce qui est à date éloignée. Les œufs, le beurre (cru pour moi), les yaourts, les olives, le paquet de tofu et de tempeh. Cela permet de regarder encore une fois leur date et de s’affoler s’il ne reste que quelques jours pour les consommer.
Dernière chose : il vaut mieux éviter de surcharger frigo et placards, on en perd en lisibilité, et l’on risque de ne pas pouvoir tout manger à temps.

 

 

3. L’art de manger les restes

Si l’on applique tout cela, il est beaucoup plus facile de ne pas avoir de restes. D’autant plus que la dernière règle est évidemment de ne pas cuisiner plus que l’on ne pourra manger.
Ainsi, essayez de savoir quel dose cuisiner pour un ou deux, de façon à ce qu’il ne reste rien (3 poignées de pâtes sèches par personne, 1/2 verre de semoule/riz/quinoa, 2 pommes de terre… Une bonne solution consiste à peser un jour dans un bol bien précis la dose nécessaire (par exemple 180 g de riz pour 2), puis de reprendre à chaque fois le même bol, ainsi, on n’a plus besoin de peser à nouveau, puisque l’on sait (en gros) à quel hauteur du bol cela doit arriver.
Cela dit, il peut arriver qu’il y ait le GRAND DEFI du chasseur au gaspi : des restes.
De plats cuits ou d’aliments bruts.
Dans ce cas là, qu’est-ce qu’on fait?

 

Il me reste…
Je fais…
Un peu d’un plat préparé (un reste de gratin de légumes, une
part de tarte salée, deux tranches de cake, une galette de flocons de céréales…et ça marche aussi
pour le sucré)
Direction le congélateur, parce que l’on est toujours ravi de les trouver un soir de pas-le-temps, ou pour composer une
lunch-box express.
Un peu de pâtes/riz/sarrasin/quinoa cuits -Un petit déj.
Mon pêché mignon est de détourner un reste de sucre lents cuits en version sucrée. (Cela ne fonctionne pas avec les pâtes. Enfin, vous me direz.) D’où l’intérêt de faire cuire le riz, le quinoa ou le sarrasin nature, sans herbes ni ail et oignons : le reste se métamorphosera à merveille en faux riz au lait. On mélange les graines cuites avec un trait de lait végétal ou de jus de fruits, ou de compote, un filet de miel ou de sirop d’érable, et hop.-Font merveille aussi les crêpes à base de riz/pâtes/sarrasin/quinoa.Pour un grand bol de céréales cuites, compter 200g de farine, 2 œufs, 500ml de lait, et une pincée de levure. On mélange, on fait des petits tas sur la poêle, et  on obtient des petites crêpes épaisses et goûteuses qui marchent très bien à la fois en sucré et en salé.-Tout reste de céréale rentre très bien aussi dans n’importe quel gratin de légume. J’adore les gratins qui sont de formidables vide-placards : les légumes réduits en purée, les restes de pain, de céréales, de légumineuses, un peu de fromage et/ou de chapelure sur le dessus, quelques minutes à gratiner, et le tour est joué.
Des œufs Outre le gâteau-génoise ultra moelleux ou le clafoutis… Avec le blanc : des meringues, des rochers à la noix de coco, des macarons, des financiers.
Avec le jaune : des entremets, ou juste glissé dans une pâte sablée.
Des yaourts Les yaourts sont encore bons plusieurs semaines après la date indiquée. Néanmoins, il m’arrive d’avoir sur les bras plusieurs yaourts maison (ou non) à manger vite vite avant qu’ils ne changent de couleur…

-Un gâteau au yaourt, évidemment.
Il y a ce fameux petit livre aux éditions La plage dont je suis absolument fan : il décline des gâteaux au yaourt qui sont TOUTES testés et approuvés ici. Ah, le fondant très très citron, le clémentine-châtaigne, ah, le tout vert à la roquette, ah, le neigeux aux pépites de chocolat blanc…

-Une sauce, c’est ma version préférée :
Pour 2 personnes, mélangez 1 yaourt nature avec une pincée de sel, un peu de poivre, une càc de purée d’oléagineux (courge pour son côté psychédélique, ou cajou pour son petit goût fromagé), et quelques épices ou herbes au choix. Les alliances qui fonctionnent bien : yaourt + cajou + ciboulette, ou + cacahuète + cumin, ou sésame + citron + persil…
Parfait sur les légumes cuits, ou les crudités, ou avec des boulettes de légumineuses, ou même sur une céréale cuite.

Des fruits trop mûrs Les fruits un peu passés iront très bien en compote, en tarte, glissés dans un gâteau aux poires ou aux pommes. On peut également les congeler (crus, découpés en tranches) ou cuits, dans des bocaux à confiture, pour avoir des compotes toutes prêtes en cas de visite impromptue du petit cousin. (Ou de
mémé.) Sinon, ma version préférée est de mixer le fruit mûr cru et d’en faire la base d’une sauce (pour un plat chaud de légumes ou de céréales). Fonctionnent très bien en hiver : une poire un peu vieille mixée + un trait de vinaigre balsamique + 1 càc d’huile d’olive, ou une orange + 2 càs d’huile de noix + une pincée de cannelle, ou même une pomme + le jus d’1/2 citron + 1 càs d’huile d’olive. (Sur des endives crues, cette dernière est surprenante et très
bonne.)
Des légumes trop mûrs Là encore, leur version cuite est souvent la clé un peu facile mais efficace au problème. Après avoir trié les parties pourries, le reste sera parfait dans ne bonne soupe, une purée, un gratin.
Crue, la betterave un peu âgée sera parfaite dans des muffins merveilleux à la caroube.
Avec des poireaux un peu avancés, on fait un très bon pesto : on l’ émince très finement, on les mixe avec 1/2 verre de noix de cajou, et 1 càc de basilic séché.
Beaucoup de légumes peuvent, sans même être cuits, se transformer en coulis agréables, c’est le cas des tomates bien sûr, mais aussi des courgettes, de l’avocat, ou même des carottes ou courges bien mûres (si l’on a un bon mixeur). Sinon, on les fait cuire, même rapidement, et cela devient…
Une purée de légume Délayée dans du bouillon (ou de l’eau), elle se transforme en soupe. Avec un peu d’huile, elle devient sauce pour napper des biscuits, des grissini ou des pâtes. (Cela fonctionne bien avec la courgette, et ma préférée en hiver : potimarron mixé + huile de noix +
cerneaux de noix + ail des ours… ou courge butternut + épices à
pain d’épices + purée d’amande complète…)
Les purées de courges et potimarrons font également merveille dans une recette de pain d’épices, de scone ou de muffin.
Les patates douces s’intégreront à merveille dans un gâteau ou même des tartelettes… Autre version que j’adore : glissée dans un carré de pâte brisée, refermée en petit chausson. Rien ne se perd!
La compote ou la confiture -Une base de cake ultra moelleux sans oeufs.
(Pour la confiture, compter 200g de farine, 200g de confiture, 100g d’huile, 2 càc de levure, 2 oeufs ou 1/2 yaourt)
-Dans un granola à la place du miel (compter 100g de confiture/compote pour 500g de flocons)-Pour la compote : dans la pâte d’un crumble à la place du
beurre (compter, pour 250 g de farine, 50 g de compote et 50 g d’huile d’olive)
-Pour la confiture : des barres de céréales, des petits sablés..
Des légumineuses -Des bouleeeeeettes! (300g de légumineuses cuites, 80 g de son d’avoine ou de flocons mixés, herbes et épices au choix. On mélange, on forme
des boulettes que l’on enrobe avec un tout petit peu d’huile d’olive, et on les laisse au four à 180° environ 20 minutes. )
-Les grandes copines des boulettes : les galettes, tout aussi excellentes, et parfaites pour glisser dans des burgers de dernière minute!
-Une sauce. (Vous allez croire que je fais des sauces avec tous mes restes. Mais c’est vrai qu’avec les légumineuses, cela
fonctionne bien ! Exemple : 1/2 verre de pois chiche cuits mixés avec un peu d’eau, 1 càs de purée de sésame complet, 1 càs de sauce soja, sel et poivre. Parfait sur des pommes de terre ou une fondue de poireaux…
-Un crumble
-Un dessert
-Du houmous
-Une brouillade
La liste serait longue…
Une soupe Une sauce qui viendra lier un gratin, donner un goût agréable à de la polenta ou même à des crêpes salées.
Formidable récap ici
Des petits gâteaux secs (la fin du paquet, vous savez, ceux qui sont mietteux, un peu rabougris, voire molasses…) Émiettés sur un dessert, cela devient tout de suite chic. Ou encore écrasés au mortier, ils parfument une panna cotta ou une crème. Ils peuvent aussi être glissés dans un gâteau ou un cake pour le parfumer (50g de speculoos viendront donner un petit croquant à un gâteau classique par exemple.)Ou saupoudrés sur des fruits au four… Voire en base de gâteau aux fruits : trempés dans du lait et du cacao, alignés dans le fond d’un plat à gratin, ils font une base moelleuse à des tranches de pommes-ou de n’importe quel fruit. On peut manger cela cru, ou passer le tout au four 30 minutes à 160°.
Et les épluchures dans tout ça? Avec les épluchures de banane, des muffins, de kiwi, un
smoothie, avec le vert du poireau, des chips (cela fonctionne également avec les épluchures de pommes de terre). Avec les fanes de carottes ou radis, des soupes bien-sûr! Quoique, sur une pizza, cela fonctionne bien aussi…
Sinon, au compost… Mais la plupart des peaux n’ont pas à être épluchées ! C’est le cas de la butternut, des potimarrons et autres courges, des carottes, navets, panais… De même les fruits, avec la peau des kakis, pêches, pommes, poires, qui, bio et bien lavés, ne posent pas de souci.
Le pain La meilleure solution, j’en parlais plus haut, est de faire (ou de se procurer) du pain au levain. Si vraiment il reste des tranches innocentes (qui ne sont pas coupables), elles seront heureuse dans un gros faux-pudding : il faut compter le
même poids de purée de légume que le poids du pain. (300 g de purée de carotte par exemple, ou de coulis de tomate, + 300 g de pain en tranches). On mélange le tout, on assaisone, on saupoudre de fromage (ou de poudre d’amande), et on met l’ensemble au four
30 minutes à 200°. Les petits pains individuels se congèlent très bien, et font merveille pour les repas récup…
On peut aussi faire une panzanella, du pain perdu, ou une chapelure qui viendra servir pour paner du tempeh (ou pour dorer avec le gratin du reste de légumes susdit, CQFD.)

 

Une dernière chose… Partagez! Les restes, s’ils sont transportables, sont un formidable ciment social. Si l’on hésitait moins à mutualiser entre collègues, amis, voisins, les petits restes de cakes et les trop pleins de légumes avancés, sans rien attendre en retour, on y gagnerait à la fois en termes d’écologie et de partage humain.
(Si si, tu sais, c’est la petite voisine qui nous a filé son bout de quiche au tofu, un jour…)
Voilà! Pas de révélation, juste des petites astuces : si on les adopte, on arrive assez rapidement au zéro déchet, ou presque…
Et vous? Où en êtes-vous dans les déchets alimentaires?
Parvenez-vous à appliquer ce genre de petits conseils?
Je reviens avec une recette « chasse au gaspi » : n’hésitez pas à me demander si vous en voulez une (ou plusieurs) en particulier!

Ring Christmas Cél (2) : mangez vos cadeaux!

Bonjour les amis!
Vous êtes prêts pour la deuxième étape de cette promenade de Noël?
Alooooors…
 C’est parti les lutinous!3 idées, aujourd’hui!

                    L’autre jour, je suis allée dans une épicerie délicieuse, qui se trouve être également un salon de thé, et qui, en période de Noël, se transforme en ruche bourdonnante pleine d’acheteurs souriants et d’effluves de café fraîchement torréfié, de vanille et de chocolat.

Le cadeau gourmand…

           Cela me fait toujours sourire de voir son succès. Plus que jamais, les gens s’offrent des chocolats rares, des biscuits à la cannelle, des tuiles aux amandes et des thés qui font rêver. Non que cela me déplaise, en grande gourmande que j’ai toujours été, mais je trouve touchant et drôle que Noël soit l’occasion de faire des repas particulièrement délicieux ET de s’offrir mille douceurs qui se mangent en plus. J’entends par là qu’ouvrir une boîte de marrons glacés sous le sapin le jour même où mille délices mijotent dans la cuisine est comme un comble du désir gustatif, un voyage culinaire qui doit précéder Noël et qui se prolongera, après le climax gourmand du jour J, par la dégustation de toutes ces attentions qui se mangent.

 

 

I. Cuisine-toi toi-même :

le kit à riz au lait

 

               Parmi les cadeaux gourmands, il y a, de plus en plus si j’en crois les étals de cette épicerie ce jour-là ainsi que les paniers en osier pleins des souriants acheteurs-pères  et mères Noëls qui faisaient la queue, le cadeau en kit.
Plutôt qu’une boîte de chocolats,  ou un pain d’épices tout fait, le « do it yourself » a la côte : le kit « fabrique tes cookies en rajoutant un œuf », « fabrique ton pain d’épices en rajoutant du miel », « fabrique ton chocolat
chaud en trempant ce cube de chocolat dans ton lait chaud ».  Je portais sur ceux-ci un regard attendri,  tiraillée entre des sentiments contraires qui se disputaient sur mes deux épaules comme l’ange et le diable dans Le Sceptre d’Ottokar. D’un côté, sur l’épaule gauche, un petit ange, tenant une harpe et une chaussette en laine verte et rouge, chantonnait avec plaisir qu’un petit kit de gâteau à cuisiner est plus joli, plus poétique qu’un gâteau tout prêt à sortir d’un plastique ou même qu’une sucette rayée rouge et blanche. Oui, ce cadeau appelle au plaisir de cuisiner, il propose un moment, peut-être familial, convivial, et l’odeur du gâteau qui gonfle dans le four, ou du riz au lait qui bout tranquillement (ah, que j’aime cette odeur !), pour des personnes qui ne sont pas forcément coutumières du fait. D’un autre côté, sur l’épaule droite, j’avais le petit diable avec un bonnet de père Noël qui, une calculatrice dans la main, trouvait absolument honteux que ces petites choses coûtassent plus cher que les roues en or du traîneaux du Père Noël et le grelot du premier rêne réunis.

               C’est vrai, les kits à cookies, à chocolat, à riz au lait, à madeleines et j’en passe, c’est joli, mais, honnêtement… c’est tellement dommage d’en acheter, alors que réunir chez soi les ingrédients pour les confectionner est un point de départ de partage gourmand encore un peu plus grand!

Voilà pourquoi le kit à riz au lait, les amis, c’est totalement la tendance du moment. Un passeport pour un dessert régressif, gourmand, personnalisé et délicieux. Qui fera d’autant plus plaisir que le destinataire saura que vous l’avez adapté juste pour lui…

 

Pour un kit à riz au lait :

La base :
120 g de riz rond
40 g de sucre blond de canne
Le « Jean de Léry » :
1 petit verre de mangue séchée découpée en lamelles
2 cuillères à soupe de farine de coco
 1 cuillère à café de cannelle
Le « La jeune fille à la perle »:
2 cuillères à soupe de cramberries
2 cuillères à soupe de mulberries
1 cuillère à café de vanille
 Tout est permis :
Le « On dirait le sud » : raisins secs + fleurs d’oranger séchées,
« Pomme d’or » : graines d’anis + pommes séchées + cardamome,
« C’était à Mégara » : figues séchées + cacao,
« Le chercheur d’or » : caroube + bananes séchées,
« Marco polo » : mesquite + amour en cage séchées  …
            Après, il n’y aura au destinataire qu’à rajouter 1 litre de lait (de… ce qu’il veut!), et faire bouillir tranquillement!
 N’oubliez pas de mettre la notice au dos du sachet…

 




(Je me rends compte en écrivant ces lignes que je donne un DIY pour un DIY. Mise en abyme du « fais pas à pas ». Énorme! Non?…)
                   

 

 2. Infus et diffus

Deuxième étape du cadeau qui se mange : le cadeau qui se boit. (Trépidant et fou glissement d’idée.)

                 Oui, parce que, dans ce genre d’épiceries gourmandes, on achète bien souvent des thés en vrac ou en sachets, des petites tisanes dites « de Noël » que l’on finira avec le dernier rocher au chocolat de Pâques lorsque l’été arrivera en attendant Noël prochain avec impatience.
                Or… C’est, là encore, totalement personnalisable!
               La solution la plus courante consiste à acheter des feuilles de thé (rouge, vert ou noir, c’est la fête), et à leur associer des fleurs séchées, des écorces ou des fruits séchés, et des épices. Après, on met tout cela dans une jolie boîte, que l’on offre avec, et  c’est mille fois plus magique que n’importe quelle boîte toute prête emballée par la vendeuse que l’acheteur aura à peine touchée… (Même si c’est bien aussi, bien sûr, et je reste persuadée que les cadeaux thés/infusions sont un peu magiques!)
 Bon, mais il y a tout de même un niveau deux … la fabrication de sachets maison!

 

 

Mais pourquoi, me dites-vous, derrière votre écran, levant les yeux au ciel?…

*Parce que, mes elfiloulous, le sachet maison, c’est mignon. (Et ce pourrait être une raison suffisante.)
*Parce que certains ne sont pas coutumiers du thé ou de la tisane en vrac, ils n’ont pas de passoire ni même de vraie théière, ils sont réticents à procéder « à l’ancienne », ils préfèrent le sachet par commodité, et, bien que contents de votre jolie boîte de thé offerte, ils la laissent en déco sur la cheminée pendant qu’ils trempent leur sachet La Tisanière (tout chimique) dans leur tasse fumante. Avouez, c’est déconcertant. Donc, système D.
*Parce que, en faisant un sachet, vous pouvez y associer un petit mot façon « yogi tea », qui sera lu au moment de la dégustation, une pensée, une citation, un clin d’œil personnalisé qui fera sourire le buveur ou la buveuse, et qui vaut tous les cadeaux de Noël du monde.
Pour les sachets faits-maison :
-Des filtres à café
-Ficelle, agrafes, carton
-De quoi remplir les sachets : j’ai utilisé du thé rouge Rooibos en vrac et des fleurs de Néroli séchées.
(NB : pensez à prendre de la ficelle en lin, la plus naturelle possible, elle sera dans l’eau avec le reste…)


III. The candy (wo)man can

 

Dernier petit régal qui vient enjoliver les paquets sous le pied du sapin : les bonbons.
 

Pour Noël, c’est bien connu, il doit y avoir PLEIN de sucettes et compagnie, des caramels mous et durs, des petits nougats individuels, des gros sucres d’orge, et mille autre petites merveilles qui sont souvent des Add On sur les cadeaux ou à côté…
Pour tout vous avouer, je n’aime ni le caramel, ni les sucettes, ni même le nougat (n’allez pas non plus m’appeler schtroumpf grognon, je peux me régaler de légion d’autres choses, promis!).

MAIS…

J’aime le principe du bonbon. L’idée d’avoir une petite chose sucrée en dose unique (enfin théoriquement) que l’on déballe avec minutie et que l’on laisse fondre dans la bouche en savourant le goût sucré et la texture.
Donc, c’est une recette qui n’en est pas vraiment une, plutôt une petite idée gourmande que je vous propose ici!

Essayez, c’est tout simple, et ce sont les meilleurs bonbons du monde!

Trois ingrédients. C’est un trio gagnant dont je suis TO-TA-LE-MENT fan. Si jamais il vous reste de la pâte à bonbons, cela fonctionne plutôt pas mal étalé sur du pain grillé, ou entre deux cerneaux de noix, ou encore sur des rondelles de bananes.

Les bonbons de Noël maison:
(Pour 8-9 bonbons)
100g de dattes (poids net)*
40g de sésame
1 c. à s. d’eau de fleur d’oranger **

*J’ai utilisé des grosses dattes Medjool très moelleuses. Si vous utilisez des Deglet Noor ou de la pâte de dattes, il faudra les faire tremper une heure dans de l’eau chaude avant de faire le reste de la recette.

**Je ne lésine pas avec la fleur d’oranger. J’aime tellement, mais telllllllement cela que j’ai longtemps cherché la meilleure. Et mon choix est fait, la number one, c’est celle de la marque Cortas, que je fais venir en ligne ici. (Chacun ses priorités…) Dans tous les cas, utilisez de la fleur d’oranger très goûteuse, ou augmentez légèrement la dose. Goûtez et faites selon votre palais…

-Torréfiez à sec les graines de sésame.
-Mixez les dattes avec la moitié des graines de sésame, ajoutez l’eau de fleur d’oranger. Si l’ensemble se mixe mal, ajoutez un tout petit peu d’eau tiède. (Un tout petit peu, allez-y quasiment goutte par goutte, sinon les bonbons seront trop mous!)
-Sur le plan de travail, déposez une boule du mélange de la taille d’une noix. Avec les doigts un peu humides, façonnez-la en parallélépipède rectangle. (En carambar, pour les non matheux.)
-Roulez le bonbon dans le reste de sésame. Il deviendra un peu plus solide après passage au frais.

Les bonbons se conservent au frais une petite quinzaine de jours.
Vous pouvez les emballer individuellement, ou les dévorer tels quels…

 

 

 

Et vous, vous aimez les cadeaux gourmands?

J’espère que ces trois idées vous ont plu!

A bientôt?…