Le granola post partum.

J’avais entendu, enceinte : « il ne faudra pas t’étonner, souvent, à 15h, tu seras toujours en pyjama, tu n’auras pas pris de petit déjeuner, c’est normal, ce n’est pas grave », et cette assertion m’avait rassurée en même temps qu’elle m’avait fait très peur. J’ai découvert qu’en matière de maternité, et encore plus de maternité pendant ces fameux cent jours, il n’y a pas vraiment de règles. C’est à chacune de poser ses priorités là où elle le souhaite, selon notre bébé et selon nous-mêmes aussi, ce qui se fait naturellement. Au final, je n’ai jamais connu cette situation susdite, oh là là, non. (J’en ai connu d’autres, du genre  « repas sur pause à trois reprises », pas dîné à 22h », « lavage de cheveux au milieu de l’après-midi », ou «pas dîné du tout mais trois goûters dans la nuit ».) Mais chaque matin, je mets un point d’honneur à faire commencer la journée pour lui et pour moi.

Je m’habille avant tout, je me maquille un peu (j’ai une nouvelle routine maquillage ultra simple et naturelle, vous la voulez?), j’ai mis en place des habitudes express de préparation. Je ne m’en sens pas belle comme Vénus sortant des eaux, mais à peu près sortable, ce qui est un honorable point de départ.

Ensuite, je prépare le petit déjeuner, le sien d’abord, parce qu’il passe avant. (C’est une créature très petite qui fait plus de bruit que moi quand elle a faim, c’est scientifiquement amusant.) Généralement, il y a des ratés, hein, parce qu’une maman de moins de cent jours a une endurance à la fatigue un peu mise à l’épreuve. Il y a les grands moments de solitude, comme la bouilloire que je mets souvent en marche tranquillement au lieu de verser l’eau dans un biberon (comme si j’allais lui préparer une camomille), comme l’ensemble des biberons à laver parce que papa a donné le dernier (mais comme il a fait la nuit chut on passe) et la vaisselle à faire en urgence, comme le biberon que l’on secoue pour mélanger en oubliant de mettre le couvercle, ou en le vissant de travers (on s’en met plein les mains, plein par terre, c’est tellement rigolo), tout cela pendant que l’affamé passe la vitesse de cri supérieure. Après, il y a le level up, le biberon à donner, les pauses à suivre ou imposer (c’est tout un art), les rots à faire faire, les couches, les vêtements à changer parce qu’il a bavouillé dessus (ou pire), le délai avant d’incliner l’ensemble de son corps parce que sinon le contenu du biberon ressort à peu près en entier et on a fait tout ça pour rien, le dialogue avec des mots amusants, des sourires et de l’amour éperdu dedans. Alors, alors seulement, je peux éventuellement penser à prendre un petit déjeuner moi aussi, parce que j’ai faim, tiens. (ON NE S’OUBLIE PAS BON SANG) Et là, il faut que ça aille vite, parce qu’il ne va pas supporter d’être posé longtemps (en plus), et il faut que ce soit bon, et à peu près sain, tant qu’à faire.

Un bon granola à la banane (ne jetez pas vos vieilles bananes) (la banane présidente), que j’adore mélanger à du yaourt, et/ou une compote, et un thé, parce que boire à nouveau du thé c’est la vie, et je me sens juste un peu «maman qui déchire », l’espace d’une cuillère.

Granola à la banane, noisettes et graines de lin

200 g de flocons d’avoine

2 càs d’huile de coco

3 càs de sirop d’érable

2 bananes écrasées

50 g de noisettes

50 g de graines de lin

Une pincée de sel

Dans un saladier, mélangez la banane, l’huile de coco ramollie et le sirop d’érable. Mixez les noisettes et les graines de lin, pas trop finement. Ajoutez au mélange à base de banane, puis mélangez avec les flocons et le sel. Étalez l’ensemble sur une plaque avec du papier cuisson. Enfournez à 160° pendant 35 minutes : l’ensemble doit commencer à brunir mais pas noircir. Sortez la plaque, attendez le refroidissement complet, puis cassez en morceaux de la taille que vous voulez. L’ensemble se conserve dans un grand bocal au moins une semaine.

L’automne, et ce que nous ne voyons pas.

 

//Images et Musique : Céline // N’oubliez pas de cliquer sur la petite roue crantée pour mettre en HD, c’est plus joli…//


J’aime tellement cette saison. J’aime le repli qu’elle suggère, avec toute la tendresse de ses couleurs et ses refroidissements. J’écris dans le silence face au poêle, le soleil entre par la baie vitrée, murmurant sa générosité déclinante. C’est fort de voir s’installer l’automne, je veux dire, s’installer vraiment – je ne parle pas des timides derniers jours de septembre où l’on sort par principe les imperméables, les chaussettes et les tartes aux pommes. Non, le vrai novembre, les jours de froid qui font gratter le givre le matin et chercher les gants, la chaleur de ses bras pour toujours, le sommeil qui s’installe et les aubes de lumière alanguie, et les promenades qu’il faut faire pas trop tard au risque d’être enveloppés par le noir. J’ai retrouvé mon manteau, mon gros, celui avec le polaire dedans et la grande capuche ; je me maquille moins, j’ai envie de simplicité et de nature. Je souris en pensant au prochain automne, celui où nous serons trois. Et pour l’instant, parce que c’est bien la toute première communication que j’expérimente, je caresse du bout des doigts mes rêves vagues en même temps que mon arrondi, j’apprivoise du dedans tes incessants mouvements d’apprenti danseur, ceux qui restent de délicieux et éphémères soubresauts quand tu dois avoir la certitude de déplacer des montagnes. Tout ce que nous ne voyons pas et qui est immense.


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Gaufres au potimarron 

C’est une recette sans oeufs, qui donne des gaufrinettes toutes teintées d’automne. La pâte n’est pas liquide, elle s’inspire plutôt de la pâte des gaufres liégeoises (celles avec les gros grains de sucre dedans) (sauf que je n’ai pas mis de grains de sucre, mais on peut totalement, ça reste dans le thème). L’avantage de la pâte non-liquide, c’est que ça ne coule pas partout, ce qui constitue un bon argument pour en faire tout le temps. Et le rendu ressemble à des gaufres qui sont assez fermes, comme des petits biscuits, et qui ne ramollissent pas.

(Pour 12-15 gaufres)

350g de farine d’avoine

220g de purée de potimarron (environ 1/2 potimarron moyen)

100g de lait d’amande

40g d’huile de coco

1 sachet de levure à pain sèche

1 grosse càs de sucre*

*Notes sur les ingrédients :

-On peut remplacer la farine d’avoine par ce qu’on veut. Avec une farine sans gluten, les gaufres seront très très croustillantes et un peu plus délicates à manier, mais c’est possible.

-Volontairement, la recette est très peu sucrée. J’ai préféré faire ainsi pour pouvoir les tartiner de confiture, ou de miel, ou de sirop d’érable (on la perd, on la perd.) Pour les becs sucrés, ou pour des gaufres qui se suffiraient à elles seules, on peut mettre 5 càs de sucre en poudre, ou en gros grains.)

Mélangez dans un saladier la farine, la levure, le sucre. Ajoutez la purée de potimarron, puis l’huile de coco molle, et le lait : mélangez pour obtenir une pâte consistante, comme une pâte à pizza. La consistance variera en fonction de votre purée plus ou moins aqueuse, ce n’est pas grave : si la pâte ne forme pas assez une boule et est trop collante, farinez la, et si, à l’inverse, elle ne s’amalgame pas suffisamment, n’hésitez pas à ajouter un peu de lait. Laissez reposer la boule sous un torchon au moins 1h30.

Formez entre 12 et 15 petites boules, et laissez-les reposer environ 15 minutes, le temps de faire chauffer le gaufrier. Mettez une boule de pâte au centre des rectangles préformés dans votre moule, et fermez en appuyant bien. Laissez cuire quelques minutes. Lorsque les gaufres sont dorées, sortez-les délicatement. Elles se gardent quelques jours, adorent les passages au grille-pain, et se congèlent comme des anges.

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Soyez très heureux.