L’automne, et ce que nous ne voyons pas.

 

//Images et Musique : Céline // N’oubliez pas de cliquer sur la petite roue crantée pour mettre en HD, c’est plus joli…//


J’aime tellement cette saison. J’aime le repli qu’elle suggère, avec toute la tendresse de ses couleurs et ses refroidissements. J’écris dans le silence face au poêle, le soleil entre par la baie vitrée, murmurant sa générosité déclinante. C’est fort de voir s’installer l’automne, je veux dire, s’installer vraiment – je ne parle pas des timides derniers jours de septembre où l’on sort par principe les imperméables, les chaussettes et les tartes aux pommes. Non, le vrai novembre, les jours de froid qui font gratter le givre le matin et chercher les gants, la chaleur de ses bras pour toujours, le sommeil qui s’installe et les aubes de lumière alanguie, et les promenades qu’il faut faire pas trop tard au risque d’être enveloppés par le noir. J’ai retrouvé mon manteau, mon gros, celui avec le polaire dedans et la grande capuche ; je me maquille moins, j’ai envie de simplicité et de nature. Je souris en pensant au prochain automne, celui où nous serons trois. Et pour l’instant, parce que c’est bien la toute première communication que j’expérimente, je caresse du bout des doigts mes rêves vagues en même temps que mon arrondi, j’apprivoise du dedans tes incessants mouvements d’apprenti danseur, ceux qui restent de délicieux et éphémères soubresauts quand tu dois avoir la certitude de déplacer des montagnes. Tout ce que nous ne voyons pas et qui est immense.


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Gaufres au potimarron 

C’est une recette sans oeufs, qui donne des gaufrinettes toutes teintées d’automne. La pâte n’est pas liquide, elle s’inspire plutôt de la pâte des gaufres liégeoises (celles avec les gros grains de sucre dedans) (sauf que je n’ai pas mis de grains de sucre, mais on peut totalement, ça reste dans le thème). L’avantage de la pâte non-liquide, c’est que ça ne coule pas partout, ce qui constitue un bon argument pour en faire tout le temps. Et le rendu ressemble à des gaufres qui sont assez fermes, comme des petits biscuits, et qui ne ramollissent pas.

(Pour 12-15 gaufres)

350g de farine d’avoine

220g de purée de potimarron (environ 1/2 potimarron moyen)

100g de lait d’amande

40g d’huile de coco

1 sachet de levure à pain sèche

1 grosse càs de sucre*

*Notes sur les ingrédients :

-On peut remplacer la farine d’avoine par ce qu’on veut. Avec une farine sans gluten, les gaufres seront très très croustillantes et un peu plus délicates à manier, mais c’est possible.

-Volontairement, la recette est très peu sucrée. J’ai préféré faire ainsi pour pouvoir les tartiner de confiture, ou de miel, ou de sirop d’érable (on la perd, on la perd.) Pour les becs sucrés, ou pour des gaufres qui se suffiraient à elles seules, on peut mettre 5 càs de sucre en poudre, ou en gros grains.)

Mélangez dans un saladier la farine, la levure, le sucre. Ajoutez la purée de potimarron, puis l’huile de coco molle, et le lait : mélangez pour obtenir une pâte consistante, comme une pâte à pizza. La consistance variera en fonction de votre purée plus ou moins aqueuse, ce n’est pas grave : si la pâte ne forme pas assez une boule et est trop collante, farinez la, et si, à l’inverse, elle ne s’amalgame pas suffisamment, n’hésitez pas à ajouter un peu de lait. Laissez reposer la boule sous un torchon au moins 1h30.

Formez entre 12 et 15 petites boules, et laissez-les reposer environ 15 minutes, le temps de faire chauffer le gaufrier. Mettez une boule de pâte au centre des rectangles préformés dans votre moule, et fermez en appuyant bien. Laissez cuire quelques minutes. Lorsque les gaufres sont dorées, sortez-les délicatement. Elles se gardent quelques jours, adorent les passages au grille-pain, et se congèlent comme des anges.

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Soyez très heureux.


 

Des stoïciens, et des scones figues et sarrasin.

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Il y a eu ça, puis ça, puis ça, et je ne savais plus trop si j’avais envie de rire ou de me prendre la tête entre les mains. Alors, je pensais à “ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous”, à cette différence qui ne s’impose pas toujours comme une évidence. En règle générale, lorsque je me mets à citer vaguement les stoïciens dans ma tête, ce n’est jamais bon signe.

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Discerner ce sur quoi nous avons prise et ce qui nous échappe est une tâche infiniment plus complexe qu’il n’y paraît. Lorsqu’on est en terminale, et qu’un vieux prof pas très beau nous explique tout ça (parce que les profs de philo sont rarement jeunes et rarement des sex symbols, vous l’aurez remarqué) (gros bisou si vous êtes prof de philo), on ingère l’information comme une évidence. Un retard de train, cela ne dépend pas de moi, lâcher-prise. Désirer quelque chose que je ne peux obtenir, cela dépend de moi, il me faudra donc travailler sur ce désir (et renoncer à m’offrir l’édition limitée des pin’s La belle et la bête, parce que résolument non, ce ne sera pas raisonnable). Sauf que parfois, distinguer tout ce qui, de l’extérieur et de l’intérieur, dépend ou ne dépend pas de nous est plus délicat que lorsque nous avions 18 ans. Et puis je crois que nous vivons dans un monde où l’on voudrait nous faire croire que nous sommes responsables d’à peu près tout ; et de responsable à coupable, il n’y a pas des masses de kilomètres.

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C’est beau de se dire qu’aller bien ne tient qu’à nous, qu’il est facile de garder le sourire et le contrôle, et que si quelque chose quelque part dans notre vie ne tourne pas comme on le voudrait (ou comme les autres le voudraient!), c’est sans doute, d’une manière ou d’une autre, de notre fait. C’est beau, mais ce n’est pas toujours facile, et parfois, c’est même discutable.

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Alors on s’en veut, et on se fait des noeuds au cerveau pour savoir si cette auto-rancune dépend de nous ou n’en dépend pas, si par leur nature même nos émotions sont indépendantes de notre volonté, si notre perception du monde peut être modifiée, si Epictète serait vraiment fier de voir tout ce bazar, et aussi s’il reste un peu de vin rouge quelque part parce qu’au final, on ne sait plus grand chose.

sconesfigues4sconesfigues5Ainsi, je vous conseille vraiment d’aborder chaque événement et chaque contrariété en vous demandant si cela dépend de vous, ou non. Vous réfléchissez bien, vous pesez chaque détail. Et après, vous oubliez tout, et vous faites des scones pour clore le débat, ce qui constitue une saine conclusion.



Scones au sarrasin et aux figues

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J’adore les scones découpés en forme de parts, et les scones fourrés de cette manière encore davantage. J’ai ma petite recette fétiche qui tourne vraiment pas mal et qui est très simple à réaliser, j’avais promis de vous la donner. J’ai improvisé cette version d’automne avec des figues (et de la farine de sarrasin, qui a la bonne idée de s’entendre merveilleusement avec les figues). Toutefois, vous pouvez sans souci twister le tout avec d’autres confitures et d’autres fruits. (Confiture de fraise/prunes dénoyautées, ou confiture d’abricot/lamelles de pommes = suggestions innocentes).

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Je ne m’embête pas à faire de compote, je mets simplement entre mes disques de pâte à scone un fond de confiture (peu sucrée – ou sucrée!), et des fruits frais crus, qui imbiberont légèrement le fond et viendront s’épanouir dans la confiture en débordant un peu sur les côtés (comble du stupre). J’ai utilisé une confiture de figues au sucre de pomme, elle vient d’Italie, je ne sais pas si on la trouve en France (ça fait tellement chic une phrase comme celle-là). Je suis certaine qu’il en existe dans les magasins bio.

Pour une version un peu plus gourmande et plus jolie, j’ai saupoudré le tout de sucre glace, mais on peut s’en passer. (Notons toutefois que c’est bel et bon).

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  • 140g de farine de sarrasin
  • 150g de farine intégrale (T150)
  • 1càs rase de sucre de coco
  • 2 càc de levure
  • 1/2 càc de sel
  • 110g d’huile de coco molle (j’ai mis la mienne au frais, et je l’ai sortie quelques heures avant de cuisiner. C’est important, il ne faut pas qu’elle soit trop liquide, mais qu’elle ait une consistance de beurre mou.)
  • 1 oeuf (ou un oeuf de lin)
  • 140 ml de lait végétal
  • 3 cas de confiture de figues, et 6 figues fraiches

Mélangez les farines, le sucre, la levure, le sel. Dans un autre saladier, mélangez l’huile de coco, l’oeuf, et le lait. Versez le mélange humide sur le mélange liquide. Mélangez à la cuillère en bois puis à la main. Si la pâte est très collante, farinez-vous les mains, mais il faut faire attention à ne pas trop rajouter de farine, il est normal que la pâte reste humide. Ce n’est pas grave si le mélange n’est pas parfaitement homogène.

Séparez la pâte en deux boules de même taille, et abaissez-les (sur deux feuilles de papier cuisson) en deux disques d’environ 20 cm de diamètre. Sur le premier disque, étalez la confiture, et disposez les fruits crus. Refermez avec le deuxième disque délicatement, en soudant doucement les bords. Mettez le tout au frais au moins 20 minutes.

Faites préchauffer le four à 180°. Saupoudrez généreusement le scone géant de sucre glace. Découpez-le en 8 parts. Détachez les parts et déposez-les délicatement sur une plaque revêtue de papier cuisson (généralement, je reprends le même papier que celui utilisé pour le disque-couvercle). Enfournez pour 25 minutes.

Avant que les scones ne soient totalement refroidis, décollez-les doucement à l’aide d’une spatule et déposez-les sur une grille.

Ces scones sont absolument (mais comme dans vraiment vraiment vraiment) divins encore tièdes. Ils sont délicieux froids également. Ils se congèlent sans problème!

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