La vie maintenant (et un repas bébé et grands)

 

Se poser des questions, y répondre, ou pas, ou pas toujours, rire, chahuter, tomber, se relever, dire que ce n’est pas grave, dire que c’est grave, faire des bisous, savoir pleurer, ne pas dormir, s’énerver, se calmer, oublier des choses, faire des erreurs, être fous, se dire combien on s’aime, prévoir, annuler, manger des gâteaux, lire des livres, faire l’oiseau, cuicuicui, chercher le sens, celui de la vie, trouver ou ne pas trouver, chercher à se dire que ce n’est pas parce que c’est intense que c’est bien, ne pas courir, ne pas faire trop, avoir le temps, prendre le temps, ne pas remplir les journées, ne pas oublier, marcher, garder des blancs, acheter peu mais bien, voir peu d’amis mais bien, se coucher un peu tard, traîner, regarder les étoiles, écouter les grillons, mon son préféré, écouter du piano, tout se dire, être si semblables, si unis, si fusionnels, toujours, se nourrir, approfondir, refaire le monde, se répondre, se construire, construire, tout balancer et s’embrasser. 

 

Repas spécial 1 an (et des poussières)

J’adore préparer le même repas pour les grands et pour les petits, même quand nous avons des invités. Je vous livre un exemple de repas de saison qui peut très bien fonctionner pour les uns et pour les autres.


Focaccia nature

Incontournable, tellement simple, qui fait son petit effet, et qui contente tout le monde.

  • 250 g de farine (T65, ou T80, ou un mélange)
  • 20 cl d’eau tiède
  • 1 càc de sel
  • 2 càs d’huile d’olive vierge extra
  • 6g de levure fraiche de boulanger (ou 1/2 sachet de sèche)

Mélanger la levure avec un peu d’eau avant de l’incorporer à la farine. Ajouter le sel, l’huile, et le reste d’eau progressivement. On obtient une pâte un peu collante mais elle doit former une boule quand même. Couvrir d’un peu d’huile d’olive avec un pinceau, puis laisser reposer 1h30.

Abaisser avec le plat de la main sur une plaque recouverte de papier cuisson. Appuyer avec le bout des doigts pour former de petits trous. Laisser encore reposer 30 minutes.

Badigeonner d’une à 2 cuillères à soupe d’huile d’olive, et enfourner 20 minutes à 230 °C.

Tzatziki

Le gros coup de foudre de Camille, qui passe aussi tellement bien chez les grands.

  • 3 yaourts au lait de brebis
  • 1 petit concombre
  • 5-6 feuilles de menthe

Râper le concombre à l’aide une râpe à gros trous au dessus d’un chinois dans un grand bol, laisser reposer 45 minutes pour qu’il rende son eau. On peut presser le concombre à la fin pour qu’il ait vraiment le moins d’eau possible. Mélanger le concombre avec les yaourts et la menthe dans un saladier, saler légèrement. Le tzatziki se garde au frais 3 jours.

Velouté carotte-orange

  • 1 botte de carottes nouvelles (ou 600g de carottes)
  • 1 orange
  • 5 feuilles de basilic

Faire cuire les carottes à l’étouffée, et réserver. Presser l’orange et prélever son zeste si elle est bio. Mixer l’ensemble, ajouter de l’eau jusqu’à obtenir l’épaisseur désirée, et saler à la fin.

Je sers ce velouté froid dans des verrines, les invités sont toujours conquis, et ça fonctionne très bien chez Camille. Je lui donne souvent avant d’ajouter l’eau, à un état encore épais de purée.

Gâteau moelleux rhubarbe-fraise

(C’est un gâteau tout simple, très sain et non sucré, on trouvera simplement les dattes et la fleur d’oranger pour adoucir son goût. Camille en raffole, et moi aussi. Pour des adultes qui auraient un besoin plus fort de sucre, on peu très bien le proposer nappé d’une cuillère de miel, ou de sirop d’érable… Je l’avais servi avec une petite salade de fraises et un bon thé vert.)

  • 150 g de farine (de petit épeautre ici)
  • 1 càc de levure
  • 1 yaourt 
  • 2 oeufs 
  • 5 grosses dattes moelleuses (ou 7-8 petites mises à tremper quelques heures), coupées en petits morceaux.
  • 2 cas d’eau de fleur d’oranger
  • 2 cas d’huile d’olive
  • 4 bâtons de rhubarbe découpés en gros morceaux et quelques fraises

⁄On peut tout à fait imaginer une version végane en remplaçant les oeufs par 2 bananes écrasées, et en optant pour un yaourt au lait de soja./

Préchauffer le four à 180°C.

Mélanger les ingrédients dans l’ordre. Disposer la pâte dans un petit moule à gâteau (ou un moule à tarte), et déposer les fruits sur le dessus, en appuyant légèrement.

Enfourner 30 à 40 minutes.

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Des panini rustiques et des noces de.

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J’ai toujours trouvé que la tradition des anniversaires de mariage liés à une matière était délicieuse. Vous savez, les noces de cuivre, d’étain et de perle, cette petite liste un peu désuète qui reste pourtant bien présente dans les esprits. Sans nécessairement que cela donne lieu à un cadeau idoine palpable (et par «palpable», j’entends cadeau à déballer, pas corporel, bande d’esprits mal tournés). Autrement dit, des noces de coton aux noces d’or, de cristal et de diamant, je me suis toujours dit que l’idée était diablement bonne et que l’on devrait certainement l’appliquer à toute sorte d’anniversaire qui se présente à nous dans la vie.

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Avec mon convoleur en justes noces, nous adorons nous concocter des cadeaux symboliques. Au temps où nous n’avions que du pain et de l’eau, nous trouvions le moyen de nous offrir des cadeaux à thèmes, liés à une couleur, une citation, une perspective : bref, avec un fil rouge, un sens profond. Ne vous méprenez pas, nous ne sommes pas le couple idéal pub-Ricoré/Marshall-and-Lily (quoique) et il nous est également arrivé de nous offrir des trucs sans logique ni cohérence, des cadeaux parfois curieusement choisis (l’urgence mène à tout) et pour autant, nous étions pour ceux-ci tout aussi ravis que pour les premiers. Ustensile  pour couper les bananes en rondelles, et petit savon qui sent bizarre avec une feuille dedans, je pense à vous, qui dormez en paix. Toujours est-il que le cadeau est une grande affaire de symboles dans nos esprits. ⌈Je ne vous dirai pas s’il nous est arrivé de nous offrir des cadeaux corporels, n’essayez pas.⌋

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Cet été, nous avons donc fêté nos noces de froment. Inutile de le préciser : je ne savais pas du tout ce que mon tendre et cher imaginerait, mais je me doutais qu’un tel thème ne le laisserait pas indifférent, et qu’il serait tout illuminé à la fois par sa propre gourmandise et par la mienne. C’est ainsi, lors des trop rares fois où les « noces de » seront liées, même de loin, à quelque chose qui se mange, aucune panne d’inspiration ne nous guette. (Mais j’ai tout de même hâte des noces d’or.) (Tel que je le connais, il est capable de trouver la tablette de Willy Wonka avec un ticket d’or à l’intérieur.) (Ceux qui ont donc définitivement assimilé notre image à celle de Marshall and Lily ne sont donc pas totalement dans le faux, allez.)

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Bref, nous nous sommes offerts de très jolis présents ce jour-là, qui avaient beaucoup de sens. Parmi eux, il y avait un tout petit livre de recettes, comme un clin d’oeil. Il s’agissait d’un livre italien sur le altre farine, les farines alternatives. Ce petit livre de recettes prend le pari de donner des bases simples pour toutes les recettes que l’on ne PEUT PAS EVITER SI L’ON EST ITALIEN, êtes-vous fou, à savoir : les pâtes, les grissini, les foccacie, les pâtes, la pizza, les pâtes, les bruschette, les torte, les pâtes, les gnocchi, et enfin ah oui les pâtes. (Classées par forme, évidemment.) J’adore ces cadeaux qui sont le fruit d’une longue recherche, qui sont parfaitement bien vus et tendres, et qui valent tous les bouquets de fleurs du monde entier. (En tout cas je préfère.)

Toutes les recettes utilisent des farines « diversi dal frumento », autres que celle de blé. Certaines sont sans gluten, certaines véganes, et toutes ont l’air délicieuses.

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Les recettes de petits pains (panini – en italien, le suffixe -ino/ -ini signifie « petit »!) me faisaient de l’oeil, surtout avec cet automne qui arrive d’un seul coup et convoque avec lui les envies de soupes réconfortantes (accompagnées de panini, donc, vous suivez).

Je vous en donne une version légèrement modifiée, qui est délicieuse, et que vous pourrez même adapter à vos placards. C’est vraiment très simple à réaliser, et drôlement bon avec une soupe (ici c’est un velouté de panais-basilic).

Panini rustiques (sans gluten – vgl)

D’après une recette de Tutto sulle altre farine

130 g de farine de riz

120 g de sarrasin (ou de farine de riz supplémentaire)

50 g de farine de maïs

1,5 càc de sel

1 sachet de levure sans gluten

200 ml d’eau

Dans un saladier, assembler tous les ingrédients secs, mélanger. Ajouter l’eau et former une pâte qui a une consistance de pâte à modeler. Former 5 boules, et les déposer sur une plaque habillée de papier cuisson, en les aplatissant légèrement. Tracer des petits sillons au couteau, et laisser reposer au moins une heure.

Enfourner à 180°C, pour 20 minutes. Laisser refroidir sur une grille.

Les panini se conservent très bien, et peuvent se couper en deux pour supporter une tartinade, à condition d’être précautionneux, parce qu’ils peuvent se casser. (Mais c’est faisable!) J’ai fait des petites boules, mais on peut également leur donner une forme de petites baguettes.

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