Salade de millet aux légumes de printemps (parce que le petit pois est photogénique)

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Parmi toutes les choses que j’aime faire dans la vie, figure en bonne place (environ à mi-chemin entre regarder un vieux film avec ma tasse wall-E, et faire tenir une cuillère sur mon nez) (c’est tellement drôle) la consultation de blogs de cuisine. Souvent, cela surprend autour de moi, parce que je suis loin d’être une papesse affichée du croquant-gourmand. Au contraire même, je ne suis pas très fun à recevoir, parce que je ne mange pas de saucisson, ni de moutarde, ni même de Monster Munchs, rendez-vous compte. Et, si, à une époque, j’ai pu passer des heures à expérimenter des recettes comme une Marie Curie en plein travail sur le polonium, j’ai depuis cette année confirmé ma préférence pour une vraie simplicité du repas quotidien. C’est là une affirmation toute relative, j’en conviens, parce que nous avons chacun notre conception de la simplicité. Disons que revenir à mes propres bases est mon équilibre actuel au milieu d’un sujet dans lequel nous sommes rares à être parfaitement sereines et équilibrées. Bref.

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Pour autant, regarder des blogs et des livres de cuisine a toujours un effet apaisant sur moi. Je trouve ça vraiment beau (et tellement cool) de faire quelque chose d’artistique en partant d’une affaire si prosaïque qu’est l’ingestion alimentaire. Je regarde toujours ces pages avec une vraie distance amusée et fascinée, et je me demande si l’Homme pourrait également faire naître un jour des photos, des articles, des blogs, sur d’autres besoins physiologiques quotidiens. Le sommeil par exemple – un blog sur les mille façons de dormir est un concept auquel je tiens beaucoup, et j’ai totalement confiance en son apogée un jour.
Ce qui m’intéresse d’autant plus est de voir la vraie variatio qui s’est installée dans ce milieu. Les blogs se sont développés au fil des personnalités par milliers qui ajoutaient leur grain (de sel) sur la toile, et selon les besoins des uns et des autres, totalement différents. Besoin de cuisine utile, besoin d’histoire qui va autour, besoin de retrouver un univers, besoin de conseils pratiques quotidiens, besoin d’art visuel… Comme tout bien culturel, ils se sont diversifiés. Je parle là pour ceux qui ne les connaissent pas trop : en vrai c’est tout un monde sous l’océan avec des calèches de plancton et des palais ciselés dans du corail. (Celui qui dit que je regarde trop La Petite Sirène a gagné.) Je pourrais vous parler de mes préférés, si vous voulez.

En attendant, j’ai vu un peu partout fleurir des assiettes avec des légumes de printemps. Je me suis alors souvenue que nous étions en juin, et qu’il y avait là un bon prétexte à photographier vite les plus beaux légumes du monde, j’ai nommé les petits pois. (Vous me feriez manger n’importe quoi pourvu qu’il y ait négligemment posé sur le côté des tas de cosses de petits pois frais offrant leur vert tendre au spectateur) (sauf du saucisson, ça vraiment, non, même.)
Il y a du millet, parce que c’est mon addiction du moment, le millet, c’est sans gluten, c’est rassasiant, c’est vitaminé, c’est délicieux, c’est merveilleux, le millet, votez pour le millet. Et puis du citron et de la menthe, parce que le petit pois aime ça.Millet-légumes-de-printemps-2 (Sinon, je porte un gilet, parce que j’ai fait cette série de photos avant que le ciel ne se décide à tomber dans ce soudain état de grâce. Je me dis que le verdoyant de l’image rattrape l’atmosphère « saison printemps-été 2016 » du visuel.)


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Salade de millet tiède, petit pois, asperges, courgettes crues, citron et menthe.

(Pour deux personnes)

160g de millet
Deux poignées de petits pois frais
Une dizaine d’asperges
Une courgette
Un citron, quelques feuilles de menthe.

Nettoyer, puis plonger les asperges 15 minutes dans l’eau frémissante. Pendant ce temps là, écosser les petits pois. Faire cuire le millet 15 minutes dans l’eau bouillante, puis égrainer à l’aide d’une fourchette, et laisser tiédir. Faire cuire les petits pois 8 minutes dans l’eau bouillante. (Ils doivent rester très croquants). A l’aide d’un économe, tailler la courgette en tagliatelles qui resteront crues. Assembler l’ensemble ainsi que le zeste du citron. Ajouter une à deux feuille(s) de menthe ciselée(s).
Pour servir, mélanger 3 càs d’huile d’olive (ou autre) avec 1 càs de jus du citron et 1 càc de sirop d’érable.

On peut déguster l’ensemble encore tiède, ou très frais.
(Nota benêt : c’est une salade qui s’emporte parfaitement et fonctionne très bien pour les déjeuners sur l’herbe.)

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Panzanella de janvier

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Et voilà, l’Italie m’est encore tombée dessus. Comme ça, boum. Il faut croire qu’en ce moment, dès que j’ai envie de cuisiner quelque chose d’un peu plus approfondi (entendez : un truc moins simple que le velouté potimarron+céleri〈+coquillettes〉 du soir qui est si bon qu’on le fait un jour sur deux) (True story), je suis spontanément attirée par une recette qui fleure un peu la méditerranée. La botte, là-bas, qui m’appelle, sans que je sois du tout experte de sa terre, l’Eden si lié aux vacances dans mon âme, le Paradisos de nos premières excursions d’amoureux. Bref, si je ne réfléchis pas, on mange des nouilles, et si je réfléchis, on mange une Panzanella – vous me direz, bravo la France, c’est Italiano alla casa quoi qu’il arrive. Pour peu qu’on finisse tout ça avec une Panacotta et des Baci di dama, et c’est grando festival. Un jour je transformerai mon blog en blog de plats italiens. On se demandera quelle forme de pasta va avec quelle sauce. Ça s’appellera Da Célina et il y aura des vidéos youtube de moi dedans qui parle avec les mains.
Panzanella1 Panzanella2 Panzanella3 Ce qu’il y a de bien avec la Panzanella, c’est qu’elle est fondamentalement italienne, dans le sens où elle est adaptable et ne requiert que des ingrédients de tous les jours. Ancestrale, elle est naturellement tournée vers l’essentiel, les légumes de la terre et le pain – et ceux qui veulent peuvent même prendre du pain sans gluten, elle ne vous en voudra pas. Elle se prépare en un tournemain et est inratable.

Chaque pays a sa recette à base de pain, en France on parle pas mal de pain perdu, même si j’ai le sentiment que nous sommes beaucoup à ne pas en manger si souvent que cela (je mange plus souvent des crêpes que du pain perdu, pas vous?). La version italienne de plat-recyclage-de-pain a un charme bien supérieur à mes yeux. Le principe de la Panzanella est normalement de mélanger des morceaux de pain (dur et/ou grillé) avec des bonnes tomates juteuses de fin d’été, de l’huile d’olive bien goûteuse, et pourquoi pas quelques feuilles de basilic. Du sel en gros grain, du poivre, on mélange, tout s’imbibe, c’est divin, c’est le paradis, c’est tout le soleil de l’Italie dans les papilles,  c’est mon royaume pour des tomates, les jupes des italiennes, le soleil qui tape et le linge étendu aux fenêtres, arrêtez-la on est en train de la perdre.

Eh bien, révélation ou non : la Panzanella est si docile qu’elle s’adapte pas mal à l’hiver. Quelques légumes rôtis, de l’huile (d’olive, certo che si), quelques amandes et un brin de roquette, et dai. Basta cosi, j’ai envie de vous dire.

Panzanella8J’adore les couleurs de ce plat : qui a dit que les assiettes d’hiver étaient tristes? (J’avais donc l’embarras du choix pour m’habiller de façon assortie. Je suis en … rose, à peu près la seule couleur qui jure avec le plat. Règle pour plus tard : faire un choix vestimentaire un peu réfléchi, merci bonsoir.)

Ce qui est parfait, c’est qu’on peut le manger chaud, tiède, et même froid. C’est excellent tout juste fait, le pain encore croustillant, et parfait aussi quelques heures après (jusqu’au lendemain même), le pain aura eu le temps de s’imbiber et les saveurs de se mêler. En bref, ça peut être une entrée qui en jette pour des invités ou un plat réconfortant et joli de tous les jours…(En plus, elle a un nom si chantant, que vous prononcerez en mettant à la fois le plat sur la table et l’accent sur le « e », ce qui vous garantira des admirations éternelles.)

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Pour deux personnes en plat, quatre en entrée.

Trois à quatre grosses tranches de pain, vieux (ou non!)

Légumes à rôtir : 3 navets, 4 carottes, 2 poireaux, 2 betteraves.

Une poignée de roquette (ou de mâche)

Une poignée d’amandes (torréfiées).

Coupez les légumes en gros dés, mettez-les sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Arrosez-les d’un filet d’huile d’olive, et laissez-les dorer au four environ 35 minutes à 180°. (La cuisson dépend de la taille de vos légumes. Ils ne doivent plus être durs, mais faites attention à ce qu’ils ne noircissent pas.) Sortez la plaque et salez-les. J’ai ajouté 1/2 cc de curcuma, mais c’est facultatif! Disposez-les dans un large plat.

Faites griller le pain : soit au grille pain, soit, si votre four est assez grand, en profitant des 15 dernières minutes de cuisson des légumes. Coupez les tranches en croutons. Ajoutez-les au mélange de légumes. Arrosez l’ensemble d’une à deux cuillère(s) à soupe d’huile d’olive, ajoutez la roquette, salez et poivrez l’ensemble à votre goût.

Dégustez, ou mettez la Panzanella au frais une fois refroidie : elle patientera jusqu’à 24 heures. Je vous avoue que j’ai une préférence pour la version tiède, hiver oblige, avec les croutons qui croquent encore un peu sous la dent, et les légumes fumants qui se mêlent à l’aigrelette roquette assouplie par la chaleur.

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