Petits palets sarrasin et cerises

En attendant le jour où je pourrai cuisiner avec mon petit garçon, j’applique la technique du spectacle. Parce que, oui, Camille adore me regarder cuisiner. Il adore les bruits, celui du blender l’endort un peu d’ailleurs, il regarde avec de grands yeux la cuillère dans le saladier, il me suit des yeux quand je vais de l’évier au four sans en perdre une miette. Il semble totalement fasciné si je façonne des falafels ou des biscuits, ou si j’épluche de la rhubarbe ou une banane. Et, évidemment, enfin, ce n’est peut-être pas si logique que je le pensais à priori comme lien de gradation mais voilà: il adore nous regarder manger. Parfois, la poussette est à table avec nous, et lui, il se tait et nous regarde alternativement, comme pour bien enregistrer l’évidence de mouvements qu’il fera bientôt à son tour. (Pour l’instant, c’est ma main qui le nourrit, c’est fou comme l’animal humain est dépendant, n’est-ce pas?) Je ne pense pas qu’il comprenne vraiment ce qu’on fait, mais c’est un observateur et un élève très assidu. Bref, j’ai recommencé à cuisiner avec beaucoup de plaisir, comme c’est souvent le cas pour toute activité après une période de jachère, et mon fils a la gentillesse de me laisser faire, en dodelinant. D’un seul geste, je comble donc mes deux hommes : la soif (de divertissement) de mon fils, et la faim (d’estomac) de son père, tout est parfait.

Récemment, j’ai bricolé de petits biscuits à la cerise : on cuit rarement la cerise autrement qu’en clafoutis, ce qui est plutôt dommage, parce que la cerise cuite est drôlement bonne, et que son petit goût de vin s’accorde parfaitement avec celui du sarrasin. Des biscuits très simples, donc, et délicieux avec le thé ou la compote du dessert, à faire avec ou sans spectateur!

Petits palets sarrasin et cerises

200g de farine de sarrasin

80g d’amandes mixées en poudre (ou de poudre d’amande)

1 ccc rase de bicarbonate de soude

4 grosses càs de sucre rapadura

100 ml de lait (d’avoine ici)

2 càs de compote de pommes

4 càs d’huile d’olive

Une grosse poignée de cerises (Environ 150g avec les noyaux)

 

Préchauffez le four à 180°C.

Mélangez la farine, la poudre d’amande, le bicarbonate et le sucre. Dans un autre saladier, mélangez le lait, la compote, et l’huile. Ajoutez le mélange liquide au mélange solide et intégrez-le progressivement. Dénoyautez les cerises en les coupant en deux et mettez-les sans les couper davantage dans la pâte. L’ensemble doit être bien amalgamé : tout dépend de votre compote, si vous voyez que l’ensemble est trop farineux, ajoutez un peu d’eau.

Avec les mains un peu farinées, prélevez des morceaux de pâte de la taille d’une noix, formez des palets. La pâte est collante, c’est normal. (Pour aller plus vite, on peut aussi déposer des cuillères à soupe de pâte directement sur la plaque, les palets seront moins réguliers, mais très bons quand même!). Déposez-les sur une plaque habillée de papier cuisson. Enfournez 30 à 35 minutes. Laissez-les refroidir sur une grille.

Le granola post partum.

J’avais entendu, enceinte : « il ne faudra pas t’étonner, souvent, à 15h, tu seras toujours en pyjama, tu n’auras pas pris de petit déjeuner, c’est normal, ce n’est pas grave », et cette assertion m’avait rassurée en même temps qu’elle m’avait fait très peur. J’ai découvert qu’en matière de maternité, et encore plus de maternité pendant ces fameux cent jours, il n’y a pas vraiment de règles. C’est à chacune de poser ses priorités là où elle le souhaite, selon notre bébé et selon nous-mêmes aussi, ce qui se fait naturellement. Au final, je n’ai jamais connu cette situation susdite, oh là là, non. (J’en ai connu d’autres, du genre  « repas sur pause à trois reprises », pas dîné à 22h », « lavage de cheveux au milieu de l’après-midi », ou «pas dîné du tout mais trois goûters dans la nuit ».) Mais chaque matin, je mets un point d’honneur à faire commencer la journée pour lui et pour moi.

Je m’habille avant tout, je me maquille un peu (j’ai une nouvelle routine maquillage ultra simple et naturelle, vous la voulez?), j’ai mis en place des habitudes express de préparation. Je ne m’en sens pas belle comme Vénus sortant des eaux, mais à peu près sortable, ce qui est un honorable point de départ.

Ensuite, je prépare le petit déjeuner, le sien d’abord, parce qu’il passe avant. (C’est une créature très petite qui fait plus de bruit que moi quand elle a faim, c’est scientifiquement amusant.) Généralement, il y a des ratés, hein, parce qu’une maman de moins de cent jours a une endurance à la fatigue un peu mise à l’épreuve. Il y a les grands moments de solitude, comme la bouilloire que je mets souvent en marche tranquillement au lieu de verser l’eau dans un biberon (comme si j’allais lui préparer une camomille), comme l’ensemble des biberons à laver parce que papa a donné le dernier (mais comme il a fait la nuit chut on passe) et la vaisselle à faire en urgence, comme le biberon que l’on secoue pour mélanger en oubliant de mettre le couvercle, ou en le vissant de travers (on s’en met plein les mains, plein par terre, c’est tellement rigolo), tout cela pendant que l’affamé passe la vitesse de cri supérieure. Après, il y a le level up, le biberon à donner, les pauses à suivre ou imposer (c’est tout un art), les rots à faire faire, les couches, les vêtements à changer parce qu’il a bavouillé dessus (ou pire), le délai avant d’incliner l’ensemble de son corps parce que sinon le contenu du biberon ressort à peu près en entier et on a fait tout ça pour rien, le dialogue avec des mots amusants, des sourires et de l’amour éperdu dedans. Alors, alors seulement, je peux éventuellement penser à prendre un petit déjeuner moi aussi, parce que j’ai faim, tiens. (ON NE S’OUBLIE PAS BON SANG) Et là, il faut que ça aille vite, parce qu’il ne va pas supporter d’être posé longtemps (en plus), et il faut que ce soit bon, et à peu près sain, tant qu’à faire.

Un bon granola à la banane (ne jetez pas vos vieilles bananes) (la banane présidente), que j’adore mélanger à du yaourt, et/ou une compote, et un thé, parce que boire à nouveau du thé c’est la vie, et je me sens juste un peu «maman qui déchire », l’espace d’une cuillère.

Granola à la banane, noisettes et graines de lin

200 g de flocons d’avoine

2 càs d’huile de coco

3 càs de sirop d’érable

2 bananes écrasées

50 g de noisettes

50 g de graines de lin

Une pincée de sel

Dans un saladier, mélangez la banane, l’huile de coco ramollie et le sirop d’érable. Mixez les noisettes et les graines de lin, pas trop finement. Ajoutez au mélange à base de banane, puis mélangez avec les flocons et le sel. Étalez l’ensemble sur une plaque avec du papier cuisson. Enfournez à 160° pendant 35 minutes : l’ensemble doit commencer à brunir mais pas noircir. Sortez la plaque, attendez le refroidissement complet, puis cassez en morceaux de la taille que vous voulez. L’ensemble se conserve dans un grand bocal au moins une semaine.