Avant Noël

Ce texte est paru dans le magazine Simple Things n°17 (déc-jan 2017), dans la rubrique Poésie. J’avais envie, exceptionnellement, de vous l’offrir. Je vous raconte un peu son histoire dans la newsletter… Il me paraissait de saison. J’espère que vous l’aimerez, et puis, en fin d’article, j’ai même des cadeaux pour vous (youhou) ! 



Avant Noël.

Un soir…Un soir, c’est là. Sur le trajet pour rentrer chez soi, alors qu’il fait déjà presque nuit, le noir est moins sombre. C’est allumé. Dans les rues, le ciel devient plein d’étoiles électriques, clignotant d’ampoules dont on a surveillé l’installation d’un oeil impatient. Oh, les adultes font comme si cela leur était égal, mais c’est un bien doux mensonge, parce qu’au fond, c’est toute la lumière du sapin du grand carrefour qui allume leurs yeux à eux aussi. Ils savent que le départ est lancé, et qu’avec ces constellations jetées en l’air, c’est tout un mois d’attente en blanc qui brille d’appels en pointillés.

Désormais, on a le droit. On peut réfléchir à ce que l’on offrira aux autres, et puis à ce que l’on voudrait bien pour soi, c’est permis, parce que c’est Noël. On a le droit d’ouvrir les chocolats pour se préparer à la fois le goût et l’odorat, on a le droit de suspendre les sucres d’orge que l’on voit dans les livres d’histoires, ceux à rayures blanches et rouges, et puis aussi de regarder des films d’amour et de famille sous une couverture. Ces films que d’ordinaire, on trouve un peu trop bien pensants, un peu trop roses et un peu trop sucrés : ceux-là mêmes passent tout seuls lorsque vient décembre. Il faut croire que le froid de l’hiver avec ses routes salées amenuise le possible écoeurement des images, des histoires, et de tous les bonbons qui mettent du temps à fondre.

Il flotte dans l’air un parfum de marrons chauds et de souvenirs, qui brûlent les doigts et réchauffent le coeur, qui s’épluchent à plusieurs et se partagent en riant. On sort l’écharpe rouge, on recouvre les fenêtres de dessins blancs, on porte les plus petits pour accrocher les décorations en haut du sapin, et si tout n’est pas parfaitement droit, ce n’est pas très grave.

Parfois, on fait du pain d’épices, des biscuits en forme d’étoiles, des gâteaux avec tous les fruits secs possibles dedans. Parfois, on recouvre une orange de clous de girofle, et on la suspend avec un joli ruban – il n’y a qu’à Noël qu’on sort les clous de girofle. Parfois, on écoute de la musique, ou même, on la joue tous ensemble, et on a le droit de chanter même si c’est faux. Parfois on fabrique un calendrier de l’avent : décembre est le seul mois qui s’égrène au quotidien, comme un sablier au ralenti.

Noël est indulgent, c’est le lieu de toutes les permissions, c’est pourquoi ce ne sont que des « parfois ». Il n’y a pas d’obligation, et les rituels eux-mêmes sont modulables, comme pour mieux réaffirmer qu’à Noël pour jamais, tout est possible.

En levant les yeux vers les lumières, il faut se forcer à oublier que bientôt, elles seront décrochées de leurs cieux, comme des astres dont on enlèverait l’épingle ; bientôt, le calendrier sera tout ouvert, bientôt, tout deviendra un peu trop sucré au palais, et la vie reprendra presque son cours normal. Finalement, Noël est peut-être le plus joli et le plus naturel des rappels que le plaisir à préparer et à attendre un événement est encore plus savoureux que l’événement lui-même. Que finalement, la réjouissance que l’on éprouve dans une perspective n’est que le fruit de nos choix  en son préambule. Que le soin que l’on apporte à faire d’une date -et de celles qui font figure de compte à rebours- un événement aux couleurs que l’on décide, enjolivé des rituels que chacun souhaite, demeure la clé de la saveur des jours.

Quelle sera la date suivante?



Avec l’équipe de Simple Things, qui, forcément, est composée de gens sensationnels, nous avons réfléchi à un cadeau à offrir aux lecteurs des Mots Ailés. Ils ont été vraiment très généreux, et je suis drôlement heureuse de vous annoncer qu’il y a :

3 abonnements de 6 mois au magazine à gagner! 

Pour tenter votre chance, déposez un petit commentaire ici-dessous, en me racontant ce que vous voulez : ce qui est vraiment lié à Noël pour vous, votre façon de vivre décembre… Si vous en avez envie, partagez cet article, ou celui que vous voulez, sur les réseaux sociaux! (Ce n’est absolument pas obligatoire, et puis ça peut être plus tard, parce qu’il y aura d’autres choses à gagner dans les jours qui viennent par ici.) Je tirerai au sort parmi les commentaires glissés sous cet article le 15 décembre 2016 à minuit, et annoncerai les trois gagnant(e)s en fin d’article!

**EDIT** : LES GAGNANTES

Le sort a parlé! Les trois lectrices qui remportent le concours sont Sailor-supergirl (commentaire du 7/12 à 18H48), Maela (commentaire du 8/12 à 20h35), et Estelle (commentaire du 12/12 à 10h57). Je suis ravie pour vous trois, envoyez-moi par mail (celgaba@gmail.com) vos coordonnées, et je les transfère au service abonnement! Je tenais à remercier tous les participants, et c’est vraiment avec un pincement au coeur que je suis obligée de ne pas tous vous faire gagner. Vos commentaires sont tous vraiment magnifiques, n’hésitez pas à vous lire les uns et les autres pour un petit shot d’esprit positif de Noël! Heureusement, il reste le code de réduction dont je parle juste en-dessous, valable jusqu’au 15 janvier… Et puis, promis, j’essaierai d’organiser de nouveau des petits concours de la sorte!

-Mais pour tout le monde (c’est important!), un code de réduction est mis en place dès aujourd’hui! 

L’abonnement d’un an (6 numéros) est à 22€ au lieu de 29,70€ (Pour s’abonner c’est ici) avec le code « LESMOTSAILES » ! Cette offre est valable à partir de maintenant tout de suite, jusqu’au 15 janvier 2017! (Et si vous voulez mon avis, c’est un super cadeau de Noël!)

Petite info : je ne bénéficie d’aucun pourcentage sur tout cela, c’est vraiment et tout simplement un cadeau. Je suis toute heureuse pour vous, parce que vous êtes si chouettes. ♥ Profitez-en, ce magazine est un concentré de douceur, et c’est toujours un vrai bonheur de le découvrir!


 

L’automne, et ce que nous ne voyons pas.

 

//Images et Musique : Céline // N’oubliez pas de cliquer sur la petite roue crantée pour mettre en HD, c’est plus joli…//


J’aime tellement cette saison. J’aime le repli qu’elle suggère, avec toute la tendresse de ses couleurs et ses refroidissements. J’écris dans le silence face au poêle, le soleil entre par la baie vitrée, murmurant sa générosité déclinante. C’est fort de voir s’installer l’automne, je veux dire, s’installer vraiment – je ne parle pas des timides derniers jours de septembre où l’on sort par principe les imperméables, les chaussettes et les tartes aux pommes. Non, le vrai novembre, les jours de froid qui font gratter le givre le matin et chercher les gants, la chaleur de ses bras pour toujours, le sommeil qui s’installe et les aubes de lumière alanguie, et les promenades qu’il faut faire pas trop tard au risque d’être enveloppés par le noir. J’ai retrouvé mon manteau, mon gros, celui avec le polaire dedans et la grande capuche ; je me maquille moins, j’ai envie de simplicité et de nature. Je souris en pensant au prochain automne, celui où nous serons trois. Et pour l’instant, parce que c’est bien la toute première communication que j’expérimente, je caresse du bout des doigts mes rêves vagues en même temps que mon arrondi, j’apprivoise du dedans tes incessants mouvements d’apprenti danseur, ceux qui restent de délicieux et éphémères soubresauts quand tu dois avoir la certitude de déplacer des montagnes. Tout ce que nous ne voyons pas et qui est immense.


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Gaufres au potimarron 

C’est une recette sans oeufs, qui donne des gaufrinettes toutes teintées d’automne. La pâte n’est pas liquide, elle s’inspire plutôt de la pâte des gaufres liégeoises (celles avec les gros grains de sucre dedans) (sauf que je n’ai pas mis de grains de sucre, mais on peut totalement, ça reste dans le thème). L’avantage de la pâte non-liquide, c’est que ça ne coule pas partout, ce qui constitue un bon argument pour en faire tout le temps. Et le rendu ressemble à des gaufres qui sont assez fermes, comme des petits biscuits, et qui ne ramollissent pas.

(Pour 12-15 gaufres)

350g de farine d’avoine

220g de purée de potimarron (environ 1/2 potimarron moyen)

100g de lait d’amande

40g d’huile de coco

1 sachet de levure à pain sèche

1 grosse càs de sucre*

*Notes sur les ingrédients :

-On peut remplacer la farine d’avoine par ce qu’on veut. Avec une farine sans gluten, les gaufres seront très très croustillantes et un peu plus délicates à manier, mais c’est possible.

-Volontairement, la recette est très peu sucrée. J’ai préféré faire ainsi pour pouvoir les tartiner de confiture, ou de miel, ou de sirop d’érable (on la perd, on la perd.) Pour les becs sucrés, ou pour des gaufres qui se suffiraient à elles seules, on peut mettre 5 càs de sucre en poudre, ou en gros grains.)

Mélangez dans un saladier la farine, la levure, le sucre. Ajoutez la purée de potimarron, puis l’huile de coco molle, et le lait : mélangez pour obtenir une pâte consistante, comme une pâte à pizza. La consistance variera en fonction de votre purée plus ou moins aqueuse, ce n’est pas grave : si la pâte ne forme pas assez une boule et est trop collante, farinez la, et si, à l’inverse, elle ne s’amalgame pas suffisamment, n’hésitez pas à ajouter un peu de lait. Laissez reposer la boule sous un torchon au moins 1h30.

Formez entre 12 et 15 petites boules, et laissez-les reposer environ 15 minutes, le temps de faire chauffer le gaufrier. Mettez une boule de pâte au centre des rectangles préformés dans votre moule, et fermez en appuyant bien. Laissez cuire quelques minutes. Lorsque les gaufres sont dorées, sortez-les délicatement. Elles se gardent quelques jours, adorent les passages au grille-pain, et se congèlent comme des anges.

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Soyez très heureux.