Into the wild

À tes yeux encore bleus, le moindre de nos pas fait sept lieues, le moindre champ est une jungle, la moindre semaine une éternité. Je réapprends avec toi à m’émerveiller de tout, à nous penser si grands, à nous savoir si petits. Chaque détail est un miracle nouveau, une essence, un absolu, et pourtant, regarde les étoiles, regarde les arbres, regarde ces siècles passés et leurs histoires, et regarde-nous. Nous sommes des petites allumettes embrasées au bout de la chaine, minuscules points vacillants au bout du trait de lumière. Ma petite allumette, tends moi ton cou encore, tes joues en brioches, un jour tu embraseras d’autres flammes peut-être; un jour, c’est long pour toi, alors pour moi aussi. Je voudrais te donner pour héritage cet amour qui m’emplit, qui déborde, qui me laisse les yeux humides et l’âme pleine. J’ai le coeur soulevé comme une nappe prise par le vent, je n’ai pas assez de mots pour te le décrire, j’ai tant à te raconter, trouverai-je sur terre le temps pour tout te dire, dis mon fils? Je n’ai jamais été si pressée, je n’ai jamais été si patiente.

Je te lirai les histoires d’avant, si tu veux, dans notre maison où l’on entend les grillons mêmes fenêtres fermées, je te mettrai face à l’aube comme je le fais déjà chaque matin. Je t’expliquerai qu’il ne faut pas avoir peur de l’avenir, parce que « qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu’il craint » tu sais, c’était tellement beau comme Montaigne le disait, et c’était tellement fort quand toi tu me l’as appris. Je t’expliquerai que tu as le droit de dire Carpe Diem, mais sans trop le déformer comme on l’entend maintenant : je te dirai de prendre le temps et de penser loin devant et sérieusement au reste de ta vie, toujours. J’ai hâte des victoires à venir, j’ai hâte des erreurs futures, les tiennes, les nôtres. On se pardonnera, parce que c’est ce que font les fils et leur mère. J’embrasserai ton père encore mille et une fois sous tous les soleils et auprès de tes longs cils, tu nous verras encore danser et tu riras peut-être comme tu le fais déjà, et je serai enivrée de tendresse entre vos deux chaleurs, même si vous dormez, même si vous n’êtes pas là, même si vous êtes vraiment très loin.

Dans le secret de nos promenades, je m’extasie de chaque couleur nouvelle, de toute fleur sur le bord du chemin, serrant contre moi l’impatience de chaque saison à venir avec toi. Tes premières fois, tes deuxièmes, tes centièmes fois, puisque tu me dis sans parler que la vie n’est qu’une suite de nouvelles fois, qu’on soit très grand ou très petit. Une suite si longue et si brève d’émerveillements de passés, de présents, et de futurs.

Je te dirai, « rêve », « souris », « vis avec la vie ». Je ne sais qui de nous deux en apprendra le plus à l’autre. Pour l’instant, au jeu du maître, tu l’emportes, sans contredit. Merci mon bébé, oh merci, et que viennent toutes les jungles avec ta douceur dans mes bras.



〈Robe Des Petits hauts, boomer Moumout, blouse La petite collection ;

Photos : mon papa. ♥〉

L’automne, et ce que nous ne voyons pas.

 

//Images et Musique : Céline // N’oubliez pas de cliquer sur la petite roue crantée pour mettre en HD, c’est plus joli…//


J’aime tellement cette saison. J’aime le repli qu’elle suggère, avec toute la tendresse de ses couleurs et ses refroidissements. J’écris dans le silence face au poêle, le soleil entre par la baie vitrée, murmurant sa générosité déclinante. C’est fort de voir s’installer l’automne, je veux dire, s’installer vraiment – je ne parle pas des timides derniers jours de septembre où l’on sort par principe les imperméables, les chaussettes et les tartes aux pommes. Non, le vrai novembre, les jours de froid qui font gratter le givre le matin et chercher les gants, la chaleur de ses bras pour toujours, le sommeil qui s’installe et les aubes de lumière alanguie, et les promenades qu’il faut faire pas trop tard au risque d’être enveloppés par le noir. J’ai retrouvé mon manteau, mon gros, celui avec le polaire dedans et la grande capuche ; je me maquille moins, j’ai envie de simplicité et de nature. Je souris en pensant au prochain automne, celui où nous serons trois. Et pour l’instant, parce que c’est bien la toute première communication que j’expérimente, je caresse du bout des doigts mes rêves vagues en même temps que mon arrondi, j’apprivoise du dedans tes incessants mouvements d’apprenti danseur, ceux qui restent de délicieux et éphémères soubresauts quand tu dois avoir la certitude de déplacer des montagnes. Tout ce que nous ne voyons pas et qui est immense.


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Gaufres au potimarron 

C’est une recette sans oeufs, qui donne des gaufrinettes toutes teintées d’automne. La pâte n’est pas liquide, elle s’inspire plutôt de la pâte des gaufres liégeoises (celles avec les gros grains de sucre dedans) (sauf que je n’ai pas mis de grains de sucre, mais on peut totalement, ça reste dans le thème). L’avantage de la pâte non-liquide, c’est que ça ne coule pas partout, ce qui constitue un bon argument pour en faire tout le temps. Et le rendu ressemble à des gaufres qui sont assez fermes, comme des petits biscuits, et qui ne ramollissent pas.

(Pour 12-15 gaufres)

350g de farine d’avoine

220g de purée de potimarron (environ 1/2 potimarron moyen)

100g de lait d’amande

40g d’huile de coco

1 sachet de levure à pain sèche

1 grosse càs de sucre*

*Notes sur les ingrédients :

-On peut remplacer la farine d’avoine par ce qu’on veut. Avec une farine sans gluten, les gaufres seront très très croustillantes et un peu plus délicates à manier, mais c’est possible.

-Volontairement, la recette est très peu sucrée. J’ai préféré faire ainsi pour pouvoir les tartiner de confiture, ou de miel, ou de sirop d’érable (on la perd, on la perd.) Pour les becs sucrés, ou pour des gaufres qui se suffiraient à elles seules, on peut mettre 5 càs de sucre en poudre, ou en gros grains.)

Mélangez dans un saladier la farine, la levure, le sucre. Ajoutez la purée de potimarron, puis l’huile de coco molle, et le lait : mélangez pour obtenir une pâte consistante, comme une pâte à pizza. La consistance variera en fonction de votre purée plus ou moins aqueuse, ce n’est pas grave : si la pâte ne forme pas assez une boule et est trop collante, farinez la, et si, à l’inverse, elle ne s’amalgame pas suffisamment, n’hésitez pas à ajouter un peu de lait. Laissez reposer la boule sous un torchon au moins 1h30.

Formez entre 12 et 15 petites boules, et laissez-les reposer environ 15 minutes, le temps de faire chauffer le gaufrier. Mettez une boule de pâte au centre des rectangles préformés dans votre moule, et fermez en appuyant bien. Laissez cuire quelques minutes. Lorsque les gaufres sont dorées, sortez-les délicatement. Elles se gardent quelques jours, adorent les passages au grille-pain, et se congèlent comme des anges.

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Soyez très heureux.