Désacralisons le bonheur.

Depuis quelque temps, j’ai l’impression que le bonheur est à la mode et envahit les réflexions. Enfin, la quête du bonheur, le mieux être, mieux vivre, les “10 astuces pour” trouver la (sa?) vie belle, pour corriger ses défauts, pour voir le verre en rose et la vie à moitié pleine. Moi-même, dans mes articles, j’adopte souvent un ton qui va vers le bonheur, la plénitude, le positif. Vous avez été plusieurs à me faire des remarques souvent envieuses à ce sujet, et à chaque fois, je me suis dit qu’il fallait vraiment que quelqu’un fasse un article là-dessus. Le voilà donc (sous vos yeux ébahis).

1. Le positif et sa bonne presse

Il fut un temps (et même plusieurs) où le bonheur n’était pas si omniprésent dans les littératures. Au contraire, il est difficile de trouver des romans classiques légers, qui rendent heureux, qui dépeignent une vie douce et enviable, qui donnent des astuces pour se sentir bien. Je me questionne souvent moi-même sur mon propre ressenti face à cela, parce que j’alterne, j’ai parfois des phases où j’ai envie d’un joli magazine léger qui s’avale comme une grenadine, puis d’autres où je savoure comme une liqueur Notre Dame de Paris (alors qu’avouons, ce n’est pas la franche rigolade là-dedans.) J’ai toujours eu un faible pour Hugo, mais aussi Flaubert, Stendhal, enfin, je vais paraître soit intello soit bien naïve, mais c’est tout de même tellement beau, avouez. Comme s’il paraissait antithétique d’écrire un bon roman et d’écrire un bon roman positif et léger qui finit bien. (Non, Marc Lévy n’a pas réussi, non.)

Bref, je ne sais pas si c’est lié, mais j’ai le sentiment que nous vivons à une époque où le bonheur est à brandir partout, un graal à chercher coûte que coûte. On l’étale, on l’autopsie, on le promet. Paradoxalement, j’ai bien peur que notre âge compte beaucoup d’insatisfaits, de névrosés, de dépressifs, qui s’affligent souvent en silence de ne pas parvenir à atteindre ce sésame qui semble si facile pour les autres.

Je préfère devancer tout faux procès : je n’ai jamais dit, ni pensé, que ces articles et ouvrages sur le mieux vivre et la pensée positive soient mauvais, ou à éviter. Au contraire, il y en a de très bons. Je dis simplement qu’à trop vouloir se tourner vers les lectures “heureuses” en évinçant la tristesse, on risque l’objectif contraire au premier, on sacralise un bonheur idéalisé, et on en vient à éprouver parfois une forme de frustration, d’insatisfaction, voire de culpabilisation.

Alors, premier rectificatif : les blogueur/ses, les instagrameur/ses, les coaches, les journalistes, les écrivains,  ceux et celles qui publient des oeuvres complètes (romans ou ouvrages techniques) tournées vers le bonheur NE SONT PAS TOUJOURS HEUREUX, SOURIANTS ET SATISFAITS. C’est dit. J’aime à me le rappeler lorsque moi-même, je commence à sentir poindre une touche de jalousie en lisant les bonheurs ou les conseils d’autrui: elle aussi, lui aussi, parfois, n’a pas le moral, voire est carrément triste, voire pleure à chaudes larmes, ou en a marre de son métier, ou de telle douleur, ou de tel souci. Au besoin, je fais donc ma révélation (nécessaire sans doute) et j’espère ne décevoir personne : moi aussi, les gars, des fois je n’ai pas le moral du tout, n’allez pas croire que je vois tout en rose. (Désolée de casser le mythe.)

Simplement, dans cet espace, et je pense que beaucoup d’auteurs sont dans mon cas, j’ai souvent envie de me tourner vers le positif, parce qu’il est là, parce que je veux le voir, parce que je me dis que c’est ce que j’ai envie de (vous) donner.

2. Le droit d’être triste

Au final, avec tout ce bonheur partout, j’ai peur que l’on développe une absence d’acceptation de la tristesse.

Il y a quelques mois, j’ai vécu une chose difficile qui m’a vraiment mise à terre. J’étais en larmes, je ne savais pas qui appeler, et j’ai eu mon papa au téléphone. Dans cet appel, il a utilisé précisément les clés qu’il me fallait pour aller mieux. Ces clés étaient plurielles, et certaines ne correspondaient qu’à lui (et qu’à moi), donc il ne servirait pas à grand chose que je les expose ici. Mais la première était toute simple : il a commencé par dire « tu as le droit d’être triste ». Cette sorte de permission paternelle m’a délivrée d’un poids terrible, et j’y pense souvent, lorsque je rencontre la tristesse, en moi ou chez les autres. J’hésite à généraliser, et peut-être me trompé-je (j’espère!), mais je crois que dans la plupart des cas, nous ne nous autorisons pas cette affirmation toute simple. Et alors, la culpabilité d’être triste alors qu’on se dit (consciemment ou non) qu’on ne le devrait pas ne vient que grossir la tristesse elle-même.

Parfois, j’ai même listé toutes les choses qui allaient à l’encontre du « bonheur », sur un jour, une semaine, pour tout mettre à plat. «Liste de non-gratitude.» Pour me dire : d’un côté, ah oui, j’ai le droit d’être un peu triste, et d’un autre côté, oh, finalement, ce n’est pas si terrible. C’était vraiment bien comme expérience et je vous la conseille, j’ai adoré me sentir à contre-courant des fameuses listes de choses positives, je suis tellement une rebelle.

3. Le bonheur dans l’ordinaire

Une des grandes sources de frustrations à lire le bonheur des autres tient aussi dans cette idée absolue et éthérée que nous avons tous du bonheur, et qui, par définition, est insaisissable. Nous avons toujours un peu vite le sentiment que notre vie n’est pas formidable, que la journée qui vient de s’écouler n’était pas extraordinaire, autant qu’elle pouvait l’être (d’après nous!) chez les autres. Il est si facile pour nous tous d’envier tel ou tel aspect de la vie des autres, de se dire « il/elle a ça », « il/elle peut faire ça », comme s’il était dans notre nature de trouver ailleurs précisément ce qui pourrait nous manquer. Nous oublions que nous sommes tous les chanceux de quelqu’un d’autre.

Dans toutes nos vies, il y a des ombres et des clartés, en fonction de nos chemins, de nos priorités, de nos choix, des hasards aussi. Nous sommes au coeur d’une toile gigantesque avec des couleurs variées, qui ne sont pas celles des autres, et il devient souvent difficile de se réjouir simplement de nos propres couleurs sans en chercher de nouvelles. Nous sommes prompts à penser que les autres ont de la chance, sans assez savourer la nôtre, alors qu’elle est bien là.

Je crois aussi qu’une de nos erreurs est souvent de chercher l’intense, le puissant, le sensationnel. Mais la vraie bonne journée, ce n’est pas ça, ou pas seulement ça. Parfois, un café tout seul chez soi, sans être avec quelqu’un d’autre dans un lieu extérieur et de la mousse qui dessine un coeur sur le dessus de la tasse, eh bien, c’est le bonheur aussi. Parfois, simplement prendre une douche chaude, manger un repas simple, regarder la nuit, avoir un lit à faire, installer une routine, goûter l’ordinaire du quotidien, ce n’est déjà pas si anodin en terme de chance et de bonheur.

J’allais oublier : comme une évidence, quand je réfléchis sur le bonheur, j’aime chercher quels sont mes vrais buts dans la vie, parce qu’on ne peut raisonnablement pas courir plusieurs lièvres à la fois. Vous enviez votre amie qui part au Paraguay? Peut-être que vous, vous ne voyagez pas, mais que vous avez d’autres projets, des études en cours, un couple en construction, parce que votre priorité, vous l’avez mise ici – et c’est très bien comme ça. Vous regardez avec jalousie une vie avec des fêtes, des amis, un épanouissement social confirmé ; mais peut-être qu’au fond, ce n’est pas votre envie profonde! Faire le point permet de relativiser, et, aussi, d’abandonner toute frustration. Et là encore, j’ai trouvé la mise à l’écrit bien précieuse.


Finalement…Je ne pense pas qu’il faille éviter de penser à notre statut d’heureux(ses), ni qu’il soit souhaitable de cesser totalement tout diagnostic à cet égard. Simplement, je crois que parfois, nous en venons à nous transformer en chercheurs d’or alors que le bonheur se cache au fond de nos poches.


40 commentaires sur “Désacralisons le bonheur.

  1. Heureuse que je suis de pouvoir lire cet article en ce froid soir de janvier. Heureuse de pouvoir me sentir plus proche de toi Cel. et plus proche des autres, celles que je suis ou découvre ça et là sur la blogosphère et qui me paraissent toujours tellement plus… ou tellement moins… que moi. Et pourtant, nous ne sommes pas si éloignées. Comme l’héroïne de Vice-versa, Tristesse ou Colère prennent trop facilement les commandes de mon cerveau mais j’ai aussi compris qu’il fallait les laisser faire et attendre que Joie revienne, parce qu’elle revient toujours, au détour de petits riens, si anodins parfois qu’on oublierait presque que ce sont eux qui nous font du bien. Merci de l’avoir si joliment rappelé. Belle et HEUREUSE Soirée.

    1. Ah oui, moi aussi, devant le tableau de commande de mon cerveau, il y a parfois tristesse et colère qui viennent casser l’ambiance, ou peur aussi, pas mal! Mais il faut croire que nous sommes quand même un peu programmés pour revenir toujours tôt (ou tard) du côté du soleil. Ouf. 🙂 Je te souhaite un week-end heureux, Sylvie!

  2. Chère Céline,

    je suis rentrée bien “grisailleuse” chez moi ce soir (les couleurs de mon arc-en-ciel personnel avaient plus tendance à se ternir et se transformer en marres grises et boueuses que de laisser s’échapper ne serait-ce qu’un scintillement de couleur..). Et plus je me demandais pourquoi je me sentais comme “ça”, et plus la culpabilité de ne pas trouver de “vraie” raison à cette tristesse me submergeait. Et plus l’incompréhensible chape gluante me recouvrait. Et plus je m’enfonçais dans la culpabilité.
    C’est vrai, on a le droit d’être triste. Même sans savoir vraiment pourquoi. Mais ce n’est pas évident d’accepter cette tristesse.
    En tous cas, chère Céline, ton article m’a fait du bien. Merci d’avoir pris le temps de l’écrire et de nous le donner.
    Très belle soirée,
    Maud

    1. Je comprends ta tristesse sans raison apparente, elle est normale, elle arrive à tout le monde, il ne faut pas la refuser, parce que ça l’augmente, tu ne trouves pas? Je te souhaite de l’accepter, et puis je lui souhaite à elle de vite (très vite) passer et de s’enterrer quelque part, pour que revienne l’arc-en-ciel. <3

  3. Une nouvelle fois, Céline, tu trouves les mots justes : pour dire que le bonheur des uns n’est pas celui des autres, pour dire que le bonheur n’existe que parce que la tristesse existe aussi, pour dire que le bonheur ne fait pas forcément de bruit….
    Après quelques moments plus difficiles dans ma vie, j’ai cherché à voir autrement le bonheur, j’ai appris à deviner ses ombres…
    A la question “suis-je heureuse ?”, la réponse est oui, sans doute.. A la question “suis-je malheureuse ?”, la réponse est oui, parfois…
    Je te souhaite une douce soirée, Céline !

  4. “Et alors, la culpabilité d’être triste alors qu’on se dit (consciemment ou non) qu’on ne le devrait pas ne vient que grossir la tristesse elle-même.”

    Ces mots-là… J’ai l’impression que tu me décris. Souvent, je me sens coupable d’être triste. Parce que finalement, il y a tant de gens qui ont tellement moins de chance, qui ont tellement moins tout court. Qu’est-ce qui justifie que moi avec mes petits problèmes sans importance, je me mette dans un état pareil ? C’est un cercle vicieux infernal.

    « tu as le droit d’être triste ».
    Je suis en train d’apprendre à apprivoiser ce droit. Depuis une année, j’y travaille. Je ne m’en veux plus quand j’ai un coup de mou ou quand je ne me sens simplement pas bien. J’essaie de l’accepter, et de m’occuper l’esprit et les mains en attendant que le sentiment s’en aille de lui-même.

    Je suis loin du résultat parfait, mais je m’améliore, lentement mais sûrement.

    Et pour revenir à tes articles en général, je dois dire que cette positivité (ça existe comme mot ça ?) que tu nous transmets est très agréable. Personnellement, j’adore venir te lire. Je guette chaque article avec impatience, parce que je sais que pour un instant, perdue entre tes lignes, je serai sereine et captivée.

    (la deuxième photo est absolument splendide !)

    1. Alors je te le redis juste à toi, Manon, tu as le droit d’être triste! Et puis quand on est triste, on a le droit de prendre un carré de chocolat en plus, d’ouvrir un thé rare, de regarder un film qu’on adore au lieu de travailler. 😉 Merci pour tes gentils mots qui me font très plaisir!

  5. Ton article m’a laissé un goût doux-triste, un petit pincement au coeur, comme le font souvent les articles qui traitent de la pression “à être heureux”. Et c’est sûrement parce qu’il appelle à une réflexion sur ce que je partage moi-même, le message qui peut être lu/déduit/extrapôlé et qui pourrait alors induire de la tristesse, de la jalousie, un sentiment d’injustice ou d’insuffisance chez les personnes qui me lisent. Et cela me rend profondément malheureuse que cette possibilité soit (puisque ce n’est pas le but, absolument pas). Je me retrouve dans une espèce d’ambivalence où d’un côté je me sens concernée par le propos (je parle de ce qui me rend heureuse au quotidien, je partage mon expérience des techniques qui m’aident) et de l’autre de me dire que je partage exactement ta vision du bonheur comme résidant dans les choses les plus simples (les plus essentielles, accessibles et pourtant si difficiles à voir ; même si elles sont rarement encensées ou mises sur le devant de la scène) et m’applique le plus possible (avec pudeur mais sincérité toujours) à raconter aussi les doutes, les passages à vide, les périodes où je ne sais pas trop bien. Alors je ne sais pas si en matière d’incitation au bonheur il y a des crimes plus ou moins pire mais cela me laisse ce soir bien pensive… Le travail sur l’authenticité et le “dire sa vérité” est plein de questionnements et je sais que ce sont vraiment des sujet sur lesquels je m’interroge et me remets en question tout le temps.
    Ton article (et donc toi) ont pleinement rempli leur mission, je n’aime rien plus que les articles qui font réfléchir et remettre en cause l’établi. Merci !
    Douce soirée Céline <3

    1. Tu sais Célie je crois que dans ton espace tissé de blanc et de mots, tu parviens avec beaucoup de délicatesse à parler de bonheur(s). Je réagis tout de suite à ton commentaire parce qu’engendrer la moindre culpabilité chez une autre blogueuse (et surtout chez toi) est vraiment le dernier but de mes lignes. Moi, tes sourires, tes réflexions, j’en ai besoin, ainsi que beaucoup d’autres. Je l’évoque d’ailleurs un peu dans l’article : j’aime ces lectures, lorsqu’elles sont de qualité. Je mettais juste un petit bémol, une petite nuance, et puis, je réfléchissais tout haut. Je voulais aussi rétablir une vérité, comme par honnêteté avec mes lecteurs : il m’est arrivé de publier des articles légers, souriants, alors même qu’au fond ça n’allait pas. Mais c’est tellement normal, je ne m’en veux pas moi-même, c’est tellement humain, de ne pas aller toujours parfaitement bien d’une part, et de continuer à vouloir distribuer du mieux-être d’autre part. Je ne sais pas si ça t’est déjà arrivé.
      Dans tous les cas, ta jolie corde tendue, chez toi, entre le bien et le mal, le rose et le gris, je la trouve magnifique, ne la change pas, voilà.

      1. Je crois bien que nous étions deux à réfléchir tout haut (mais je suis fervente croyante au chapitre de l’intérêt de mettre en commun nos réflexions pour les faire mûrir, grandir, s’enrichir tout comme s’affiner et se tempérer). Je suis la première à ressentir parfois le besoin de rétablir “la vérité” alors que celle-ci est tellement trop grande, indicible et pour une si large part impalpable que nous pourrions écrire sans discontinuer je crois que nous n’arriverions toujours pas à livrer un cliché qui soit tout à fait lavé de détours et de demi-vérités.
        (et puis merci, tes mots m’ont fait chaud au coeur)
        Douce soirée Céline

  6. Bonjour Céline,

    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ton article, déjà, parce qu’il est très bien écrit (mais cela n’est pas une nouveauté !) mais aussi parce que je me pose également beaucoup de questions sur ce “bonheur” qui semble remplir une certaine sphère de notre vie, à savoir, les blogs, les magazines…

    J’ai l’impression, en effet, qu’on ne doit jurer que par le bonheur, que ce n’est que comme ça, en ayant un mode de vie qui induit au “bonheur”, “aux petits plaisirs” et autres expressions tellement utilisées dans cette sphère qu’on réussira nos vies. Alors, c’est difficile ! Difficile de savoir s’il y a une vérité dans tout cela. Personnellement, j’ai aussi, par exemple, décidé à la rentrée 2016 de ne plus lire/écouter/voir d’informations, articles, livres, émissions qui pourraient nuire à mon propre bien-être, c’est-à-dire des choses qui entraînent, chez moi, des “cauchemars”. Il me semble que tu le dis à un moment donné, il se peut qu’on parle beaucoup de “bonheur” car on vit dans un monde où on a plutôt tendance à mettre les malheurs en avant, alors pour contrer à cela, on s’est mis à ressortir certains modes de vie qui seraient plus aptes au “bonheur”. D’un autre côté, j’aimerais préciser pourquoi j’ai utilisé “cette sphère” pour parler de tous ces endroits où l’on traite souvent du “bonheur”. Car je crois, profondément, que l’Internet et les nouveaux supports numériques y sont pour beaucoup. J’ai un chéri qui n’est pas du tout connecté, qui ne voit pas trop l’intérêt des réseaux sociaux, qui privilégie les vrais instants, les vrais appels téléphoniques, etc. (et j’en suis ravie, c’est un bel équilibre pour nous) et je suis sûre que lui, par exemple, il n’est pas du tout au courant de cet élan de “bonheur” instagramable si j’ose dire (un peu oui quand même car je lui en parle)… Et enfin, le bonheur, le malheur, c’est toujours très relatif et je suis très d’accord avec toi quand tu dis qu’on a le droit “d’être tristes”. Je l’ai toujours dit, je le dis encore, parfois, à mes copines ou à moi-même, bien sûr qu’il y en a qui vivent des situations pires que moi/que toi mais si à toi, cela te fait souffrir, pourquoi tu ne pourrais pas pleurer ? Et puis ma maman me l’a toujours dit, si pleurer te fait du bien, alors, vas-y ☺

    Bon, mon commentaire est un peu fouillis mais voilà…

    Je t’embrasse,

    PS1.- Bon courage et bonne continuation pour ta grossesse. On te l’aura dit mille fois : ça change plein de choses. Un conseil qu’on m’a donné : n’écoute jamais de conseils ! Alors, juste plein de love et de douceur pour toi, pour ton chéri, pour ton petit haricot, pour vous ensemble !

    PS2.- Et Zola, tu l’aimes bien ? Il en parle, lui aussi, quelque part du “bonheur des hommes” :-P!

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire qui me parle énormément! Je suis totalement d’accord avec toi (et peut-être n’ai-je pas réussi à (me) le formuler dans l’article), c’est comme si “réussir sa vie” devenait synonyme de profiter des petits bonheurs, trouver son bonheur, être conscients de notre bonheur. Bien sûr, c’est essentiel, mais je crois qu’à fixer nos attentions là-dessus, on devient plus frustrés qu’autre chose. On en devient perfectionnistes du bonheur. C’est aussi vrai, ce que tu écris sur les réseaux. Mon mari aussi n’a absolument jamais mis les pieds sur un réseau social, et reste un peu en dehors de toute cette vague. Il est cependant bien sensible à cette tendance qui va au-delà des réseaux et qui atteint les discussions, aussi, un peu. On “parle” bien-être, méditation, lâcher-prise, on parle sourires, bullet journal (!), comme si l’humanité était prise dans un vaste mouvement mimétique en pleine quête de bonheur. (Avec au fond l’idée (fausse?) que ce qui rend heureux les autres nous rendra sans doute heureux nous-mêmes). Bref, je continue sur ma lancée et suis sans doute un peu longue, mais merci, vraiment, pour tes mots, et aussi pour nous et notre haricot qui devient une plante géante là à l’intérieur! 😀

  7. Cela fait 1 mois que j’ai découvert votre plume, et chaque fois elle me bouleverse, elle me transforme, m’émeut. Merci beaucoup. J’apprécie grandement votre approche de la vie.
    Et ce texte-là en particulier vient s’ajouter au livre d’Aldous Huxley “Le meilleur des mondes” que j’ai posé pour venir vous lire. Je n’apporte donc rien en particulier avec ce message, il me permet simplement de remercier et de m’aider à poursuivre ma réflexion, car j’ai le sentiment qu’à la fois les choses sont plus simples que ce que les gens croient et bien plus compliquées que ce que les gens aimeraient.

    Voilà vous avez provoqué une demi-heure de réflexion intense merci 🙂

    1. C’est amusant, Elendil, l’idée que tout est à la fois plus simple et plus compliqué, c’était ma première idée de conclusion. Je ne sais que dire à part un très sincère merci pour votre merci à vous. (Et vous m’avez donné envie de relire Huxley, alors, merci aussi.)

  8. Cette année, j’ai décidé de travailler mon ouverture.
    J’ai la fichu tendance à vouloir tout anticiper un maximum, et dès que pointe le moindre changement, le sol s’effondre et je tends à perdre vraiment tout contrôle. Et dans cette ouverture, je veille à apprendre à accueillir les émotions aussi. A accompagner autrui à le faire aussi (parce qu’il faut le dire, on est quand même un peu handicapé des émotions au quotidien! on croule, on bloque mais rarement ouvrons-nous nos cœur).
    Ton article sonne juste: le monde est fait de changements, et j’en ai appris à aimer les variations et les intensités. J’apprécie la légèreté, mais aussi la (les) profondeur(s). Le soleil qui miroite sur l’eau est magnifique, mais les abysses sont encore plus intrigantes! Loin de moi de dire que le bonheur n’est que surface, au contraire. Je pense que le bonheur est comme l’eau profonde : il est souvent logé au creux de nous, mais selon les reflets de la surface, on le perçoit différemment (ou parfois pas du tout- du genre, en plein tempête – avec des éclairs et tout).
    Je retiendrai les mots sages de ton père et ta phrase de conclusion qui est si belle car légère et pleine de sens 🙂

    1. C’est une très jolie image, le bonheur en eau profonde… Je te souhaite beaucoup de succès dans ton travail sur l’ouverture, Emilie, et suis persuadée de tes progrès sur toi, les mêmes que nous avons tous à faire sur nous-mêmes. Je suis un peu comme toi, à avoir peur de l’inconnu au point de tout anticiper. J’ai un petit agenda dans la tête et j’ai besoin d’une routine pour me rassurer, un grain de sable, même positif, me fait peur. Cette grossesse vient comme un boulet de canon, parce que là, c’est un grand saut dans l’inconnu. Je ne sais pas comment sera février, mars, et encore moins après. J’essaie d’imaginer, mais c’est impossible. Tant mieux. Il faudra accueillir. J’essaierai… Merci de tes mots toujours doux et justes.

  9. Ton article me fait arriver à cette réflexion : le problème du bonheur, ce n’est pas de le chercher, mais d’en faire une obligation dans nos vies.
    Bien sûr que nous y avons tous droit, après ce n’est pas une obligation d’être heureux H24, contrairement à ce que certains messages ou discours veulent bien nous faire croire. D’ailleurs les autres émotions ont leur importance, et elles doivent être vécues pour pouvoir laisser sa place au bonheur (enfin, c’est là-dessus que je travaille depuis un moment, alors je ne suis pas sure d’être bien placée pour dire cela).

    Et je voulais dire aussi, que oui on montre souvent les choses jolies de nos vies, notamment parce que dévoiler son jardin gris aux inconnus ce n’est pas forcément une bonne chose pour soi (et pour l’autre non plus je crois, enfin pas forcément). C’est sans doute ce qui fait que quand on regarde les autres on ne voit que leur “beau”… Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont tous heureux, tout le temps : nous avons tous une palette d’émotions à utiliser et vivre…

    Bref, je te rejoins sur ce que tu évoques dans l’article.

    Mes mots sont confus, j’ai bien du mal à articuler mes pensées… C’était ma modeste et bordélique contribution au sujet !

    1. J’approuve bien volontiers ta bordélique contribution, Mnémo! Le bonheur n’est pas un 24h chrono, non non… 🙂 Je t’embrasse et te souhaite des jours de toutes les couleurs.

  10. Bonjour Céline,

    je suis tombée il y a quelques jours sur un entretien à la radio avec Jean-Louis Fournier, auteur du livre “Bonheur à gogos”. Un poil impertinent mais sa façon de “dénigrer” le bonheur m’a fait réfléchir: le vrai bonheur, ce n’est pas de l’atteindre, mais le chemin pour y parvenir ! Il s’offusque de cette obsession pour le bonheur à tout prix, et peut-être n’a-t-il pas tort ?

    Ce que tu écris sur le droit d’être triste me parle beaucoup: j’essaie de mon côté de désactiver la partie de mon cerveau qui voit ma tristesse comme une défaite… Pas facile 🙂

    Bonne soirée !

    1. Exactement Ada (je réponds un peu tard, et tu ne liras peut-être jamais ma réponse, mais j’ai adoré ton commentaire!). J’ai lu hier des mots du philosophe Fabrice Midal, qui parle également du calme, du fait qu’on idéalise et prône à tout va le fait d’être calme dans une vaste mode de la pensée. C’est comme si on n’avait plus vraiment le droit d’être révolté, en colère, bruyant, enthousiaste, alors que dans l’histoire de la philosophie, c’est essentiel! J’ai bien aimé ces mots-là.

  11. Merci Céline de décrire si bien ces épisodes qui nous traversent un jour ou l’autre ! On nous répète qu’on a le droit au bonheur ! et tu fais bien de préciser qu’on a le droit d’être triste ! et c’est tant mieux, on n’est pas au pays des bisounours !! Je pense que pour apprécier la vraie valeur de la vie il faut en passer par les deux, sans tomber dans les méandres de la tristesse ou douleur, mais le jour où le gris l’emporte, se dire que le lendemain ça ira mieux. Après pas mal d’épreuves, je me surprends à penser que oui, la vie est belle, malgré tout ! Et j’essaie de le communiquer à mon entourage, à commencer par mes enfants !
    Belle journée, et j’attends mon n° 18 de Simple Things avec impatience !!

    1. Voir le rose ET le gris, c’est ça qui est difficile, et tu as l’air d’y parvenir si bien! Merci beaucoup pour tes mots toujours adorables, ici et sur Instagram <3 Douce et heureuse (!) soirée.

  12. Un super article, bien écrit, qui pousse à réfléchir, qui fait accepter toutes les facettes de notre vie et de nos sentiments. Ton article me déculpabilise, moi qui me pousse dernièrement à combattre toutes les émotions négatives qui pourraient faire surface. Il est bon de les accepter et d’en laisser sortir quelques unes pour mieux apprécier ce bonheur justement. Qui est, avouons-le nous, jamais constant. On flanche par moment et il faut être d’accord avec ce fait.

    Merci pour ces jolis mots en tout cas !

  13. Comme tu as raison, et comme ça fait du bien de le lire ! J’ai remarqué que dans cette déferlante de “blogs bonheur”, ceux que je préfère et que je suis assidûment, en fait, ce sont ceux qui sont vrai. Ceux qui osent parler du malheur de temps à autre, des difficultés de la vie et des ombres au tableau. Je crois bien que le tien en fait partie, je crois bien que je vais l’apprécier.

    “Nous oublions que nous sommes tous les chanceux de quelqu’un d’autre.” Comme cette phrase est belle et réconfortante ! Moi qui ai la fâcheuse tendance de me comparer (et de m’inférioriser), j’oublie souvent que ma vie n’est pas si noire et que je dois aussi, au moins un peu, en faire rêver d’autres. Merci pour cette piqure de rappel.

    1. Tu peux même d’amuser à lister tes chances, tout ce qui peut être enviable, tu verras, ça grimpe vite… (Pas pour culpabiliser en mode “j’ai tout pour être heureuse”, juste pour poser un regard bienveillant sur ton chemin à toi, qui a forcément ses lumières! 🙂 ) Merci beaucoup Julie!

  14. L’une de mes amies m’a envoyée cet article en me disant “c’est ce dont on a parlé”, et elle a bien raison. Je suis dans une période de “tristesse” si on peut dire, et je crois que tu as touché un point important : j’ai le droit d’être triste. Je pense aussi que tu as raison sur un autre aspect, celui qui dit que la quête du bonheur parfait entraîne souvent jalousie et frustration (là encore, je me reconnais bien). Ton texte est beau, bien écrit, et emprunt d’une sensibilité qui m’a touchée – et qui m’a quelque peu libéré. Merci pour le partage et la réflexion ! 🙂

    1. Je suis touchée que cela ait pu te parler, Marion. Libération sur le bonheur! 😉 Parfois, c’est bon de refuser de se donner des ordres (autrement dit, ne pas s’ordonner la perfection, mais ne pas non plus, au contraire, s’ordonner de lâcher prise et d’aller bien!) Je te souhaite plein de réflexions et de sourires qui viennent tout seuls.

  15. En lisant ce très bel article, j’allais te dire que c’est exactement ce que j’avais besoin d’entendre ces jours-ci, sans avoir vraiment réussi à mettre des mots dessus, que cette course à l’image de bonheur permanent me fatigue parfois, et aussi que des journées lovée sur le canap ne sont pas perdues, et puis surtout, surtout, qu’on a le droit à des moments akoibon, et puis celui d’être un peu triste, même pour rien ou presque. Et comme nous sommes des êtres de paradoxe, j’écris pourtant sur tous ces petits moments précieux, pour les apprécier mieux, pour m’en rappeler plus clairement, pour parfois les provoquer aussi, et parce que c’est cette trace-là que je voudrais laisser… Mais je préfère voir ces moments comme des pépites, en être consciente, et savoir aussi que les journées ne peuvent pas être remplies que de ça. Je voulais aussi ajouter quelque chose que j’ai entendu dans un très joli docu, “la philo vagabonde”: la quête du bonheur est illusoire, alors oublions le bonheur et entrons dans la joie – ou, ma mémoire étant ce qu’elle est, quelque chose comme ça ;-). Bref merci d’avoir mis des mots sur tout ça!

  16. La 2ème photographie est magnifiquement sublime! *0*
    C’est bien de désacraliser le bonheur pour une fois et c’est un article qui me fait du bien de lire car parfois, c’est comme si je m’interdisais d’être triste alors que la tristesse est une émotion comme un autre, qu’elle vient et finira par passer. De plus, plus on refoule ses émotions, plus celles-ci se feront plus fortes les prochaines fois…

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