Écrire pour soi

TITRE

Aujourd’hui, j’aimerais qu’on parle d’une chose qui me tient beaucoup à coeur.

(Hormis l’aube, le chocolat aux amandes, le thé vert et Venise.)

(Bon sang, je suis tellement prévisible, comme fille.)

Non, je voudrais vous parler de l’écriture.

Je lisais l’autre jour un article évoquant l’incapacité d’écrire à la main qui se développait dans certains états américains où l’éducation favorisait l’apprentissage du numérique, au détriment du manuscrit. Et je remettais tout en cause, y compris mes propres idées, pour y voir clair. Oui, après tout, pourquoi avoir besoin d’écrire à la main? Quelles sont les occasions, précisément, dans la vie courante, qui exigent sans échappatoire le maniement du crayon? Les chèques? Les listes de courses? Les adresses sur les enveloppes? Les petits mots posés sur la table du salon? Il faut être honnête, on peut toujours contourner ces occasions, et de plus en plus. Paypal, une i-liste, un autocollant fait en machine à la poste, un SMS, et zou, on peut faire un feu de joie de nos vieux carnets et crayons et danser autour en chantant « vive la technologie ».

Point d’ironie, ou à peine, dans mon introduction : je ne veux pas renier au numérique son utilité et sa modernité. Je ne comprendrai jamais les petites mamies qui sortent leur chéquier dans la file qui s’allonge d’un supermarché, s’opposant à la carte bleue (Méphisto du monde moderne), ni ceux qui estiment inutile d’apprendre à taper rapidement sur un clavier parce qu’il est «bien mieux» (?) d’écrire à la main, comme au bon vieux temps (concept si rassurant).

Simplement, je crois que, si la technologie est merveilleuse, il est drôlement intéressant d’interroger le savoir écrire, non pour l’écriture « utile », mais pour l’écriture à usage personnel.

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Je ne veux donc pas, ou pas seulement, parler ici de l’approche technique et utilitaire de l’écriture, ni du côté nomade du Moleskine. C’est souvent le premier argument : « moi, j’adore écrire à la main, j’emmène un carnet partout et cela me permet de noter des idées tout de suite. » C’est un très joli argument, mais j’aimerais aller un peu plus loin, et interroger la plus-value de l’écriture manuscrite au-delà de cet aspect pratique. Je laisserai de même l’écriture pour « se rappeler», la liste de marché, le CV même, ou l’adresse d’EDF pour poster sa facture, parce que ce sont des occasions où le manuscrit est facilement contournable, et sera sans doute dans l’avenir de plus en plus contourné. Non, je voudrais que l’on questionne la beauté et la nécessité de continuer à écrire juste pour soi, et même chez soi.

D’abord, pourquoi, franchement?

1.POURQUOIECRIRE

J’ai envie de répondre : pour rien. Ou plutôt, si, pour faire du beau, pour la dimension artistique que l’écriture personnelle permet. (Et c’est utile puisque c’est joli, dirait Saint Exupéry.)

Écrire, c’est un acte charnel, c’est un peu de soi qui se prolonge par le crayon, l’encre, et le papier, plus concrètement que lorsque l’on est face à son écran. Je crois que je ne suis pas la seule, sans être véritablement « écrivain » mais amoureuse de l’écriture (et fortement investie à son égard), à le ressentir : l’écriture sur papier a quelque chose de plus charnel et plus joli, plus sensuel, parce qu’elle est liée à la vue, au tracé des lettres, mais aussi à l’odeur, et au toucher bien sûr. Celui du papier, du bout du crayon, celui de la résistance plus ou moins grande qu’offre le grain sous la plume. (Si en plus, on est très doué(e) et qu’une phrase écrite devient oeuvre d’art, alors…)

Ensuite, je crois qu’on oublie trop souvent la dimension philosophique, intellectuelle, que l’écriture à la main offre comme ouverture complémentaire à l’épanchement sur clavier.

Écrire avec un crayon permet une autre forme de réflexion, offre à la pensée un épanouissement très différent. Écrire à la main, c’est s’obliger à prendre son temps, raturer, et garder le cap du bout de sa phrase alors qu’elle prendra du temps à passer de concept à mots posés jusqu’au point sur le papier. C’est s’ouvrir à une autre forme de pensée, nettement. Parfois, quand je réfléchis à un problème, un concept, ou même à la narration d’un événement, je me rends compte que combiner un travail sur clavier et un autre avec crayon mène vers deux chemins différents et complémentaires. Lâcher le clavier pour passer au crayon (et l’inverse) vient d’un seul coup enrichir la pensée, la développer, mine de rien. (!). Écrire, manu-scrire, c’est se forcer à offrir plus de temps à la verbalisation, et même à soigner son brouillon, mille fois plus riche que sur écran. Mes écrits sur traitement de texte sont des palimpsestes sans brouillon, et je suis souvent triste d’en avoir perdu la genèse. Sur papier, on garde tout, les mots rayés, les phrases dont la place est changée, les ajouts dans la marge, les phrases rageusement raturées, les petits adjectifs glissés en accolade.

Toute cette richesse, esthétique, artistique, mais aussi intellectuelle, je crois qu’il serait vraiment dommage de l’oublier, et de voir un jour disparaître l’écrit comme un yaourt périmé ou une Simca 1100. (Ou des babies, vous en aviez, des babies? Je m’égare.)

Bon d’accord, mais on écrit quoi, alors?
2.QUELCONTENU

Tout. C’est la liberté totale, les amis : on peut écrire tout ce qu’on veut. S’il vous plait : abandonnons l’idée qu’écrire doit avoir une forme et un but. Écrire pour soi, que l’on destine ses écrits à une publication quelconque ou pas (et surtout « ou pas », on n’est pas des Victor Hugo, personne, donc sentons-nous libres) (Enfin je crois) (Si vous êtes persuadés d’être Victor Hugo, passez ce paragraphe), est un acte totalement affranchi.

Cela peut être phrases sans suite, mot sans suite. Mots jetés en vrac, même un seul mot qui occupe toute la page. Phrases nominales, sans verbe. Inspirées par un sentiment, un moment vécu, par je ne sais quelle folie vous poussant à prendre le crayon à ce moment-là.

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Cela peut simplement être une expression que vous venez d’entendre de la part de votre mari/copine/amant/colloc, ou même de la radio ou de la télévision. Cela peut être l’humeur qui domine chez vous en cet instant I, ou ce que vous voudriez hurler mais vous n’osez pas, ou ce que vous voudriez vous répéter comme important. OU FUTILE.

Oui, l’écrit pour soi n’a pas besoin de dire l’important, non plus, gardez-le en tête. Il peut être léger, inutile, fou, naïf, absurde, anecdotique – comme il peut être essentiel, soit parce que son auteur le voulait, soit parce qu’il a joué un rôle de révélateur.

Si l’on veut vraiment que cela ait du sens on peut s’inspirer de ces idées…

  • Faire la liste des jolies choses vécues dans la journée.
  • Lister une catégorie de pensée pour y réfléchir. « J’ai peur de. » « J’ai besoin de ». « Quel est mon objectif en ce moment? ». « Qu’est-ce qui est important pour moi? » « Quelles sont mes priorités? »
  • Choisir une personne qu’on aime et lister ce qu’on voudrait faire avec elle, ou ce qu’on voudrait lui offrir, ou ses qualités.
  • Repenser à une scène où l’on a ri, et l’écrire.
  • Choisir une personne que l’on aime, et lister ce qu’elle aime dans la vie. (J’adore faire ça.)
  • Faire des étoiles de mots un peu folles pour détailler une idée. (« T’es bien gentil » au centre, et des traits tout autour vers ce que cela nous inspire, ou ce qui est lié à l’idée, de manière anarchique.)
  • Écrire une réplique de film qu’on aime bien.
  • Recopier un passage de livre, un incipit, une phrase, un paragraphe.
  • Lister ce qu’on fera un jour.
  • Écrire un mot dont on aime la sonorité. (Polochon, citronnelle, tintinnabule, à vous?)
  • Chercher un mot dans une autre langue. Sensibilité en italien, beauté en portugais, art en grec…
  • Lister : s’il fait beau demain, je…. s’il pleut dimanche, je…
  • Choisir un personnage de livre et se dire : Que ferait-il s’il rencontrait mon problème en ce moment?
  • Résumer notre vie rêvée en trois mots. Allez, Cinq.
  • Écrire notre propre nom (tout simplement – mais en prenant son temps.)

La liste est ouverte!

Cela peut même être simplement des symboles, des gribouillages et spirales autour d’un mot…

Ce n’est pas grave si c’est vulgaire, si c’est raturé, si c’est maladroit, s’il y a des fautes. Ce n’est pas grave si cela paraît absurde, faible, mauvais. Ce n’est absolument PAS GRAVE. Au contraire. C’est spontané, c’est vivant, donc c’est beau.

Dites-vous bien que ça vient de vous, donc, c’est forcément précieux.

3SURQUOIECRIRE

Partout. Sur un joli carnet, sur une feuille volante, sur un cahier à l’épaisse couverture.

Sur du papier glacé, sur du papier de brouillon. Sur les murs. Sur du grand format, sur du tout petit.

Ce sera peut-être très joli. Cela paraîtra peut-être fort laid.

Ce sera peut-être relu, de nombreuses fois. Ce sera peut-être jeté, ou oublié au fond d’un tiroir.

Toujours, il y aura eu un cheminement de la pensée, et c’est ce qui compte.

N’écrivez pas dans le but de garder une trace, même si cela arrivera sans doute. Écrivez juste dans le but d’écrire, de vous reconnecter avec vous-mêmes, de prendre l’écriture comme moyen d’expression et de jaillissement artistique, même s’il vous paraît modeste, ou ridicule.

Non, non : il n’est pas ridicule. Il vous fait exister un peu plus fort.Ecrirepoursoi3

Gardez vos crayons, gardez vos papiers, faites-en des papillons pleins de lettres. Et n’écrivez pas (ou pas seulement) « utile ». Écrivez pour vous, et à la main (aussi).

Parce qu’écrire, c’est penser. Oublier le crayon, c’est priver l’écriture de son côté jardin,

et cela réduit considérablement la scène.

39 commentaires sur “Écrire pour soi

  1. Quelle belle réflexion!
    Pour ma part, j’adore « magnolia » et « sauvage » 🙂

    Je serais incapable de travailler sans écriture manuscrite. D’une part, elle est beaucoup plus flexible pour réaliser les liens de la pensée, et d’autre part, l »écriture manuscrite permet de garder une trace du cheminement de la réflexion.

    Même si en cas de long texte à écrire, je râle sur la lenteur de ma main à suivre les 1001 chemins empruntés par mon esprit, l’écriture manuscrite reste largement présente dans mon quotidien, notamment pour les actes essentiels comme envoyer une lettre, offrir un poème. Même nos invitations de mariage, j’ai calligraphié le message (qui a ensuite été scanné – parce que sinon, 100 invitations à calligraphier, cela faisait beaucoup!).

    Ecrire à la main, c’est un beau cadeau à se faire ou à offrir 🙂 D’ailleurs, je m’y remettrais bien à envoyer des petits mots par la poste, qu’en penses-tu? 😉
    Douce soirée printanière chère Cèl !

    PS: j’ai vu ta photo sur Instagram avec la jolie guitare et ton allusion à Game of Thrones et je voulais te partager ceci : pour la cérémonie du mariage, on va arriver sur « The Rains of Castamere » joué au piano et au violoncelle par deux amis =D je ne te dis pas comme on a hâte de ce passage !

    1. Oh là là, mais oui, des mots qui volent par la poste, mille fois oui! Et, pour la guitare (c’est une mandoline en fait, mais c’est presque pareil) : je trouve l’idée de musique de mariage très originale et ne manquant pas du piment qui te ressemble! Oh, comme j’imagine votre entrée féérique… Vous devez avoir hâte! 🙂

  2. Coucou Cél !
    Déjà, parce que c’est le premier truc que j’ai remarqué (enfin que j’ai cru reconnaître !), tu as un stylo plume Parker (encre noire ou bleue ?) ? Et un Faber-Castell (Pitt Artist ou Broadpen 1554 ?) ?
    Personnellement j’ai les deux : du Parker pour le Moleskine (les deux achetés à Montréal <3 ) et le Faber-Castell Broadpen 1554 pour le "Bullet Journal" (Leuchtturm 1917) / agenda (Frankie Diary).
    J'ai toujours écrit manuscrit et je crois que je ne pourrais pas m'en passer.
    J'ai un cahier au bureau qui me sert pour tout mes projets, pour organiser mes mois, mes semaines, mes journées, faire des listes, noter les "phrases du jour des collègues" (exemple : "on va tout faire pour graver ça sur du papier"), réfléchir à une stratégie, au plan d'un document, et plein d'autres choses.
    Le Moleskine, c'est pour faire le bilan le soir de ma journée, me rappeller pourquoi elle a été belle. Si j'écris le matin, c'est pour noter un rêve, écrire un texte d'une consigne d'écriture, ou prendre le temps de réfléchir sur quelque chose.
    Le Leuchtturm, c'est pour l'organisation de ma vie personnelle : noter mes voyages, la liste de livres à lire, une citation géniale, la liste de ce que je veux faire dans la journée, mes rendez-vous personnels, etc.
    Et puis je suis une grande fervente des lettres qu'on envoie par la poste, des cartes postales de voyage (petits et grands).
    Enfin j'écris partout, j'ai une cargaison de carnets (j'ai un carnet de "listes au Père Noël et autres intentions à la vie" aussi), j'écris même les grandes lignes de mes articles du blog sur papier avant de les taper, et mes cours sont dans un premier temps écrits à la main, puis remis au propre, et parfois mis à l'épreuve du numérique…
    En résumé : longue vie à l'écriture manuscrite !
    Des bisous douce et jolie Cél !

    1. Oui, j’ai un stylo plume Parker, avec le petit prince dessus. C’est un exemplaire extrêmement rare, et impossible à trouver : il m’a été offert par une merveilleuse amie, qui a réussi à en retrouver un exemplaire neuf il y a quelques mois. Depuis, je m’en sers chaque jour… 🙂 Quant aux carnets, je suis une fan des paperblanks! J’en ai de plusieurs tailles, mon agenda en est un également d’ailleurs, j’emmène les tout petits en voyage, ils sont résolument ma marque chouchou.
      J’aime toutes tes listes, et j’ai souri à la liste au père noël, c’est vrai qu’il faut y songer dès le printemps… 😀 Bisous Mnémo!

    2. Il est vrai que ça fais presque 4 ans que cette arcticke a été écrit donc vous ne verrez peut être jamais ce message mais en tt cas j ai bcp aime votre travail et votre écrit , ça m a bcp aise pour mon travail personnel donc j espère que vous verrez quand même ce message .
      Merci fortement. ☺️
      J ai vraiment adorer

  3. Je suis accro à l’écriture manuscrite… une espèce en voie de disparition dans mon métier où les ordinateurs sont si présents… En réunion, je suis une des dernières à noter dans un cahier, et je cumule mes cahiers au fil des années : ils sont support de ma mémoire, de mes errances, de mes réflexions, de la façon dont j’avance dans mon travail (ou dont je recule aussi parfois), de mes doutes, de mes certitudes ! (et parfois j’aime bien relire mon cahier d’il y a quelques années… )
    A la maison, j’écris toujours aussi à la main, dans mon « carnet de voyage du quotidien », des petites (ou moins petites) choses, de doux moments, des anecdotes, des phrases (et je colle aussi pas mal en support à mes mots)… J’écris au stylo plume, à l’encre turquoise (#JAiDouzeAns) (mais en voyage, je prends un feutre, ça risque moins de couler), je pose quelques mots sur la page de mon carnet, des impressions, des idées…
    Tu as raison, il faudrait un peu plus collectionner les jolis mots (au passage, je préfère « tintinnabuler » à « tintinnabule », il m’est plus doux à l’oreille…)

  4. Ecrire à la main, prendre le temps, d’écrire moins vite que sur un clavier, de laisser notre pensée passer par d’autres méandres, de retourner sept fois la phrase dans notre tête avant qu’elle soit définitivement écrite… Une autre écriture que celle du clavier…
    En fonction de ce que je dois écrire, je choisis un outil différent : texte littéraire, lettre à quelqu’un que j’aime, pensée intime, c’est toujours à la main ; rapport professionnel, e-mails, thèse et autres documents structurés, c’est au clavier. Et je sens bien que ce sont des écritures qui ne passent pas par les mêmes circuits neuronaux et inconscients…
    L’exercice physique de la main qui écrit chez l’enfant développe son cerveau, court-circuiter ça c’est le priver d’une forme de développement intellectuel, pour ne pas dire d’intelligence… Bref, ressortez vos stylos ! Et merci pour ce billet.

  5. Quelle belle idée, cet article (encore) ! J’aime beaucoup écrire « pour moi » et j’ai différents cahiers dédiés à différents sujets de la Vie, notamment un pour noter mes visions et idées qui ont envie/besoin d’être réalisés, mais aussi les rêves. Et un autre pour les soucis, les tracas, car écrire m’aide à trouver des solutions et à prendre un peu de distance…
    Et bien souvent je recopie aussi des paragraphes d’un livre que je suis en train de lire et qui m’inspirent ou dont j’aimerais me rappeler.
    Enfin, sinon, quand je veux me préparer à un évènement, une discussion ou un examen, je dois toujours écrire, ça m’aide à mémoriser.
    En tout cas, merci une fois de plus pour un si bel article, pour tes idées originales et profondes de sujets que l’on ne rencontre pas sur d’autres blogs (cela dit, je n’en lis pas des milliers non plus, mais quand même), mais qui rejoignent tellement souvent mes goûts, pensées, conception de vie, manières de gérer son « soi ». bref, j’adore te lire, c’est toujours un plaisir !!
    Johanna

  6. Avec les études, l’habitude et le blog, j’ai pris l’habitude d’écrire le plus souvent sur mon ordinateur (bon, pas pour tout, mon petit carnet ne m’a jamais quitté, ni mes listes sur feuilles volantes, mais) et puis il y a quelque temps j’ai lu un article (dans Flow, je crois, il faudrait que je ressorte ça) sur les bienfaits de l’écriture manuscrite, en terme d’organisation de la pensée, entre autres, et je me suis alors rendue compte que je n’écrivais plus du tout à la main pour des choses qui dépasseraient les 15 mots. J’ai donc ressorti mon carnet, et là, malheur ! Comme j’étais gênée par l’impossibilité d’intercaler des phrases, à droite ou à gauche, de déplacer des paragraphes, de tester dans un sens et dans l’autre, au point de trouver l’exercice bien plus difficile que dans mes souvenirs ! Alors, j’ai voulu tenter de relever ce défi, je suis allée m’acheter un nouveau carnet (oui, j’en avais déjà un, mais là il me fallait un carnet puissant et courageux), et je me suis lancée. Et là, j’ai retrouvé cette sensation agréable de la pointe du crayon qui s’enfonce dans le moelleux du papier, je me suis rappelé que je trouvais mon écriture assez jolie avec un bic, un feutre ou un crayon (mais pas avec les autres), j’ai replongé dans ce plaisir coupable de tourner les pages et d’écouter le bruit que cela fait… Bref, c’est bon d’écrire 🙂
    (rohlala, il faudrait vraiment que j’arrêter de bavarder comme une pipelette sur le blog des autres… humhum.)

  7. Une belle réflexion sur le plaisir d’écrire pour soi, pour les autres…on n’envoie plus de cartes, le facteur se fait rare…Le plaisir d’ouvrir une lettre, de recevoir une carte de voeux, d’anniversaire où chaque mots a été pensé.
    Sans oublier l’orthographe.. J’avoue j’ai recherché le sens de palimpeste et incipit, je trouve dommage de perdre l’usage de ces mots si beaux, notre vocabulaire devient restrictif et stéréotypé. Vive la poésie, les beaux textes (je suis en train de lire « Grace et dénuement » d’Alice Ferney…Une merveille d’humanité).
    Encore merci pour ce partage via la technologie . Vive le stylo plume et les carnets.

  8. J’adore cette façon que tu as de présenter l’écriture comme une activité en cheminement et pas juste comme un résultat. Avant, je n’écrivais jamais parce que je me faisais de l’écriture une idée de perfection. Écrire pour moi revenait nécessairement à écrire un roman, quelque chose d’abouti, de fini. Du coup, je ne prenais jamais le temps de noter mes pensées, mes petits moments merveilleux, mes rencontres parce que ce ne sont que des bribes et, qui plus est, sans grand intérêt littéraire. Depuis quelque temps, je le fais et j’y trouve beaucoup de plaisir.
    J’avais le même souci avec la peinture ou le dessin. Dessiner ou peintre c’était créer, inventer un tableau, une image et, à la fin, le résultat devait forcément être beau et achevé. C’est Fred qui m’a fait justement remarquer un jour que je cherchais toujours à atteindre un objectif et que je voulais toujours que ma « création » soit parfaite ce qui fait que parfois, je ne commençais rien par peur de ne pas finir ou de ne pas y arriver. Finalement, ce qui compte, c’est d’essayer et de se faire plaisir. Arrêtons de vouloir toujours finir, accomplir, terminer. Le processus et les essais sont souvent bien plus créatifs même lorsqu’on ne crée que de petites choses.

  9. http://www.reeducation-ecriture.com/reeducation_en_ecriture/Infos/Entrees/2013/10/11_Pourquoi_faut-il_continuer_a_leur_apprendre_a_ecrire_a_la_main.html

    http://digital-society-forum.orange.com/fr/les-forums/91-ecrire_a_la_main_crest_bon_pour_le_cerveau

    Sinon, je fais désormais partie des mamies à chéquiers (enfin, à liquide plutôt, mais à CB le moins possible, car là non plus, ce n’est pas anodin de passer au virtuel) ^^, parce que j’aime bien que ma banque ne sache pas tout de mes dépenses. Mais pas s’il y a une queue de 20m, évidemment. Cela dit, où je fais les courses, y’a rarement 20 mètres de queue. 🙂

  10. C’est vrai que j’ai perdu cette habitude alors que j’adorais remplir les marges de mes cahiers d’école. J’écrivais parfois juste mon prénom en testant des « calligraphies » comme les fameuses lettres bulles des années 90. Oui j’ai connu les babies et les totoches que veux-tu ! Parfois j’écrivais aussi le prénom du garçon convoité mais chuuuuut…
    Cette habitude me permettait de me concentrer sur le cours tout en étant dans ma bulle. Beaucoup de professeurs ont essayé de me piéger en m’interrogeant par surprise pensant que je rêvais. Alors que non puisque quand je rêve j’ai plutôt le nez qui pointe au ciel ! Ou collé à la fenêtre ^^

  11. Salut !
    Je découvre ton blog, et je tombe tout pile sur cet article…que j’ai trouvé magnifique ! C’est une très belle réflexion. Je pense aussi qu’il est important de continuer à écrire à la main. Former les mots, les lettres, engage la mémoire du corps et de la main, et je trouve que cela aide bien mieux à poursuivre le fil de sa pensée… Devant l’ordinateur, j’ai souvent des phrases à la syntaxe assez approximative qui jaillissent à l’écran, problème auquel je ne fais jamais face à la main… Une histoire de concentration défaillante, de pensée qui a du mal à garder le fil ? En tout cas, je t’avoue que je ne conçois pas d’écrire autrement (nouvelles, petits projets, réflexions…), qu’à la main. Non seulement, je suis beaucoup plus productive, et je n’ai pratiquement jamais à faire face au syndrome de la page blanche qui surgit aussitôt que j’ouvre Word (c’est très frustrant XD). Quitte à tout retaper ensuite à l’ordi pour retravailler ce premier jet… Après, ça doit dépendre des gens, parce que j’ai des amis, à l’Atelier d’Ecriture auquel je participe, qui se disent mille fois plus inspirés et productifs devant leur écran… Mystère x)
    Alors, oui, l’ordinateur, c’est chouette, mais le papier et l’encre, ça reste assez indétrônable…

    Merci pour cette jolie réflexion, en tout cas, je continue ma découverte 🙂

  12. Je suis contente de tomber sur cet article. J’ai commencé à écrire. Enfin non, j’ai acheté un moleskine avec l’idée de le dédié à l’écriture. J’ai écrit dedans, quelques pages. Et puis j’ai arrêté ces derniers temps. Je me demandais si c’était vraiment utile vu que je relisais jamais. Que je l’emmenais pas partout. Que je n’écrivais pas tout le temps… Merci d’avoir répondu à ces questions. Merci de dire que peu importe, on fait comme on veut, comme on le sent. Ça ne m’étonnerait pas que d’ici peu je récrive dedans du coup. Merci pour ça.
    Merci de me rappeler le plaisir d’écrire sur une page vierge, sur du beau papier.

  13. Ecrire est devenu une de mes habitudes les plus précieuses. Je suis introvertie et j’ai beaucoup de mal à m’exprimer à l’oral; je préfère me poser dans un coin avec un thé, une bougie et de la musique douce et écrire ce que je ressens, ce que je pense, ce que j’aimerais dire à telle ou telle personne. C’est plus naturel pour moi. J’ai beaucoup de carnets (44!) qui me servent à beaucoup de choses différentes.

    Ecrire, ça me vide la tête, le coeur, me rends légère et sereine quand j’ai le coeur serré et lourd.

    Merci pour ce joli article.
    A très vite.

  14. Aujourd’hui je lis ton article. (Alors que je l’avais déjà vu dans ma Time Line Twitter mais pas l’envie le jour même de le lire)
    Je pense l’avoir lu de bout en bout précisément aujourd’hui pour deux raisons : 1-jai commence à écrire un poème dimanche (A 29 ans Javais jamais écris de poèmes encore ) je pensais que c’était trop difficile pour moi. Que je n’étais pas douée. Mais peu importe en fait. Cela me fait du bien !!! C’est l’amour qui m’inspire ou plutôt une relation sentimentale qui se finit. Pour l’instant jai seulement envie d’écrire sur ca… On verra le prochain
    2- jai achete deux carnets type moleskine aujourd’hui meme ! Pour noter mes poèmes 😉 of course ! Mais aussi des extraits de livre que je suis en train de lire !!! Je note d’autres idées que tu as cité 😉
    Merci pour ce bel article
    Ét pour ce blog
    Tu es tellement inspirante

    1. Merci pour ton commentaire, Claire! Je suis ravie que tu aies écrit un poème, c’est une forme rare, mais si libératrice. Je te souhaite bonne route avec tes jolis carnets, plein de poèmes à venir, et surtout de belles histoires d’amour pour t’inspirer plein d’autres lignes.

  15. Cet article me touche tellement ! J’adore écrire comme toi, j’ai toujours aimé ça. Au collège, au lycée et même à la fac, je recopiais tous mes cours au propre avec de belles couleurs et en m’appliquant, je perdais un temps fou mais c’était indispensable, j’adore la sensation en écrivant à la main, l’histoire que raconte l’écriture. On apprend pas mal d’une personne en regardant sa façon d’écrire.

    Et c’est sans doute pour ça que j’adore aussi les stylos et les carnets, qui sont liés à l’écriture !
    Du coup chez moi, j’entasse les carnets et les beaux stylos. Le seul souci, c’est que quand je commence à écrire dans un carnet, quand je le rouvre quelques jours/mois/années plus tard, ça ne me plait plus, alors j’arrache la page ou j’abandonne le carnet dans un coin. Ca me rend toujours un peu triste, c’est ma contradiction 😉

    1. Merci Pauline! 🙂 C’est vrai qu’on apprend beaucoup de quelqu’un grâce à son écriture, même sans avoir fait de vraies études de graphologie! J’adore regarder le tracé des lettres, la signature, la hauteur choisie sur une feuille toute blanche, le crayon lui-même, plume, bille, couleur, noir… Et sinon, pour le carnet oublié/abandonné, je connais ça, mais je t’assure, ne ne jette rien, c’est trop précieux!

  16. C’est rageant quand on est blogueuse (et qu’on revendique le fait d’écrire) de tomber par hasard sur ton article et de se dire « merde j’aurais aimé écrire ce billet ». Bravo et très jolies photos. Tous les textes que j’écris, passent d’abord par les pages de mes carnets…

  17. Je découvre votre site par hasard . J’ai besoin d’écrire pour libérer des pensées qui occupent trop mon esprit , pour me réapproprier mon moi vrai, authentique …….
    J’ai lu Un 1er article lu me plait beaucoup .
    Merci

  18. Merci pour cet article fabuleux ! J’adore écrire ! j’ai tenu longtemps un journal puis abandonne et je l’ai repris avecplaisir ! Le bonheur d’écrire au stylo plume me procure un sentiment de pléntitude et je me sens moins bête ! Je n’ai pas fait d’études très longues et je me suis sentie longtemps amoindrie par cet état de fait. Mais j’aime lire et je suis créative au sens large du terme et aussi très manuelle !
    je fais aussi un bujo depuis septembre et je suis ravie de décorer mes pages par ci par là !
    Et si je saute un jour ce n’est pas un drame !
    Mais mon préféré est mon journal sur un grand cahier à petits carreaux sur lequel j’écris au stylo à plume ou au roller ! bien plus beau rendu qu’un bic !
    et cela me fait tellement de bien d’écrire ma vie et tout ce qui va bien ou mal !

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