La méditation

Depuis cinq mois, j’ai commencé à méditer. Officiellement, je veux dire.

Dans l’absolu, rien d’incroyable, rien de révolutionnaire. Peut-être même vous dites-vous :  « Bon sang, encore une », ou encore « Mais quelle est cette grande mode de la méditation qui affecte le monde ? »… Il y a aussi le récurrent : « Moi la méditation… je n’ai pas le temps, et puis, c’est perché, et puis, si je fais ça je m’endors. »

En effet, j’ai bien conscience que vous n’avez pas tous la même idée de la méditation, vous tous qui me lisez. Soyons concrets : vous risquez de déjà connaître le mot. « Méditer. » Peut-être êtes-vous familiers de la méditation, peut-être la pratiquez-vous déjà. Ou alors… peut-être n’avez-vous à ce sujet-là qu’une idée vague. Enfin… Peut-être que vous avez déjà eu à son égard une curiosité calme et curieuse, et peut-être que vous vous heurtez à tout plein de résistances, extérieures ou intérieures, pour vous y mettre. Si c’est le cas : c’est (un peu) pour vous que j’écris cet article. 

C’est que, voyez-vous, je suis un bon exemple de résistance à la méditation. Et pourtant… Une fois que je m’y suis mise, je ne l’ai plus lâchée. Et si j’ai peur d’en faire trop en disant que cela a changé ma vie, je peux néanmoins affirmer qu’elle a trouvé une vraie place dans mon quotidien, et que son incidence est suffisante pour que j’en conserve une pratique quotidienne. Je vous explique.

1 : Les débuts

J’ai entendu parler de la méditation pendant des années. Je me souviens avoir lu des interview de personnes célèbres qui la pratiquaient, et j’entendais régulièrement Christophe André, qu’on ne présente plus, en parler sur France Inter. (Oui, quand je veux faire sérieux j’écoute les replay de France Inter.) Mais voilà, je n’arrivais pas à me lancer. 

Je crois qu’il me fallait un déclic. En octobre dernier, j’ai dû faire face à de nombreux stress, nés dans les cadres professionnel et privé, et qui avaient des répercussions trop néfastes dans ma petite vie intérieure. Je croulais sous la charge et j’avais l’impression de ne plus avoir une seconde pour moi. Je craquais régulièrement et j’avais l’impression d’être totalement dépassée. J’avais entendu parler de l’application « Petit Bambou », et je me suis dit que je pouvais tenter, et que je verrais bien. Il y a huit séances gratuites, et après, l’abonnement est payant (mais résiliable). J’ai essayé les huit séances gratuites d’abord.

J’ai fait une première séance, et là, REVOLUTION. J’en suis sortie totalement sceptique et surtout très énervée. Je me suis rendue compte qu’à l’intérieur de mon cerveau… c’est l’A10 au premier weekend de juillet. C’est un vacarme sans nom, ça fuse, il n’y a pas de pause, c’est décousu, c’est sans cesse dans le passé ou le futur, c’est un bric-à-brac, c’est tout mélangé, et surtout… c’est incontrôlable. 10 minutes, à essayer de ne pas penser à « tiens on m’a dit ça tout à l’heure, c’est fou », « qu’est ce que je fais demain », « comment j’organise la journée » « ah mais c’est vrai que… », 10 minutes à pester parce que la concentration s’en va… c’est long. 

Pour être sincère : j’ai fait une pause après les huit séances. Ma résistance (encore !) est revenue, il y a eu les vacances, j’ai eu du mal à trouver du temps dans mes journées. 

Puis la rentrée est arrivée, et là, j’ai retrouvé un rythme -mais le stress avec. Donc j’ai poursuivi l’abonnement.

Honnêtement, je crois que c’est bien que ce soit payant, même si ça reste abordable, parce que cela pousse à continuer. (Un peu sur le même mécanisme du sport pour ceux qui ont du mal : une fois qu’on est inscrit et que l’on a payé pour des cours, on n’a pas très envie de sécher.) 

Et je n’ai pas manqué une seule séance en novembre, puis en décembre… puis en janvier, puis en février. 

Il faut me rendre à l’évidence : la méditation est entrée dans ma vie, et l’a un peu changée.

2 : En quoi ça consiste ?

La méditation est tout un art. Il y a ici un excellent article qui explique le principe. Celle que je pratique s’appelle « méditation de pleine conscience ». Cela signifie que le but est, déjà, de se poser, dans un endroit silencieux et calme, au même moment chaque jour. La séance peut durer 10 minutes, ou davantage. (Sur l’appli, c’est très bien fait, on peut classer les séries par durée. Je préfère celles de 20 minutes qui sont plus efficaces et plus profondes, mais si je cours vraiment après le temps, plutôt que de ne rien faire du tout, j’en fais une de 10 minutes, c’est déjà très bien.) 

Déjà, rester immobile, dans le silence, sans livre, sans podcast, sans téléphone (!), sans discussion, sans agir pendant 10 minutes… C’est un premier pas. Si on n’a pas l’habitude, honnêtement, rien que cette première étape ne peut être que bénéfique. 

Pendant ce laps de temps, on est assis, le dos droit. On peut garder les yeux ouverts, sans regarder quelque chose de précis, ou bien, on peut fermer les yeux. 

Le but de la méditation de pleine conscience est de prendre du recul face à nos propres pensées. Se concentrer sur « rien du tout », c’est impossible, alors on se focalise sur le souffle. On essaie de ramener son attention sur le souffle. Et si des pensées parasites interviennent, on les considère avec bienveillance, et on ramène doucement l’attention sur le « hic et nunc », ici et maintenant. 

C’est tout. 

Avec « petit bambou », il y a aussi une autre dimension : une voix nous guide et aborde des thèmes précis, on peut lancer des programmes, comme des saisons de séries : « gestion du stress », « accueil des émotions », « psychologie positive », « bien-être au travail »… Et chaque séance suit la précédente et approfondit la notion. (Comme je suis un peu psychorigide, je commence deux saisons max en même temps, et je suis chaque épisode jusqu’au bout avant d’en commencer une autre.) 

Pour l’instant, je n’arrive pas à méditer sans l’appli, dans le silence total. J’ai besoin de la voix qui me guide. Mais je crois que c’est pour chacun différent…

3. Quels bénéfices ?

Au bout des premières séances, j’étais un peu frustrée et boudeuse. Je me disais que c’était du temps perdu, dans la course de mes journées, parce que je ne me sentais pas spécialement plus zen après.

Et puis j’ai souri de ce prime reproche. J’ai pensé qu’il fallait sans doute considérer la méditation comme l’apprentissage d’un instrument. J’ai la chance de savoir jouer du piano, je l’ai pratiqué à haute dose pendant 11 ans : et j’ai pensé aux élèves qui sont très frustrés de voir qu’après deux, trois, six mois de travail (même un an !), ils ne parviennent pas à jouer comme ils l’auraient souhaité. Et non : on ne maîtrise pas un instrument, comme l’esprit sans doute, en version ultra rapide. 

A terme, et sur le papier : la méditation permet de réduire le stress, elle allonge l’espérance de vie, elle a un impact sur les télomères et donc l’ADN, elle conserve le bon état des neurones, elle corrige les dysfonctionnement des émotions et des neuro-transmissions, bref, je passe, mais si on écoute les médecins, on signe tout de suite. 

Dans les faits, juste sur moi, et juste en cinq mois : 

Cela a fait figure de déclic : un vrai apprentissage prend du temps. Une fois que j’ai mis au jour cette évidence, j’étais beaucoup plus sereine face à des retombées que je jugeais insuffisantes. 

  • Le plus flagrant est le fait que je sens une nette amélioration de ma gestion du stress, et surtout en cas de conflit. 
  • C’est curieux (et amusant) : les premières semaines, cela a eu l’effet contraire, j’étais particulièrement émotive et à fleur de peau. Je crois (de façon certaine) que la pratique a permis de dévoiler des émotions et des pensées enfouies, et ce que je prenais pour des anti-effets (« Je ne comprends pas, alors que je médite, je suis émotive ») était en fait une première conséquence positive (« débuter la méditation est en train de me permettre de ressentir, reconnaître et accepter des émotions qui étaient refoulées ».) 
  • Puis doucement, cette étape a pris fin, et j’ai accédé à une forme de calme très agréable. Je me sens plus capable de retrouver la sérénité au pied levé dans la journée.
  • Je dors mieux. 
  • J’ai dans l’ensemble une vision plus claire de ma vie et ma pensée.
  • J’éprouve à mon égard une plus grande bienveillance.
  • Et surtout : le moment de la méditation est un moment particulièrement agréable, duquel je sors toute apaisée et souriante. (Ce qui n’était pas le cas au début, donc.)

4 : Et si on est maman, c’est faisable ?

C’est sûr : trouver 10 à 20 minutes de calme parfait dans une journée, quand on a un enfant en bas âge, et si on travaille en plus… C’est compliqué. On est d’accord. On lit que « l’idéal est de méditer le matin, au lever, avant d’entreprendre calmement la journée » -et là, si on est maman, c’est lol 8000.

Personnellement, je médite le soir, juste après avoir couché Camille. (Ou plutôt pendant que son papa le couche.) C’est mon moment à moi, et je fais tout pour m’astreindre à cette discipline, parce que, encore une fois, les retombées sont trop précieuses. 

Honnêtement, le paradoxe est là à mon avis : la méditation est plus difficile à mettre en place si on est maman (et qu’on travaille), et pourtant, c’est une des situations de vie qui réclament le plus la pratique de la méditation. 

5 : Lectures utiles

Si vous avez envie d’en savoir plus, je ne peux que vous conseiller ces quelques ressources qui m’ont éclairée. 

  • Cet article est donc le plus bref pour en savoir plus !
  • J’ai beaucoup aimé le numéro Hors série de L’obs juillet-août 2015 qui est consacré à la méditation (il doit être trouvable en médiathèque). Il permet une approche générale instructive, c’est un bon début.
  • Deux ouvrages édités chez les Arènes (il y en a des dizaines !) : Calme et attentif comme une grenouille (le fameux, pour expliquer la méditation aux enfants, à partir de 4-5 ans) // 3 minutes pour méditer (quelques textes de Christophe André, très accessibles, et un CD pour accompagner).
  • Mon cahier de méditation : un bon moyen de débuter, surtout pour celles et ceux qui préfèreront faire le point sur papier.
  •  L’appli Petit Bambou : vous l’aurez compris, aura été décisive pour moi.
  • Il y a aussi ce petit Calme, mon carnet de méditation, qui est moins technique, et qui fait surtout office de petit objet-livre-joli et plaisant.

(Aucun lien n’est rémunéré.)

6 commentaires sur “La méditation

  1. Hiii, trop contente de te lire sur ce sujet.
    J’ai justement consacré quelques lignes à la méditation (d’une certaine manière) dans mon infolettre d’aujourd’hui. Je me suis demandé (pas dans l’infolettre) pourquoi j’avais arrêté de méditer pendant quasiment un an, et pourquoi j’avais arrêté. Depuis janvier j’ai repris – je suis d’accord, payer motive un peu à s’astreindre, au début en tout cas, quand ce n’est pas encore un réflexe, un moment vraiment agréable – et depuis, c’est tous les jours. (sauf avant-hier, donc)
    Et en repensant à ce fameux dossier sur le perfectionnisme, je me suis dit que je n’avais pas vraiment beaucoup progressé en méditation. Et que je m’en fiche, d’une certaine manière. Certains jours c’est une vraie plaie, je n’arrive pas du tout à me concentrer, je suis assaillie de penser super anxiogènes, et je dors mal quand même. Certains jours je découvre un océan apaisé en moi et j’ai une pêche d’enfer ensuite. J’espère que cette fois, c’est la bonne, que je ne vais pas lâcher la méditation de sitôt. La dernière fois j’ai médité quasi quotidiennement pendant environ 6 mois avant, donc, de ne plus ouvrir mon app pendant un an, j’espère vraiment que ce ne sera pas le cas cette fois. Bref, je ne sais pas où je vais avec ce commentaire, et mon curry attend d’être cuisiné, en tout cas merci, et bises.

  2. Je me retrouve un peu dans ce que tu dis: j’ai commencé la méditation avec petit bambou il y a qq mois. J’ai vu assez vite des bienfaits sur mon sommeil (je méditais avant de me coucher, quand tout est calme dans la maison). Et quand il a fallut payer j’ai trouvé le système d’abonnement trop « emprisonnant », j’aurai préféré un système par « batch ». Puis gros coup de stress et beaucoup de boulot. Bref excuse idéale pour arrêter. Te lire me rappelle que nos vies méritent mieux. je viens de débuter « calme comme une grenouille » avec mes filles, j’espere que cela va devenir notre nouvelle bonne habitude 🙂

  3. Il y a quelques mois, pour les mêmes raisons, j’ai souscrit un abonnement à petit bambou. Mais dès que les thématiques ont commencé à proposer des méditations de plus de 20 minutes, j’ai lâché. Tu me donnes envie de m’y remettre en tout cas ! Merci de ton article sur ce sujet !

  4. Coucou Céline :-)!! Ton témoignage est très intéressant et me donne envie de m’y remettre. J’ai pratiqué la méditation tous les matins pendant un an et demi-deux ans et, comme toi, j’ai constaté de nombreuses répercussions positives dans mon quotidien, notamment sur ma manière de gérer mon stress et les situations conflictuelles. Je me sentais plus apaisée et j’avais beaucoup plus de moments de présence, de pleine conscience dans mes journées. Depuis que nous avons Eurydice, j’ai beaucoup de mal à méditer (je méditais le matin, je me levais plus tôt volontairement pour pratiquer mais là, avec Eurydice à préparer, à emmener chez la nounou etc, il faudrait que je me lève avant 5h et 5h c’est ma limite psychologique!) alors que, comme tu le dis, j’en ai bien plus besoin qu’avant d’être maman 😉 mais je peine à trouver du temps pour moi et donc pour la méditation et c’est un exercice qui demande un travail régulier. Je vois bien que quand j’en fais de temps en temps, je n’ai plus les mêmes ressentis d’apaisement parce que mon cerveau s’est un peu remis sur son mode d’avant, comme ce que tu décris de tes débuts avec la méditation. Je trouve qu’on perd vite les bénéfices quand on ne s’astreint pas à pratiquer régulièrement. Je vais peut-être tenter l’application Petit Bambou. Je suis d’accord avec toi, les méditations guidées c’est drôlement chouette pour débuter. J’ai testé de méditer seule et ça m’arrive de temps en temps quand mon mp3 est déchargé mais c’est moins efficace sur moi, je vois bien que je « sors » plus facilement de l’exercice, que je retombe dans mes pensées automatiques. En tout cas, ton article arrive à point nommé et m’apparaît comme un petit signe m’invitant à m’y remettre donc merci :-)! J’espère que vous allez bien tous les trois! Des bisous de nous <3!!

  5. Bonjour Céline,
    C’est la première fois que je laisse un commentaire sur un blog.
    Voilà, j’aime bien vous lire et je voudrais m’inscrire à votre newsletter, mais je ne comprends pas je n’y arrive pas, enfin rien ne semble se passer quand je clique sur “hop”.
    Pourriez-vous m’inscrire s’il vous plait ? Merci à vous, tellement hâte de vous lire.

  6. Bonjour,

    Je préfère méditer la Parole de Dieu, la bible, et mettre en pratique: c’est plus sain, ma vie est meilleure comme ça.

    Mais bonne méditation…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *