Toi, moi, un mois. (Déjà.)

Camille a un mois, un mois rond et doux comme ses joues. Ce mois qui vient de s’écouler aura été, sans doute, le plus intense de ma vie, le plus vibrant, un de plus durs, mais sans hésiter le plus heureux aussi- c’est tellement cliché, c’est pourtant vrai. Lorsque j’étais enceinte, j’étais en quête de témoignages sur « l’après », je lisais un peu tout et son contraire, et je tremblais de ce qui m’attendait, dans mon corps, dans mon quotidien, et dans ma tête. J’ai donc eu envie de vous livrer mon témoignage : il vaut ce qu’il vaut, mais qui sait, il vous sera peut-être utile, d’autant plus que cette période n’a pas été du tout comme je l’attendais à bien des égards. J’oublie donc ma petite pudeur pour vous raconter (un peu) tout ça.

1. La vie en rose

J’ai appliqué au sujet des suites de couches, comme souvent dans ma vie, une théorie spontanée selon laquelle en s’attendant au pire, on risque moins d’être surpris (c’est une théorie pourrie, ne l’adoptez pas, si vous voulez mon avis). Je m’imaginais donc reposer mourante dans un lit pendant des jours, perdre mon sang en hectolitres pendant un mois, ne pas pouvoir marcher avant des semaines. J’ai pris une douche le matin de l’accouchement en me disant que je ne pourrais certainement pas en reprendre de sitôt, j’étais certaine qu’un vent de conflit s’abattrait à tout jamais sur mon couple, et je frémissais de m’occuper comme la pire mère du monde de mon bébé à qui je ne donnais pas longtemps à vivre avec une empotée pareille. J’aurais aimé le savoir, primipares, gravez-le sur votre bola de grossesse : ce-n’est-pas-si-terrible.

Alors, c’est sûr,  j’ai eu de la chance. Quand bien même, (et si les filles qui ont de la chance ne parlent pas de leur expérience, on va finir par déprimer) : tout s’est incroyablement bien passé. C’est sans doute en partie grâce à un accouchement que j’ai souhaité le plus naturel possible, mais je marchais juste après, et prenais une douche le soir-même (victoire). J’ai bien été gênée par une minuscule cicatrice mais cela ne dure vraiment pas longtemps, et c’est loin d’être si handicapant que je l’imaginais (là encore, j’ai eu de la chance, mais voilà, c’est bon à savoir : c’est possible.) Je partais faire de longues promenades une dizaine de jours après l’accouchement, sans me sentir différente de d’habitude. Ce qu’il faut retenir, aussi, et très sincèrement : la nouvelle focalisation sur ce petit être occulte tout. Le reste ne compte pas vraiment, et une sorte de mécanisme automatique se met en place dans le cerveau pour que fatigue et petites douleurs paraissent très relatives lorsqu’on le tient contre soi. Je croyais que c’était du blablabla : je l’ai expérimenté vraiment de manière très forte.

2. Le corps : parlons-en.

Je ne suis absolument pas une référence, mais plutôt un cas à part, je le sais bien. Je n’ose pas trop en parler autour de moi, mais je me dis qu’après tout, il n’y a rien de honteux, et que cela peut en rassurer certaines parce que là encore, c’est possible : je suis sortie de la maternité avec mon jean d’avant. (Et c’est alors que tous ses lecteurs décidèrent de la trucider). Il se trouve que j’ai pris vraiment très peu de poids au cours de ma grossesse. Cela a été une grosse source d’angoisse pour moi, mais chaque médecin me rassurait parce le bébé allait très bien, qu’il était même, au contraire, un peu trop bien portant dans ses courbes, et que « chaque corps de femme est différent », « et chaque grossesse pour une même femme», tout ça. Bref, ce poisson cachalot a puisé dans mes maigres réserves, il a bien arrondi mon ventre avec son rythme de bon vivant, et moi, je me suis retrouvée après l’accouchement avec des kilos en moins, quel comble. (Allez-y, haïssez-moi.)

À voir comme ça, c’est enviable. Et pourtant, je ne l’ai pas très bien vécu. D’une part, je me suis retrouvée assez affaiblie. D’autre part, je crois que les petits kilos que l’on garde quelques temps après l’accouchement, le ventre un peu doux, les vergetures qui s’estompent peu à peu, ont un sens: ils aident à progressivement faire le deuil du ventre plein, du corps à corps avec son bébé, et des neuf mois qui viennent de s’écouler. Sans m’étaler, je suis loin d’être réconciliée avec mon corps, que j’ai tant aimé pendant la période de la grossesse. Pour conclure: il n’y a pas de situation idéale, et le mieux est sans doute d’être indulgent avec nous-mêmes quoi qu’il arrive parce que, sincèrement, le corps est sacrément fort.

3. Dé-bor-dée.

Là, en revanche, si je m’y attendais, ce fut bien le cas : j’ai eu le sentiment durant ce mois  de mars d’être totalement dépassée par les événements. Pourtant, des périodes chargées, j’en ai connu dans ma vie, je veux dire, j’avais déjà été débordée, en plein rush, épuisée, oppressée par trop d’impératifs. Mais je n’avais rien affronté de tel, et je le répétais à mon pauvre mari aux épaules larges. La fatigue n’aide pas (pour être plus précise, je crois que c’est la cause de tout, au contraire, parce que je n’ai jamais été aussi fatiguée), et les premières semaines, j’ai aimé que l’on me dise qu’il était totalement normal d’être épuisée et débordée. J’ai eu le sentiment que je n’y arrivais pas alors que tout le monde autour réussissait si bien, que j’étais dans une tempête inconnue, j’ai eu peur, surtout des mois à venir, et avec le recul, j’étais parfaitement normale (je crois que si je n’avais pas ressenti tout ça, c’est là qu’il y aurait eu un problème). Non seulement c’est normal, mais c’est éphémère, ça passe, et je me sens déjà bien bien plus maîtresse de la situation. (#warrior) (On la sent, l’auto-persuasion, là?)

4. Et dans la tête?

Si mon corps s’est remis comme un éclair, la tête a mis du temps. J’appréhendais le baby blues parce que je savais que j’étais une candidate parfaite pour ce genre de petite réjouissance. Finalement, (mais c’est un peu tôt et tout peut encore arriver! Je parle du mois 1), ce n’était pas comme je l’attendais. Ce qui était curieux, c’est que j’étais dans le fond envahie d’un bonheur que je n’avais jamais connu, et que je n’aurais jamais pu imaginer. La tristesse était un vernis de surface. Ce n’était pas de la tristesse d’ailleurs, davantage des sautes d’humeur, des larmes incontrôlables quinze fois par jour, de l’angoisse de l’avenir, tout en étant consciente que la vie était incroyable et magnifique (le tableau vous fait très envie, j’en suis sûre, là, comme ça.) Si j’ai craqué plein de fois, je garde en tête que durant ce mois difficile, j’ai fait l’expérience d’une plénitude nouvelle, infinie, alors, le baby blues, là encore, ce n’était pas grand chose.

5. Les petits conseils, alors?

Si je devais chercher les solutions qui m’ont permis (et me permettent encore) de tenir et d’aller mieux, je les trouve assez vite. Tout d’abord, j’ai toujours essayé de rester plutôt active, durant ma grossesse et après. Je n’ai pas fait douze triathlons par mois, mais je marchais dans la campagne tous les matins, quasiment jusqu’à l’accouchement, et dès une semaine après ce dernier. Ça m’a aidée à sentir mon corps vivant, debout, ça m’a permis de prendre l’air, de voir l’horizon calme et de me retrouver avec moi-même (même en tête à tête avec mon petit homme), et sincèrement, c’était vraiment très précieux (et ça l’est encore).

Ensuite, j’ai essayé de lister chaque jour les choses à faire, et j’y glissais de petites choses sans rapport avec mon bébé qui ne prendraient pas trop de temps, comme prendre une photo pour ici ou Instagram. (L’exemple n’est pas anodin, c’est une précieuse petite fenêtre vers l’extérieur et vers un semblant de vie active qui m’aère la tête). Ainsi, je cultivais la petite satisfaction d’avoir fait ce que j’avais à faire et pas seulement pour mon petit garçon. Ça pouvait être aussi lire un chapitre, faire un gâteau, me faire une coiffure, ou toute autre petite tâche qui prend quelques minutes. Je me disais, wow, j’ai eu une journée active, alors que j’avais juste fait une tresse ou pris une fleur en photo (on se motive comme on peut) (à l’écrire, je me rends compte que je suis une mytho de l’organisation du 1er mois.)

Autre conseil évident : dormir, le matin, l’après-midi, n’importe quand si on y arrive, lâcher prise sur tout le reste, être indulgente.

Et puis… se faire confiance. Un bébé est programmé pour survivre.

Être fière de soi, quoi qu’il arrive aussi, sincèrement.

Savoir s’entourer, aussi (message subliminal : merci ma maman, mes soeurs, mes amies, pour les visites, les textos, les appels, la tisane à l’anis, les bocaux de lentilles et de patate douce, et celui de pralin qui n’est pas fini encore, merci merci merci.) (Oh, je case mes messages perso si je veux dans mes articles, hein.)

Se dire que ça passe vite. Le bon. Le moins bon. Tout. Alors oublier le moins bon et profiter du bon.


Voilà, je ne sais pas si mon histoire ressemble à la vôtre (racontez-moi!), mais j’ai décidé de vous la livrer un peu, parce qu’on imagine pas mal de choses à ce sujet, alors que comme en toute situation, il faut savoir mesure garder. Autrement dit, si vous êtes enceinte, ne vous attendez pas à un premier mois idyllique, à siroter tranquille en parfaite santé fraiche et reposée, avec un bébé qui dort 12h d’affilée, sans aucune douleur et sans aucune larme. Mais n’allez pas non plus envisager l’apocalypse, l’horreur, l’ouverture de Walking dead, le mois de la pire misère de toute la vie. C’est intense, mais incroyablement beau à vivre. Moralité, faites des bébés.

 

37 commentaires sur “Toi, moi, un mois. (Déjà.)

  1. Merci encore une fois pour tes mots si bien choisis et si… Rassurants! Je suis enceinte de 6 mois et j’attends… Des jumeaux (deux petits gars!!). J’oscille donc parfaitement entre le dédain total (mais non ca peut pas etre si terrible, faut pas exagérer quand même!!) et la peur franche ( et si je n’y survivais pas? Et si je regrettais à vie?). Donc tes mots me font le plus grand bien.

    Merci

    1. Moi aussi j’avais très peur de regretter! J’avais peur d’être nostalgique de ma “vie d’avant”… Alors, mais, ABSOLUMENT pas! C’est fou, tu verras, c’est comme une évidence! Ça se fait naturellement, et on se demande vite comment c’était, avant, et si on était vraiment heureux, parce que tout est tellement plus fort! Je te souhaite le meilleur 🙂 (Et profite de la suite de la grossesse, malgré les petits maux, parce que là aussi, c’est chouette, et ça passe vite, et quand c’est fini, on se dit que c’était bien…)

  2. Merci merci merci! Mon terme est pour dans 10 jours et c’est exactement ce que j’ai envie de lire en ce moment 🙂 merci Céline, tu es une maman-fée-normale qui fait du bien…. qui met du baume au coeur. Doux moment de journée à toi, à vous.

    1. Oh là là, c’est donc imminent! Félicitations! C’est formidable, tu vas le rencontrer, je t’envie tellement! Beaux derniers jours, et, beaux premiers jours, tu nous tiendras au courant, hein? (Si tu as envie!)

  3. J’ai éclaté de rire en lisant ta conclusion, un peu comme si elle sonnait comme une victoire pour moi ! Il faut dire que j’approche de la fin de ma grossesse et que tes mots prennent tout à coup une résonance particulière… Merci d’éclaircir le tableau car comme toi avant, je ne donne pas cher de ma peau ! Alors pour une fois, je me réjouis d’avoir tort 🙂 Et merci pour toutes les choses que tu dévoiles de ton histoire… Elles me donnent chacune encore plus envie de devenir maman <3

    1. Tu seras une maman parfaite, Pauline, il a de la chance d’arriver dans ton univers tout doux ton bébé! Bonne suite de grossesse, profite de chaque coup dans les côtes (oui oui)!

  4. Merci ! A quelques semaines de mon terme c est si bon d entendre ce genre de choses ! Je suis aussi de celles qui ont tendances à imaginer le pire.. je m attends à un véritable tsunami dans ma vie et savoir que pour certaines ce n etait finalement pas si terrible que ça me rassure énormément !

    1. Un tsunami, un peu, mais une avalanche en forme de bonheur, aussi! Pas d’inquiétude (même s’il est normal et sain de s’inquiéter), Pauline, tout sera merveilleux au final, et lorsque tu le tiendras dans tes bras, oh là là, le monde prendra une nouvelle dimension. Bonne fin de grossesse! (tu nous diras, n’est-ce pas? Si tu as envie!)

  5. Comme c’est rassurant de voir qu’on est pas la seule à craindre cet “après”. Je suis dans mon dernier mois et au delà de l’accouchement même (que je pensais redouter plus), c’est bien la suite qui m’inquiète. Merci pour tes mots réconfortants !

    1. Oui, je ne savais pas non plus si j’avais plus peur de l’accouchement ou de l’après! Et finalement, j’ai trouvé l’accouchement magique, dur mais magique, et la suite, absolument magnifique, dure mais absolument magnifique! Une sorte d’explosion d’amour qu’on ne maîtrise pas, qu’on ne pouvait pas imaginer, c’est totalement fou. Bonne naissance printanière, nous sommes décidément nombreuses à nous suivre! Plein de bisous à vous-presque-deux 🙂

  6. Je ne suis pas vraiment, ou vraiment pas, concernée, mais je trouve ça terriblement doux et touchant de lire tout ça, alors bon, d’accord, je vais garder la morale de ton histoire pour un jour. <3

  7. Merci pour cet article! Effectivement il manque des écrits rassurants sur cette période! Complètement d’accord avec toi sur le fait que Le nouvel être (les nouveaux pour moi) passe(nt) au premier plan et font oublier toutes nos douleurs perso du post accouchement (la vie est tellement bien faite)! Par contre pour le laisser aller (tout le monde ma donne ce conseil dors des que tu peux etc) j’ai eu du mal à l’appliquer! J’étais très organisée avant d’être enceinte et je suis passée au level superieur avec l’arrivée de mes juju! Du coup des qu’ils dormaient j’en profitaient pour préparer le round d’après et je pense que si j’avais moi même dormi nous aurions vite été dépassé par les événements!! et je te rejoins aussi pour dire que cest Le manque de sommeil la fatigue qui est responsable de tout car finalement quand on tient son (ses) petit(s) bout(s) d’amour dans les bras ON n’oublie absolument tout et maintenant (8mois plus tard) je me souviens que ça été la période la plus intense de ma vie mais je ne me rappelle plus vraiment comment jai reussi à m’en sortir mais je le referais mille fois sans hésiter! Plein de belles choses pour toi et ton petit Koala!

    1. Merci pour ces mots Marie! Deja qu’on se sent parfois seule dans ses angoisses quand on est enceinte, c’est encore plus vrai quand on attend 2 enfants. J’ose l’avouer, il m’arrive de penser “trop facile” quand je vois une femme qui attend un seul bébé ;-)!! Ça fait du bien de se sentir comprise… Merci à toi!

  8. Merci <3
    En tant que nullipare je t'avoue que l'essentiel des témoignages lus et entendus ici et là ont tendance à me refroidir et participent au fait que je n'arrive pas à franchir le pas… Merci donc de relativiser pour moi, peut-être que c'est comme tout, quand tout se passe bien on juge qu'il n'y a rien à raconter… Là encore tu prouves le contraire, merci 🙂

    1. Merci à toi! Mais oui, sincèrement, c’était une très belle période (et ça l’est encore!). Comme toujours, il ne faut pas se projeter en idéalisant tout en bloc, mais pas non plus noircir le tableau, parce que ça reste un bonheur absolument infini!

  9. Bonjour,
    C’est la première fois que je commente sur ton blog découvert il y a peu
    Merci pour ce joli témoignage qui me replonge dans mes souvenirs et me prépare pour le tourbillon de l’arrivée du deuxième (oui ce témoignage peut aussi être utile pour l’arrivée d’un deuxième car chaque grossesse, chaque bébé est différent et on oublie vite les premiers mois finalement pour ne retenir que le meilleur et parfois le pire).
    Moi 16 mois après je retiens surtout qu’on n’est jamais préparé pour toutes ces émotions nouvelles car au delà de la fatigue et des petites contrariétés post grossesse, je me souviens avoir à la fois été bouleversée par l’amour que je pouvais ressentir pour ce petit être mais aussi que ce trop plein d’amour a engendré beaucoup de peurs chez moi (peur qu’il lui arrive quelque chose, peur de ne pas être à la hauteur ou de mal faire).

    1. Oui, c’est vrai qu’on se surprend à ressentir des peurs inconnues et immenses parce qu’elles concernent un être qu’on aime avec une force incroyable, et qui, en plus, est si fragile… Mais ces peurs vont de pair avec cet attachement sans bornes, alors, c’est joli de les ressentir! Félicitations pour le deuxième en route! 🙂 Tu ne m’étonnes pas trop en me disant qu’on oublie un peu d’un enfant à l’autre, j’imagine bien que ce bouquet de ressentis divers va vite s’évanouir avec le temps, même en quelques mois… J’essaie de l’écrire pour le figer, mais c’est sûr, chaque enfant est un fantastique rappel! Belle grossesse! (C’est pour quel mois?)

  10. merci beaucoup céline pour ce post rassurant et sincère…
    je suis enceinte de six mois et je suis totalement du genre d’envisager le pire pour ne pas être dépassée par la vie. et comme j’ai lu beaucoup de livres ou de témoignages qui me font plutôt peur pour le post partum, je te suis très reconnaissante d’écrire le contraire, sans dépeindre un truc trop rose non plus… maintenant que le bébé commence à bouger, je trouve qu’être enceinte est une jolie expérience, mais j’ai traversé (et traverse toujours) des périodes d’angoisses diverses, avec le corps qui change (alors que ça ne fait que peu d’années que j’ai trouvé un équilibre où je me sens bien après de longues années à être anorexique etc. bref), l’incertitude d’être ou ne pas être à la hauteur physiquement et psychiquement de m’occuper d’un petit bébé, continuer ma vie de musicienne qui m’importe tellement, peur que notre vie de couple parte en éclats, etc. je m’étale, désolée, mais je dis tout ça pour te dire que tes mots me sont précieux et que je vais les garder à portée de main pour les relire régulièrement… à bientôt et bravo pour ton petit camille, il est tellement joli !!

    1. Oh Johanna, félicitations d’abord! Je suis certaine que tout ira bien, vraiment, j’aurais aimé qu’on me dise (encore plus) ça lorsque j’étais à 6 mois, parce que c’est vrai, tellement vrai! Je suis émerveillée de voir à quel point tout devient à la fois plus compliqué et tellement simple dans la tête lorsqu’il est là. J’avais aussi très peur de ne pas être à la hauteur, d’autant plus que je n’avais pas côtoyé de nouveau né depuis mon enfance, et que les pleurs des enfants me stressent en général, je ne savais pas changer de couche, je ne savais pas comment ça marche, un bébé… Et puis, tout se fait, au fur et à mesure, et ça n’a rien à voir avec les enfants des autres, parce que c’est le tien! Tu l’apprivoises, il t’apprivoise, c’est comme une partie de toi, tout devient habituel, rassurant, pour lui et pour toi! Profite de la fin de ta grossesse. Le dernier trimestre est lié à des petits inconforts pour moi, et pourtant, je l’ai aimé aussi, je ne connais aucune femme autour de moi qui ne regrette pas un peu sa grossesse, quoi qu’elle ait vécu pendant cette période, je crois qu’il faut vraiment tout garder en tête parce que ce sont des moments rares et très éphémères! Ton bébé de l’été sera fabuleux 🙂

      1. merci pour ta gentille réponse, ça fait du bien 🙂
        oui, j’en profite bien en ce moment, bien que j’aie beaucoup de travail, mais finalement ça ne s’exclue pas par-ce-que j’ai l’impression d’être accompagnée du dedans, c’est rigolo 😉
        passe un doux deuxième mois avec ton joli petit camille alors !! à bientôt !

  11. J’ai adoré le passage sur le corps. Une amie m’avait dit qu’à chacune de ses deux grossesses, elle s’était retrouvée après l’accouchement une taille plus mince qu’avant sa grossesse… Alors je comprends très bien ce que tu dis. Moi, en l’occurence, je n’ai encore été confrontée à ça donc, qui vivra verra ! C’est un très joli article en tout cas.

    1. Le corps est mystérieux et quoiqu’il fasse, on peut tout autant s’en attrister ou s’en réjouir. Alors autant s’en réjouir, quoiqu’il advienne, parce que créer ce petit miracle, c’est un exploit pour lui! 🙂 Merci Ornella!

  12. Bonjour. Merci.
    Moi et ma fille de 14 mois nous validons ce texte 😉 J’ai pour ma part quelques souvenirs quand même accrue de douleurs physiques, et ras-le-bol du suivi gynécologique post partum qui m’a semblé interminable. Mais l’alternance du découragement pur et effroyable avec la joie pure et parfaite rend ces semaines extraordinaires, et trop (?) rapides. Courage femmes, vous ne le regretterez certainement pas 😀 Et si c’est vraiment dur, cherchez de l’aide, parlez, d’autres seront ravis de vous accompagner.

    1. C’est drôle, moi j’ai trouvé que le suivi post partum était plutôt court et j’étais presque perdue, après tant de suivi pendant la grossesse! Et tu as totalement raison, en parler, toujours, oser en parler, c’est la clé 🙂

  13. Merci Céline pour ce joli témoignage. Saisissant au vol la perche de votre invitation, je témoigne à mon tour de l’infinie douceur qui a suivi la naissance de mon petit garçon il y a trois ans. Je suis tombée enceinte après plusieurs années d’un parcours médical assez lourd, souvent intrusif, et quoiqu’on en dise, toujours douloureux. Bref, les nausées de la grossesse, je les souhaitais, les kilos en trop, je les voulais, le babyblues, je l’espérais, la fatigue, je l’attendais. Ma grossesse s’est très bien passée. C’est sereine et reposée que je suis arrivée à l’hôpital pour l’accouchement, qui lui aussi s’est très bien passé (sans péridurale). Bien sûr, il y a un moment sur la table où je me suis dit: “cette douleur est atroce, comment font les femmes qui ont 5 enfants? plus jamais ça “, mais on oublie vite et je donnerais cher aujourd’hui pour revivre une deuxième fois ce volcan intérieur. Mon bébé est né, on me l’a confié et je l’ai allaité. Je suis rentrée dans ma chambre à pied. Une cicatrice (au point de surjet pour les couturières) me faisait craindre d’aller aux toilettes. Je me suis forcée à y aller tant que j’étais à l’hôpital. La cicatrice n’a jamais lâché, le point de surjet, c’est solide! Je suis rentrée de la maternité en transport en commun. Le lendemain de mon retour à la maison, j’arpentais à pied et sans frémir les rues de la ville. J’avais très peur de perdre mon désir. Il n’en a rien été, même si, cicatrice oblige, j’ai préféré attendre la visite post-natale pour me laisser aller dans les bras de mon mari. Dans les semaines qui ont suivi la naissance de mon enfant, j’ai beaucoup pleuré, mais c’était des larmes de bonheur. J’avais la sensation d’être au beau milieu d’un nuage tout rose et tout ouaté, un nuage infiniment doux et protecteur. Tant de bonheur après un parcours si douloureux, c’était incroyable. Compte tenu de ce qu’a été notre parcours avant la grossesse, j’ai longtemps eu l’impression (et souvent rêvé) que les médecins allaient débarquer chez nous pour reprendre l’enfant et nous dire: “allez, maintenant, vous avez assez joué, vous avez vu ce que ça fait d’être parents, maintenant, on arrête les bêtises, et on reprend le bébé”. Le jour de la première visite chez le pédiatre, lorsque le pédiatre m’a rendu mon fils après l’examen, je me suis dit: “mon Dieu, c’est mon fils, la médecine me le rend, c’est donc que j’ai le droit d’être mère, je suis confirmée comme maman de mon enfant”. Cet épisode étrange m’a paradoxalement donnée confiance en moi. “On m’a laissée repartir avec cet enfant, cela signifie que je ne peux pas être une catastrophe, sinon, on me l’aurais retiré”. Si je devais donné deux conseils aux futures parturientes, c’est donc premièrement d’essayer d’arriver reposée et en forme à l’accouchement (même si j’en suis bien consciente, ce n’est pas toujours possible, notamment quand il y a des complications ou des aînés). Mon deuxième conseil, c’est de se faire confiance et de faire confiance au système français. A l’hôpital, à la PMI, chez le médecin, vous êtes observés (plus que l’enfant à la PMI à mon avis), tout est fait pour déceler et prévenir le babyblues ou des signes de maltraitance. Donc, si on vous laisse repartir, c’est que vous êtes une mère acceptable…

    1. Ton témoignage me touche beaucoup, et j’aurais envie d’y répondre vraiment longuement, mais je suis un peu entravée par la pudeur et le temps. <3 Juste : pour ma part, je n'ai pas eu cette impression avec le corps médical, mais plutôt mon corps à moi, je me disais sans arrêt qu'il ne tiendrait pas, qu'il me reprendrait ce bébé-là. J'étais persuadée au début (mais vraiment persuadée) d'une fausse couche imminente, puis lorsque les risques étaient écartés, de complications à venir, d'hospitalisation, de malformation du bébé, et après, j'étais certaine que mon corps ne pourrait pas mettre au monde ce bébé, qu'il faudrait une césarienne, puis, je me disais qu'il ne tiendrait pas le coup après l'accouchement... Alors maintenant, je reste un peu blottie dans mon nuage rose, comme toi, voilà.

  14. Céline, j’aime ta lucidité et ta mesure 🙂
    Maman 3 fois, j’ai eu 3 expériences très différentes de grossesse (de celle où ton corps te fait défaut pour bouger à celle où tu peux faire ce que tu veux jusqu’au dernier jour), 3 expériences d’accouchement très différentes (de celle où tu as te retrouves en suite de couches chirurgicales même sans césarienne à celle où tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes), 3 expériences de premier mois très différentes … Et pourtant de ces 3 “premier mois”, en dehors de mes hésitations de maman débutante pour l’ainé (“mais bon sang, comment fait-on pour changer une couche ?” ), ils ont eu pas mal de points communs : le temps qui file trop vite, avoir envie de mettre le nez dehors (même si ça tire, même si c’est parfois un vrai challenge à mettre en œuvre… ), se rendre compte qu’on ne s’en sort pas si mal et que finalement, on ne sera peut-être pas une mère si catastrophique 🙂
    Alors, oui, faites des bébés .. et en plus, il est même possible que ces bébés un jour se transforment en chouettes ados et continuent vous accrocher au visage de béats sourires !

  15. Bonjour Céline,

    Mon enfant a 23 jours et comme vous j’ai été chanceuse. Accouchement et séjour à la maternité tellement simples, petites jupettes d’avant grossesse déjà portées. Cela a été si vite, que je me sens un peu étonnée parfois : ai-je été enceinte ? A la recherche de petites douleurs, de coups de pieds ou autre, à la recherche de la connexion établie dans mon ventre avec ma belle. Je n’ai pas eu le temps de dire au revoir à mon physique de femme enceinte, ni à mon état de grossesse si particulier.
    Le plus dur n’a pas été (n’est pas) la fatigue, même s’il est vrai à maintes reprises nous avons pensé mettre en vente notre enfant sur le Bon coin (blagounette de couple) particulièrement entre 3h et 4h du matin, à bout de souffle.

    Le plus dur est mon environnement familial qui soudainement a changé, sans que moi je ne songe à changer mes rapports avec parents, beaux parents, frères, sœurs. Cela se double d’un profond besoin de ne pas être sollicitée et de fonder tranquillement mon cocon, de former notre trio, sans regard, avec une totale absence de nos familles. Et c’est dur, car cette famille s’engouffre, souhaite jouer son rôle, et je souffre de leur incompréhension comme si mon besoin de retrait était illégitime. Évidemment cela engendre également des sentiments confus, dont une vague culpabilité/anormalité, sentiments dont j’aurai bien aimé être dispensée en ce moment, accaparée toute entière par cet être, avec le profond désir de me plonger dans cette parenthèse des premiers mois si courte.
    Je me sens déstabilisée, non pas par ma fille mais par cet environnement; ce que je n’avais pas du tout envisagé.

    1. Chez nous, la blagounette n’est pas le Bon Coin, mais la menace de le mettre sous l’escalier comme Harry Potter. 😉 C’est vrai que l’environnement change, et je comprends parfaitement ton besoin de t’isoler, j’ai le même! Je crois que ce n’est pas anormal du tout! Il faut trouver l’équilibre entre présence et absence, pour eux, parce qu’ils ont un rôle à jouer, pour ce bébé, ils sont importants pour lui. Et dans le même temps, rien n’est plus important que l’équilibre à trois, délicat, subtil, en construction. Je crois qu’il faut réussir à leur dire notre besoin d’indépendance, comme pour “marquer notre territoire”, tout en restant délicat(e)(s), ce n’est pas évident, mais c’est salutaire.
      PS : ah, le “4h du matin”, oh là là!

  16. Comme Camillou je ne suis absolument pas concernée (rien que la potentielle idée d’être enceinte me plonge dans un effroi terrible !), mais c’est quand même rassurant d’avoir un récit pas apocalyptique, plutôt doux j’ai envie de dire.
    Tu as l’air très heureuse jolie Cél, je vous souhaite encore plein de bonheur à tous les 3 !

  17. ça fait du bien de lire des mots si doux sur ton expérience de la maternité.
    On entend tellement souvent des mamans type Florence Foresti (qui me fait beaucoup rire cependant avec ses sketchs sur les mamans, on se moque toujours de moi parce qu’on me dit que je suis la maman calme que Foresti déteste 😉 ) qui dressent un tableau assez cauchemardesque de ce si joli passage de la vie.
    Il a bien de la chance ce joli Camille, d’avoir une maman qui sait profiter de sa chance.
    Continue de nous inonder de douceur Céline, on en aura jamais assez !

  18. Contrairement à beaucoup de messages laissés ici, mes grossesses sont loin derrière moi 😉 Mais ce que je retiens de tes si jolis mots, c’est qu’on peut dire ce que l’on veut à une femme enceinte, de bon de moins bon, les mots ne prennent de sens qu’au moment de vivre ces moments là !!! Alors non ce n’est pas si terrible, et une grossesse tranquille (2 à l’identique pour moi !), sans maux ça existe !! Et puis l’après, on se découvre, bébé et soi, on prend le temps de faire connaissance et ça se fait naturellement.
    Merci pour ton témoignage qui me rappelle de bons et moins bons moments (on va pas se mentir hein !?). Bonne continuation à vous trois, et aux mamans en devenir !!
    Olivia

  19. Hello et merci pour ce mots qui font plaisir à lire! Pour ma part, j’ai eu deux grossesses déjà et deux expériences tellement différentes (ce n’est pas qu’un mythe que chaque grossesse est différente, même pour la même femme). Une césarienne pour mon fils, un accouchement voie basse sans épisio pour ma fille. Un passage en néo nat pour mon fils, une petite fille en pleine forme. Un allaitement parfait pour mon fils, un début d’allaitement horrible pour ma petite, j’appréhendais les tétées suivantes…

    Pour mon fils (mon aîné), je me rappelle d’un fort sentiment d’irréalité, j’avais littéralement la sensation de rêver, chaque matin quand je le retrouvais dans son berceau. Pour ma fille, je savais que le rythme serait intense et j’ai réussi à profiter et être moins frustrée du temps qui passe trop vite. J’étais très nostalgique pour l’aîné, et pas du tout pour elle!!

    Et puis l’histoire n’est pas finie, puisqu’un petit troisième arrive cet été! En tout cas, rien d’apocalyptique jusque là (car oui on peut se remettre vite et bien même d’une césarienne)!! Je croise les doigts pour que mon allaitement soit moins douloureux cette fois ci, et le reste suivra 😉

    Belle journée

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *