Que dire à une femme enceinte?

grossesse2Je ne connaissais pas ce monde. Je l’apprivoise comme on pénètre dans une forêt mystérieuse, je voudrais l’apprendre et le nommer, le cartographier avant qu’il ne s’évanouisse, puisqu’il est de son essence de s’évanouir. J’ignorais tout du pays des femmes enceintes. Je ne savais pas qu’il était très beau, mais très grand et très effrayant aussi, qu’il faisait peur la nuit, et même parfois le jour ; je ne savais pas ses monstres, je ne savais ni ses étincelles ni ses aurores boréales. Je découvre son Malin et son Divin tout à la fois.

En bientôt cinq mois, j’ai collectionné les petites phrases que j’ai reçues, et que j’ai pu trouver maladroites, parfois amusantes, parfois (sans que l’effet fût volontaire) pour le moins angoissantes. Je me suis dit des dizaines de fois qu’avant, j’aurais adoré savoir un peu ce qu’il faut dire (ou ne pas dire) à une femme enceinte. Je vous fais donc la liste, on ne sait jamais, ça peut vous servir, à vous ou votre entourage.

Il est entendu que c’est sûrement subjectif, et que d’aucunes seront moins sensibles que moi (mais d’autres le seront plus) ; et puis, il me reste encore quatre mois, stay tunned pour les prochains épisodes.

Ne pas dire à une femme enceinte. (S’il vous plaît.)

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  • (Au tout début) Mais t’es enceinte, non? (Entre la salle 6 et la salle 7 après la sonnerie, ou par texto.)

Le premier et non des moindres : tant que le Pregnancy-coming-out n’est pas fait, ON SE TAIT, voilà. Parce que, deux hypothèses :

  1. La concernée n’est pas enceinte, et ça risque de lui faire de la peine. (Beaucoup.)
  2. La concernée l’est, mais n’a pas décidé de le dire encore, donc on RESPECTE et on ATTEND, plutôt que lui donner l’impression qu’on force les choses, on qu’on viole une affaire un peu intime.

Ça me paraissait évident, il a fallu que je sois enceinte pour me rendre compte que ça ne l’était pas.

  • Ah oui, je le savais déjà. (Juste après l’annonce.)

Alors là, je crois que j’ai collectionné cette phrase par demi-douzaines. J’ai trouvé tellement surprenant et curieux (pour ne pas dire blessant) que l’on fasse si souvent passer une quelconque félicitation, une joie sincère, APRÈS cette sorte de besoin impérial de dire que JEEE LE SAVAIS AH AH AH. Il y a toujours alors une sorte de vantardise, peut-être due à un besoin un peu primaire d’avoir toutes les cartes en main, et de ne pas accepter que l’on fût passé à côté de quelque chose. (J’ai même eu droit à des concours, « ah oui moi aussi je le savais, je l’avais deviné avant toi d’abord, depuis lundi dernier, oh non moi ça fait bien un mois que j’avais des doutes, je le savais la première, non c’est moi. » Si si.) Donc deux hypothèses :

  1. Vous ne le saviez pas vraiment (avouez), au mieux vous aviez quelques soupçons mais sincèrement, arrêtez de penser que n’importe quelle femme de 30 ans est potentiellement enceinte au moindre détail, s’il vous plaît.
  2. Vous le saviez vraiment, et dans ce cas, taisez-vous et laissez s’exprimer votre joie pour la future maman, plutôt que de ramener les choses à vous.
  • Ça se voit tellement pas!

Non, non, non, comment dire : on ne s’extasie pas sur le fait que le petit ventre de la future maman ne se remarque « pas assez » ou pas comme « il devrait » selon l’expérience des unes et des autres. Lorsqu’on est enceinte, scoop : on angoisse déjà bien assez sur son apparence. Sans aucun repère, on alterne entre peur qu’il y ait un problème, que le bébé ne grossisse pas suffisamment, (ou même, au début, qu’il ne soit plus vraiment là), et peur devant la lente et progressive transformation en baleine du nombril. Or, j’ai découvert qu’il n’y a aucune norme en la matière, et que les ventres des femmes enceintes ne suivent aucune courbe absolue ou que l’on pourrait généraliser. On n’a donc pas spécialement besoin qu’on nous affole de l’extérieur (même si souvent, cela part d’un bon sentiment, dans l’idée «bravo tu n’es pas grosse» : dans ces cas-là, on angoisse souvent de ne pas être «comme il faudrait» alors même que tout se déroule absolument comme il faudrait.)

  • Oh là là, ça se voit beaucoup, là! 

Ah, la femme enceinte est un petit être tellllllement paradoxal! Oui, à l’inverse, ça a pu tout autant me blesser que l’on me fasse remarquer (parfois à deux jours d’intervalle avec la remarque précédente d’ailleurs) que, oh mon dieu, mon ventre était si gros. Pour être claire : on ne commente pas la taille du ventre d’une femme enceinte à moins qu’elle n’entame elle-même la conversation à ce sujet. C’est déjà assez difficile comme ça de devenir le centre des attentions, elle ne va pas non plus devenir objet d’extases qui se muent chez elle en inquiétudes.

  • Oui alors moi mon premier accouchement je me souviens bien, c’était en 76…

Parlons peu, parlons bien : la femme enceinte n’a pas particulièrement envie d’être une sorte de gros déclencheur ambulant d’anecdotes personnelles et de souvenirs étalés. Tout dépend de l’intention : si vous racontez un peu de vous avec pour seul objectif celui de la rassurer, c’est différent. Si, au contraire, cela peut l’inquiéter, parce que votre expérience fut douloureuse ou que votre accouchement fut particulièrement épique, il y a fort à parier que cela ne lui fasse pas un bien fou. De même, si c’est une sorte de « moi, j’ai tellement bien vécu ma grossesse, c’était les plus beaux mois de ma vie, tout allait à merveille, j’ai travaillé jusqu’à 8 mois et 20 jours, j’avais une énergie folle », cela ne sert pas à grand chose. Je crois que cela fonctionne un peu comme les mères d’enfants en bas âge qui disent « oh moi, il fait ses nuits, il est adorable, toujours en parfaite santé, il a les félicitations de la maîtresse, il colorie sans dépasser et m’obéit au doigt et à l’oeil. » Et ainsi de suite à l’adolescence – et après. Arrêtons: il n’y a pas de mère parfaite, ni avant, ni après l’accouchement.

  • Et, vous savez ce que c’est?

Alors j’avoue que celle-là me fait beaucoup rire. Ce que c’est? Alors, on a hésité entre un pokemon, une écrevisse, et un bébé, on a fini par choisir un bébé.

  • Et au premier trimestre, pas trop de nausées? (Souvent suivi du clin d’oeil de la mort)

Si si, j’ai pris des photos, attends, je te montre, et aussi j’ai mes bilans sanguins, tu veux voir?

  • Mais tu as pris combien de kilos, exactement?

Sans commentaire… (Promis juré, on me l’a dit!)

  • Profite, c’est le meilleur maintenant, parce qu’après, quand il est né, c’est tellement dur, c’est horrible, oh là là. 

Je sais, j’ai peur, chut, arrêtez avec « c’est tellement dur », enfin, j’ai bien compris. (Si en plus vous n’êtes pas particulièrement proche de la future maman, c’est encore plus curieux de lui donner des pseudo-avertissements dont elle n’a pas forcément besoin, restez donc plutôt positif.) Et puis, vous ne savez pas comment se passe la grossesse, évitez de dire «le meilleur c’est maintenant», parce que la maman n’est peut-être pas au mieux de sa forme et/ou de son moral, et c’est dans ce cas particulièrement difficile à entendre.

  • Le Charybde et Scylla : Agir comme si elle n’était PAS enceinte // Ne parler QUE de ça.

Oui, certains sont dans le déni total et la laissent porter les tables sans sourciller, et d’autres semblent ne voir en elle qu’un ventre rond promesse de quelque chose et support à anecdotes. Autrement dit, certains ne voient pas pourquoi on ne vivrait pas tout comme d’habitude, et d’autres ne la regardent plus vraiment dans les yeux…

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Mais que dire alors?

Si vous ne faites pas partie de l’entourage très proche de la femme enceinte concernée (donc si vous n’êtes si sa soeur, ni sa maman, ni sa meilleure copine, ou allez sa deuxième meilleure copine, ni le futur papa d’ailleurs- ou pas que vous sachiez), la meilleure chose à faire est de rester un peu discret. Je n’ai jamais tant aimé les personnes qui me regardaient sans fixer mon ventre, qui ne faisaient pas de commentaire de semaines en semaines sur mon apparence mais me laissaient avec soin les places assises, et qui me demandaient souvent comment j’allais avec le simple et sincère souci de ma bonne santé et de mon bon état, et sans vouloir à tout prix raconter leur expérience à elles.

Soyez attentifs, ne la laissez pas tomber, ne la laissez pas toute seule.  Montrez-lui que vous êtes là.

Ah oui, aussi : faites-lui des compliments, dites-lui qu’elle est jolie, parce que, ça, elle en a vraiment besoin. (Faites en sorte que ça ait l’air sincère, au moins un peu.) Souriez-lui beaucoup. Faites preuve de compassion (généralement, la gent féminine se divise alors en deux groupes : les déjà-mères et les pas-déjà-mères. La 1ère catégorie est d’un soutien énorme, et affiche naturellement des élans éperdus de solidarité.)

Dites-lui que vous pouvez l’aider. Tout le temps. Pour n’importe quoi. Même pour rien.

Soyez particulièrement gentils. Plus que d’habitude. (Même si déjà d’habitude vous êtes super gentils.)

Le mieux, finalement, est de rester positif, à l’écoute, indulgent, et particulièrement doux avec une femme enceinte, parce qu’au fond, c’est vraiment ce dont elle a besoin. Je ne mesurais pas à quel point on est fragile et vulnérable en cette période (même si on expérimente pour la première fois un mystère qui nous rend invincible de façon assez folle et ineffable).

Il resterait un petit point à aborder : il concerne le fameux « tu devrais être radieuse », « tu dois être si heureuse ». Parce que, scoop again : on a le droit d’être triste quand on est enceinte. Développement à venir, peut-être…



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73 commentaires sur “Que dire à une femme enceinte?

  1. Oh le fameux « vous savez ce que c’est ? »…. J’avoue avoir très sérieusement répondu à une dame pas forcément si jeune à un arrêt de bus (dame que je ne connaissais donc pas) « normalement, ça ne devrait pas être un petit chien »…
    Parmi les petites remarques que j’ai détestées de la part d’inconnu(e)s, il y a (pour mon ainé) « oh mais vous êtes hyper jeune pour avoir un enfant » (euh non, je fais jeune mais je ne le suis plus tant que ça alors si vous pouviez éviter les sous-entendus désagréables…) et son corollaire (pour ma 3e) « oh c’est fantastique d’attendre son premier en étant jeune comme vous » (alors, je fais toujours jeune certes mais ce bébé a accessoirement déjà 2 grands frères)…
    Alors, tout simplement, Céline, je vais te souhaiter plein de moments géniaux à venir… et moins de petites phrases qui énervent ou dérangent…

    1. Ah ah, elles m’ont plus fait rire qu’autre chose, et n’ont jamais été bien graves! Mais j’ai également ri à ton histoire de jeunesse, beaucoup pourraient prendre cela pour un compliment, et pourtant, c’est si maladroit! Merci de tes souhaits, Ma’, ils sont adorables et je les garde au chaud contre moi!

  2. Je pense qu’il va être drôlement utile aujourd’hui et à l’avenir cet article.
    En matière d’informations je crois que l’on peut reprendre ton dernier point : le trop qui n’est pas demandé ni désiré et le pas assez. Je n’aime pas le fait que certains/certaines se sentent le besoin de ne pas tout dire lorsque la maman veut connaître des détails sur le comment et sur ce qu’il peut se passer. Ce flou peut être (je crois) encore plus angoissant qu’une réponse « normale » lorsque l’on cherche des informations. C’est une période si intime et bouleversante que je crois que l’on devrait plus écouter la maman (en se rappelant qu’elle reste un être humain avant d’être une femme enceinte) et se mettre au diapason de ce que son attitude et ses questions nous disent de ses attentes/besoins.
    J’ai l’impression que pour bon nombre, le fait d’être enceinte gomme la femme au profit du bébé (et c’est peut-être pour ça que la tristesse et les angoisses qui peuvent aller de paire avec certains moments de la grossesse sont si peu écoutés/entendus et pris en compte). J’espère vraiment que lorsque certaines de mes proches ou connaissances seront enceintes, je saurais les épauler si elles ne vont pas bien.
    Des bisous d’une pas-encore-mère 🙂

    1. Oh je suis certaine que tu auras la finesse et l’ouverture d’esprit pour « te mettre au diapason », comme tu l’écris si bien, Célie! Finalement le problème reste le même, enceinte ou pas enceinte : il s’agit de savoir écouter l’autre pour entrer en interaction avec lui sans penser surtout à soi et/ou accumuler les maladresses, même si celles-ci restent souvent sans conséquence. Nous sommes tou(te)s des équilibristes en la matière, moi comprise. 🙂 Simplement, enceinte, on est (encore un peu) plus sensible à tout ce qui vient de l’extérieur… Tes amies seront chanceuses!
      Gros bisous à toi aussi!

  3. Je lis et écris un peu sur la pointe des pieds (quelle drôle d’image !) pour commenter ce monde qui m’est inconnu, mais vous félicite tous les deux pour cette belle nouvelle, si grande et pleine de promesses !
    Je tâcherai de me souvenir de tout cela, et en profite pour te dire combien cette jolie robe bleue te va bien (têtes de chat ? J’adore en tout cas !).

  4. Tu es jolie, tu es chouette, tu es merveilleuse, tu es rudement géniale, tu es extraordinaire, tu es pétillante, tu as un bien robe aussi (est-ce que ça compte comme un compliment, ça ?) et tu écris toujours aussi bien.

    1. C’est trop pour être honnête tout ça. Mais Merci, parce que je sais que ça compte de dire Merci, et que, comme toi, je trouve qu’il faut dire Merci partout. Merci Merci Merci Camill(ou). <3

  5. Merci pour cet article qui permet de se mettre dans la tête (à défaut d’être dans la peau!) d’une femme enceinte. Je me rends compte, en lisant tes mots, qu’il n’est pas toujours aisé de réagir comme la future maman le voudrait dans la mesure où chaque femme est différente. Peut-être que certaines des phrases que tu as classées dans les « à ne pas dire » feraient très plaisir à certaines femmes. Bon, certaines assurément, non! On aura tous nos façons différentes (certes, parfois maladroites!) de montrer que l’on partage la joie des futurs parents! Selon, effectivement, que l’on a déjà vécu ou pas la grande aventure de la grossesse, les réactions sont probablement différentes. J’avoue que cet « état » m’apparaît assez fascinant et suscite vraiment ma curiosité alors qu’habituellement l’inconnu me fait peur. Il y a définitivement quelque chose de magique dans la grossesse.
    En tout cas, j’ai aimé cet article car il nous invite à faire attention et à peser nos mots ce qui est toujours une bonne chose même s’il est parfois difficile de le faire sous le coup de l’émotion.
    Et je serais très intéressée par tes réflexions sur les émotions fluctuantes de la femme enceinte qui, effectivement, doit avoir parfois des moments de tristesse comme tout un chacun. J’imagine bien que les 9 mois de grossesse ne sont pas 9 mois de pur bonheur et je crois que toute la gamme des émotions est, de toute façon, essentielle, que l’on soit enceinte ou non. Vivement un autre article donc! Et j’adore les photos (comme toujours en fait!). Profite bien de tout et plein de bises jolie future maman <3!

    1. Oui, il y a quelque chose de magique, indéniablement! 🙂 Et puis, évidemment, chaque femme et chaque grossesse sont différentes, à un point que je n’imaginais pas! Je crois que la discrétion et la délicatesse ne te feront pas défaut avant un paquet de siècles…

  6. Tu m’ as fait sourire, l’ après est pas mal aussi! Une femme enceinte comme une jeune maman a besoin d’ attention et de bienveillance. Pour mes 3 grossesses, j’ avais une piscine intégrée, tout devant tu ne pouvais pas me louper: je rencontre mon directeur  » oh la vache! Ce n’ est pas trop lourd? »… plus délicat, difficile à faire… Enceinte de mon 3 ème garçon et ravie de l’ être, on m’ a dit ma pauvre, le papa doit être déçu, t’ aurai pas voulu une fille?J’ ai eu le doit aussi au fait que je n’ étais pas une vrai mère parce que je n’ avais pas de fille…Et bien oui, je suis et j’ ai toujours été heureuse avec mes 3 garçons! Être présent, être attentif et attentionné et surtout pas dans le jugement. Bises

  7. Mais c’est tellement ça ! Et j’ajouterais quelque chose que je trouve vraiment pénible, c’est qu’une femme enceinte n’a absolument plus le droit de râler sous peine d’entendre que c’est la faute aux hormones. Je trouve ça terriblement agaçant !
    Merci pour cet article et bonne continuation

  8. Coucou,

    Félicitations !!

    Je suis enceinte également, même nombre de mois. Et en lisant votre article et bien je me suis rendue compte que j’avais aussi reçu un certains nombres de remarques. En fait, je les avais/ai tout bonnement oubliées et j’espère qu’elles vont glisser sur moi comme elles l’ont fait jusqu’à présent.
    Je me sens tellement attentive et tournée vers cet enfant à naître, vers les questions de parentalité, vers les émotions du futur papa, les aménagements etc., que les commentaires n’ont eu (jusqu’à présent) aucune importance.
    Trop à vivre peut-être en ce moment, une émotivité dirigée vers autres choses qui sait, une moindre sensibilité tout bonnement en ce moment au regard d’autrui.

    Et je me rends compte grâce à vous que je suis chanceuse, d’être à ce point imperméable !!
    De nouveau toutes mes félicitations pour cet enfant à naître et future vie à trois !
    Magalie

    1. Bravo pour la distance que vous avez mis dans tout cela, c’est effectivement ce qu’il faut faire! Et surtout, garder à l’esprit que les autres, bien souvent, ne pensent pas à mal, donc… ataraxie stoïcienne! 🙂 Félicitations à vous, et bonne course vers le dernier trimestre! Prenez soin de vous <3

  9. Très chouette article, qui aborde un sujet que je ne connais pas, étant moi-même « child free ». On voit que l’injonction au corps, à la beauté, à la minceur (!) et à l’épanouissement continue, même dans cette période très particulière de la vie.

    Je vais partager cet article autour de moi, je pense qu’il est très pédagogique !

    Il y a un point qui m’interpelle quand même dans ce que tu as écrit :

    « Faites preuve de compassion (généralement, la gent féminine se divise alors en deux groupes : les déjà-mères et les pas-déjà-mères. La 1ère catégorie est d’un soutien énorme, et affiche naturellement des élans éperdus de solidarité.) »

    À te lire, j’ai l’impression que tu sous-entends que les femmes qui n’ont pas d’enfant ont un comportement à l’opposé de celui que tu décris : elles ne seraient pas d’un soutien énorme et n’afficheraient pas naturellement des élans éperdus de solidarité, sous-entendu, elles ne seraient pas très sympas avec les femmes enceintes.

    Au risque d’enfoncer une porte ouverte, on peut ne pas avoir d’enfant et ne pas en vouloir, sans correspondre à ce stéréotype de la femme aigrie qui « punirait » les femmes enceintes ou celles qui ont choisi d’avoir des enfants.

    Cela étant dit, je ne peux pas croire que c’est ce que tu as voulu laisser penser. J’ai sans doute mal compris le sous-entendu, et je veux bien que tu expliques ce que tu as voulu dire en parlant du premier groupe de femmes et pas du second, que tu opposes pourtant. D’avance merci !

    1. Mais non, bien sûr, je ne sous-entendais pas que les femmes qui n’ont jamais été enceintes étaient des monstres sans coeur! Au contraire, elles affichent parfois plus de soutien et de gentillesse que des mamans! Je voulais simplement mettre le doigt, dans cette phrase, sur un constat que j’ai fait et qui m’a un peu surprise, je l’avoue. Lorsque j’ai commencé à parler de ma grossesse tout autour de moi, d’un seul coup, j’ai découvert, même si c’est toujours délicat de généraliser, deux façons de réagir. Les amies/collègues déjà mamans, récemment ou non, m’ont apporté un soutien que je ne soupçonnais pas, elles m’ont prêté des affaires tout de suite, elles m’ont parlé de ce que je vivais en connaissance de cause – évidemment. Et de l’autre côté, les amies qui n’avaient jamais vécu cela pouvaient montrer davantage de distance (certaines se sont carrément éloignées, et ont plus ou moins coupé les liens)(ce qui est dur à vivre pour moi). Moi-même, il y a encore quelques mois, je ne me « rendais pas compte », sans en avoir vraiment conscience, c’est ainsi, et c’est naturel. J’aurais aimé le savoir : parler de sa grossesse avec sa maman, ou des amies qui en ont vécu une récemment, est absolument salutaire dès le début! 🙂

  10. Merci pour ce bel article. J’aimerais lire quelque chose d’aussi doux pour les femmes qui ne sont pas enceintes.

    Je garde vissé au cœur sans pouvoir m’en débarrasser le catalogue des phrases blessantes que j’ai dû supporter sans ciller pendant de longues années: « t’as qu’à arrêter la pillule », « quand est-ce que vous vous y mettez », « attends, je vais te montrer comment faire », « moi, à ton âge, j’étais déjà enceinte », « nous, on est hyper fertiles », « tu comprendras quand tu seras mère », « le p’tit chameau m’a réveillée trois fois cette nuit »…

    Mais je ne sais pas si bien dire que vous.

    Puisque j’ai eu la chance d’accueillir un miracle, je vous livre la phrase la plus stressante selon moi et qui arrive au 8ème mois: « t’as fait ton sac pour la maternité? ».

    Belle fin de grossesse.

  11. Ta plume est percutante, elle fait sourire et réfléchir.
    J’avoue avoir franchement éclaté de rire quand j’ai lu tes réflexions sur la fameuse question du “qu’est-ce que c’est?”… tout en me sentant un peu maladroite aussi.
    Cette année fut très fertile dans mon entourage (une amie et surtout les collègues du travail). Pour moi qui n’ai jamais côtoyé de femmes enceintes (et qui commence doucement à y penser sérieusement), cela suscite une curiosité très terre-à-terre (tout ce qui est suivi médical, accouchement et allaitement) car ce monde m’est inconnu (et est quand même un peu terrifiant). Très vraisemblablement, j’ai dû mettre les pieds dans le plat au moins une fois. En tout cas, j’accepterais bien volontiers qu’on me rappelle à l’ordre (avec douceur -quoique je comprendrais que l’on puisse en avoir un peu ras le bol) ou qu’on ne souhaite pas répondre.
    Je retiens quand même deux points importants:
    1° Ne pas tout de suite dire “Oh je m’en doutais !” à l’annonce (d’ailleurs, méa culpa lors de la tienne Céline…)
    2° Veillez à bien soupeser les remarques sur la prise de poids. Je n’avais pas conscience de l’angoisse que cela peut susciter.
    Et bien sûr, savoir être prévoyant.e sans devenir envahissant.e.

    Merci d’avoir partagé ton point de vue. C’est toujours un délice de te lire et de rêver devant tes jolies photos Instagram (tu y mets du coeur et cela se voit! Elles sont vraiment très réussies, tu parviens à y injecter la même sensibilité que dans tes textes) 🙂
    Douce journée <3

  12. C’est tout à fait ça… J’ai eu « ton ventre est petit, je ne sais pas si c’est normal? » le truc aussi inutile qu’angoissant!
    Mais ce qui m’a le plus gonflé c’est bien sûr les inombrables « profites tu veras après… tu dormiras plus/ sortiras plus/ ne fera plus l’amour/rigolera moins…  »
    Alors que j’ai trouvé ça tellement faux.
    Alors j’ai plutôt envie de te dire » tu verras ta vie va devenir mille fois plus remplie, tu vas te sentir comblée et tu auras à coeur de faire de ce nouveau rôle le plus joli de ta vie »

  13. C’est marrant de voir les réactions des gens, c’est si vrai ce que tu dis, sur plein de point. Pour ma chérie, j’avais sans cesse la réflexion « mais ça ne se voit pas », même de la part de la gynéco qui trouvait que je n’avais pas beaucoup grossi. Aujourd’hui pour « Junior » -qui doit naître en février- j’ai droit à « olala mais ça fait un gros ventre cette fois ». Ben oui, au deuxième ça va plus vite, la place est faite. Jusqu’au client qui « trouvait bien que j’étais grosse » (celle-là m’a quand même bien fait rigoler).
    Mais ce qui m’agace le plus c’est quand on commence à te toucher le ventre, ça non, c’est pas possible … Mon ventre n’est pas une propriété publique, est-ce que je touche tes poignets d’amour ?
    Enfin, peu importe, je laisse filer les réflexions, et je profite des pirouettes de Junior avant le grand moment, le plus beau 🙂 Prends soin de toi et profite de ces moments magiques (même si après c’est juste incroyable de voir ce petit être enfin là <3)

    1. Merci de ton « après » plein de soleil, il me fait chaud au coeur!
      Sinon, « je trouvais bien que vous étiez grosse », c’est assez excellent, tout de même. Moi je l’ai dit à une classe d’élèves très tard, je l’avais dit aux autres avant et je pensais que la rumeur s’était répandue (et non), et puis mon ventre était vraiment VRAIMENT évident. Et ils ont été surpris, beaucoup disaient à leur voisin « tu vois, je te le disais, aussi! », ce qui m’a fait rire et était tellement mignon.

  14. Ah ces fameuses phrases… Celle qui m’a fait le plus halluciner c’est « elle va porter quel nom ? » sachant que nous ne sommes pas mariés… Pour moi il était logique qu’elle porterait le nom de famille de son père… Mais pas pour tous !
    Et évidemment le célèbre (et ses variantes) « Comment il/elle va s’appeler ? » – « Vous avez choisi le prénom ? » – « Vous allez dire le prénom ? ».

    1. Ah, le prénom, je dis tout de suite qu’on n’a pas choisi (ce qui est vrai!), et qu’on verra bien. Mais c’est vrai que parfois, dire « ça vous regarde?? », ça démange! 🙂

  15. Génial de te lire 🙂
    J’avais rédigé un petit quelque chose il y a quelques semaines sur les phrases que j’avais entendu ou m’attentais à entendre etc
    Des choses pénibles, rengaines et surtout des gens qui savent bien mieux que toi parce qu’ils connaissent !
    Il y a quinze jours, enceinte de tout juste 3 mois, on me demande évidemment « et c’est quoi ? » haha ça sera la surprise puisque nous ne voulons pas savoir avec le jour J. Et cette personne de rester me fixer le ventre et se pencher vers la tante à côté en disant « c’est un garçon ».
    J’ai eu envie de lui arracher la tête. Déjà d’une je te demande pas ton avis, de deux tu pourrais arrêter de me fixer comme ça, surtout mon ventre (ce qu’elle a fait toute la soirée, insupportable !!!) et de trois viens pas me dire que c’est un garçon parce que je le porte comme-ci ou ça alors que je ne suis même pas enceinte de 3 mois et demi (qu’en plus j’ai un utérus rétroversé et que ce n’est que maintenant à la fin du 4ème qu’il reprend sa place !)
    Ca m’énerve. je m’attends à ce qu’un jour on me dise « en même temps tu te doutais bien… » ais don ça veut dire quoi ? « T’es enceinte donc t’assumes qu’on te soule » ? Tsss
    Et puis maintenant que mon ventre pousse vraiment « ah oui ça se voit bien quand même ! », j’ai l’impression d’être limite à terme comme si j’étais énorme alors j’ai peur des réflexions qui viendront après 🙁

    En tout cas très chouette article et très douces photos 🙂

    1. Aaaah oui, effectivement, tu connais donc les mêmes remarques que moi ! 🙂 Ne t’inquiète pas, même sans t’avoir vue, je peux t’assurer que tu n’es pas énorme, que tu es magnifique, que la vie est belle, que tu vas voir, c’est merveilleux, ça vaut tous les tracas du monde, et quand tu le sentiras bouger du matin au soir, ce que dira l’extérieur, tu n’en auras absolument rien à faire 😉

  16. Bonjour,
    Pour toutes mes copines ou ma famille, je respecte plus ou moins tout ça naturellement, en voyant si l’intéressé souhaite en parler.
    Pour les autres, moins elles m’en parlent, mieux je me porte. C’est que ça m’embête royalement d’écouter les histoires des collègues qui racontent à qui veut l’entendre des détails assez inintéressant (je re-précise, avec mes copines et ma famille, je suis intéressée!).
    Du coup, bien d’accord avec cet article, que chacun raconte ça avec ses amis, c’est quand la terre entière s’y mèle que ça dérange les deux parties.

  17. J’aurais dû lire ces lignes il y a dix ans quand j’attendais ma petite tigresse et que je me sentais perdue, n’osant pas avouer, pas même à moi-même que non, tout n’était pas rose, que oui j’avais peur et que non les expériences des autres là maintenant tout de suite ne m’aidaient pas. Et puis, Elle est née, les années ont passé et peut-être suis-je devenue comme celles que j’avais tant maudites de ne rien comprendre. J’espère que non mais au cas où, je garderai ton article dans un coin de ma mémoire, pour la prochaine fois. Prends soin de toi.

    1. Je suis sûre que tu fais preuve de toute la délicatesse que tu crois avoir oubliée. Prends soin de toi tout autant, et merci de tes mots toujours doux à lire.

  18. Très bel article ! J’ai entendu ces mêmes réflexions et c’est plutôt amusant de les retrouver sous la plume d’une autre, elles sont donc bien communes. Personnellement, j’ai pu aussi me délecter des remarques sur mon alimentation pendant mes grossesses : « il faut manger pour deux » ou au contraire « tu crois que c’est bien raisonnable dans ton état ? »… Tu pourras refaire un article un an ou deux après la naissance de ton premier enfant, pour d’autres phrases agaçantes : on te demande quand tu envisages de lui « faire un petit frère/une petite soeur ». Et si je n’en veux qu’un ? Et si je ne peux plus en avoir un autre ? Personne ne se pose la question. Ensuite, si tu as un deuxième enfant, rebelote « et un 3e ? ». J’ai plusieurs amies qui en ont 4 mais après 3, on ne te demande jamais si tu en veux d’autres…
    Cela dit, il y a aussi les phrases des femmes enceintes qui sont parfois drôles : le dernier jour de travail avant mon congé maternité, mon patron me serre la main dans le couloir et me dit « bonne fin de grossesse ». Je lui réponds de manière complètement automatique : « merci, vous aussi ». C’est en tournant les talons que j’ai réalisé ce que je venais de dire (respiration – surtout ne pas rire avant d’être arrivée au bout du couloir). Heureusement qu’il était tout en longueur, sec comme une branche d’arbre, il aurait pu mal le prendre 😉 Très bonne fin de grossesse, prends bien soin de toi !

    1. Mon rapport avec la nourriture a longtemps été compliqué, donc mon entourage ne me fait absolument aucune remarque là-dessus, et fait tout au contraire pour dédramatiser ça, ce qui est génial pour moi. J’ai bien ri à ton « bonne fin de grossesse »! Alors moi, un parent d’élève m’a dit, en me serrant la main et alors que je ne m’y attendais pas du tout : « Bonsoir, hein, et puis… Bon courage pour l’accouchement! » J’ai éclaté de rire. 😀

  19. Ton article est magnifique comme toujours, et tes conseils précieux… on est souvent un peu désarmés dans ces situations. Bon ça ne me viendrait pas du tout à l’idée de commenter le ventre ou de demander le nombre de kilos pris (ça me laisse sans voix d’ailleurs de lire ça^^), mais la tentation est bien présente de s’extasier (« oh mais c’est géniaaaaaal ») alors que c’est aussi potentiellement une période de doute, d’angoisses… Bref, c’est important pour tout le monde de lire et relire ça je pense. Je te souhaite évidemment le meilleur, et que tout ton entourage diffuse cet article ni vu ni connu… si ça peut faire passer le message 🙂 !

    1. Oh mais oui, il faut s’extasier, c’est important! Continue à dire « c’est génial », c’est chouette de se réjouir à plusieurs, et puis, ça peut être communicatif dans les moments de doute. Tout en restant consciente que ce n’est pas non plus une bulle de bonheur sans anicroche! Merci de tes gentils mots, Irène!

  20. Bonsoir,

    je commencerai par avouer : j’ai fait partie de celles qui ont dit « oh, je m’en doutais »… toute orgueilleuse d’être si perspicace, avec pour seuls indices les posts Instagram et le blog… Ah oui, quelle prouesse ! Maintenant je me trouve un peu idiote de m’être laissée aller à si peu de finesse !

    J’ai pourtant moi aussi eu du mal à comprendre les mots et réactions de ce genre (et pire !) durant ma grossesse…!

    Mais à la vérité c’était la joie nouvelle et rassurante de me dire que, même dans un monde virtuel, je sais rester encore un peu intuitive et attentive, même avec des personnes que je ne connais pas, et de me dire que ces réseaux sociaux sont aussi finalement parfois le moyen d’exercer sa pleine attention, son sens de l’observation, et de capter inconsciemment ce que certaines photos révèlent. Des photos comme des oeuvres d’art.

    Pardon Céline au nom de toutes celles et ceux qui ont manqué de tact, emballés, ou empêtrés dans leurs propres histoires… aveuglés un instant devant l’éblouissant, et beau mystère.

    J’ai pensé à vous écrire ce soir, car je viens d’essayer votre recette de petits pains rustiques !

    Claire

    1. Ce n’était absolument pas idiot et j’ai totalement compris ce réflexe, surtout de mes lecteurs (d’amour) pour qui j’avais semé des indices! Bravo de ta perspicacité (oui oui oui!) et bonne journée, Claire!

  21. Tu m’as fais trop rire pour le « vous savez ce que c’est ? » c’est une phrase tellement utilisée alors que quand on y pense c’est vrai qu’elle est bizarre !
    Je n’ai encore jamais été enceinte mais j’imagine bien que toutes ces phrases ne doivent pas être faciles à entendre ^^ mais promis je n’ai jamais fais de réflexions de ce genre aux femmes enceintes de mon entourage 😉
    Des bisous, et au passage j’aime beaucoup les photos de ton article <3

  22. Tellement véridique !!!
    Une autre question qu’on m’a également beaucoup posée au moment où je l’ai annoncé autour de moi: « vous avez mis combien de temps pour y arriver »? (sous-entendu, combien de rapports avez-vous eus?)… ah, la quête de la performance 😉

    1. Oui, on me l’a dit aussi, oui… « Vous essayiez depuis longtemps »? « Combien de temps? 6 mois? Un an? Plus? » J’ai compris les intentions derrière qui dans ce cas étaient vraiment bonnes (cela venait de quelqu’un qui est adorable), mais j’ai été gênée de cette indiscrétion, et bien embarrassée pour répondre!

  23. Merci pour cet article qui remet un peu les pendules à l’heure.

    Personnellement, j’ai mal vécu le « Et comment va le bébé? » sans me demander comment j’allais, moi. Surtout que je n’avais aucune idée de comment allait l’enfant: « Bien, j’imagine » était ma réponse un peu penaude…
    Et l’autre aspect franchement désagréable était lorsqu’on me touchait le ventre sans rien demander, le cauchemar! Même des inconnus dans la rue se le permettaient.

    J’ai vraiment trouvé que la grossesse était un moment angoissant- on me disait que je rayonnais alors que je m’étais rarement sentie aussi mal…
    Je me suis donc rendu compte que beaucoup de ces phrases sont des réflexes qu’on prononce un peu sans réfléchir, par automatisme… il faudrait ne pas y accorder trop d’importance, mais en étant enceinte, j’ai trouvé ça tellement difficile…

    1. Ah oui, Claire, c’est vrai, le fameux « comment va bébé? » avec un petit air entendu, surtout au début, alors qu’on ne le sent pas, qu’on est dans le flou total, et qu’on n’a absolument aucune espèce d’idée de son état, et que c’est même une source d’inquiétude… Moi aussi, j’ai connu! Bon, le ventre, personne ne me l’a encore touché, et encore heureux, je crois que je serais capable de m’énerver beaucoup, moi qui ne suis absolument pas tactile! 😀

  24. Moi aussi je viens de découvrir tout ça et je suis bien d’accord avec tous les points que tu as noté! Voilà la dernière en date :
    Samedi soir au théâtre :
    Je m’assois à ma place à côté de 2 dames d’un certain âge. Je vais voir Casse-Noisette et je suis bien contente.
    La dame la plus proche me regarde et me dit : « Houlà, vous allez avoir un bébé vous! »
    Dans ma tête « Tiens, je ne m’en étais pas rendu compte….. c’est donc pour ça que mon ventre est si rond???? » En réalité je hoche la tête avec un léger sourire.

    La dame : « Vous n’allez pas accoucher ce soir? »
    Moi : dans ma tête  » ah bon, c’est pas ici la maternité? » en réponse à la dame :  » non, normalement il me reste du temps et ce soir je suis venue voir ce ballet…. »
    Je lui dis quand même qu’il ne me reste qu’un mois de prévu et que l’heure exacte n’est pas connue et là….
    « Mais vous êtes sûre qu’il n’y en a qu’un? et se tournant vers son amie, Elle a un gros ventre la dame quand même non? » (Euh je suis toujours là et j’entends?)
    « oui, il n’y en a qu’un seul » lui dis-je.
    « Ah vous savez, un bébé peut en cacher un autre! » et elle se tourne vers son amie pour poursuivre une autre conversation….
    Dans ma tête je me dis : « ah oui, tiens, comme les trains…. comme c’est étrange! »
    Les lumières se baissent et le ballet va commencer… ouf!

    1. Aaaah ah ah, je viens de rire en lisant ton histoire si bien racontée! 🙂 On ne m’a pas (encore) dit « vous êtes sûre qu’il n’y en a qu’un? », je trouve ça délicieux de maladresse, et je retiens! 😀 Bonne fin de grossesse et félicitations!

  25. Je crois qu’il n’y a qu’un mot à vous dire : Félicitations !!!
    Et j’ajouterais : profitez, oui profitez de la vie, de ces 9 mois qui filent vite et qui sont si précieux, croquez la vie et prenez aussi le temps de vous écouter !!! (parole de maman de 2 grands garçons !)
    Enjoy !
    (ps1 : Je crois que la plupart du temps les gens ne savent pas quoi dire face à une femme enceinte, alors les âneries fusent. Il y a aussi pas mal de petites jalousies, et comme lorsqu’on est enceinte on est très sensible et en plein bouleversement, on se sent vite atteinte alors qu’il ne faudrait vraiment pas y prêter attention.)

  26. Bonjour, je viens de lire cet article et moi qui ne suis « pas déjà mère » (pour vous citer) et surtout « pas envie d’être mère » j’avoue être assez déconcertée.. J’ai du subir pendant toute ma carrière professionnelle (oui en privé je peux choisir les personnes à fréquenter…) les états d’âme, jérémiades et autres joyeusetés liées à la maternité (avant/après bien sûr car pourquoi se cantonner à 9mois) des collègues et collaboratrices. Et vous êtes toutes très fière de parler de votre ventre, la future merveille du monde qui arrive, des biberons, des vergetures, des tranchées, nuits blanches et j’en passe… et si par malheur on ose parler d’autre chose vous arrivez toujours à recentrer l’intérêt collectif sur votre nombril, et ce à une vitesse fracassante…Pourquoi,en plus de devoir supporter les conséquences lourdes d’une grossesse pour une équipe, faudrait il que ce court choix de vie soit prétexte à plus d’attentions??? Une femme enceinte n’est ni handicapée ni malade, depuis la nuit des temps les espèces animales se reproduisent sans que la terre s’arrête de tourner. Expliquez moi pourquoi le comportement des autres doit changer à votre égard, futures mères?? Ne peut on être prévenants, attentionnés et gentils avec son prochain sans que la maternité en soit la raison, non?? J’ai malheureusement la malchance d’avoir pour voisinage direct une crèche et le manque de respect et sans gène des parents déposant leur précieuse progéniture est ahurissant, je me tâte pour écrire un bouquin sur le sujet… Alors je suis désolée de ne pas vous féliciter pour cet événement ( pourquoi heureux d’ailleurs??) et de ne pas partager vos gros soucis de femme enceinte, vous avez choisi de faire un enfant assumez et batez vous pour des choses bien plus importantes

    1. Vous trouvez peut-être que les choses bien plus importantes, c’est par exemple prendre le temps de laisser un tel commentaire ? C’est l’hôpital qui se moque de la charité, vous ne trouvez pas ?
      Quand on n’aime pas, on ferme la page et on va s’occuper des choses bien plus importantes.
      Je n’en reviens pas, je suis presque triste en vous lisant, il faut une bonne grosse dose d’amertume pour perdre dix précieuses minutes à déverser une bile aussi âcre sur un blog tout ce qu’il y a de plus innocent.

      1. Ma pauvre Pauline, il est triste que vous ne voyez pas plus loin que le bout de la queue du chien et qu’un avis différent de la norme établie vous dérange….. On appelle ça de l’ouverture d’esprit qui est une mécanique intellectuelle différente du nombrilisme… Vous avez raison je vais utiliser mon temps à des choses plus nourrissantes intellectuellement que d’échanger sur le respect de l’autre en général et pas uniquement centré sur la sacro sainte femme enceinte, et mon amertume vous dit bien des choses.

        1. Delphine, c’est le dernier commentaire de votre part que je publie sur ces pages qui sont miennes et que je veux plus lumineuses. Je vous souhaite bonne route.

      1. Sinon, j’en profite pour te remercier de ton bel article. Enceinte depuis peu, j’avoue avoir été vraiment déstabilisée au tout début et j’ai eu du mal à trouver des mots réconfortants. Mais c’est en lisant des textes comme le tien que je me suis rendue compte que je n’étais pas là seule à être à ce point si sensible, fragile, triste, etc. Merci beaucoup, et belle grossesse à toi!

  27. Je ne connais pas votre blog depuis très longtemps (merci Antigone pour la découverte !) mais vos textes sont devenus de vrais rendez-vous. Je les trouve si beaux et justes à chaque fois. Je vous adore (oui oui carrément !) sans vous connaître. J’espère que tous les commentaires d’amour sauront atténuer ceux qui blessent.

  28. Et quand bb est là après, ne pas écouter non plus les « tu devrais faire comme ci ou ça », « moi à ta place », « si tu l’habitues pas dès le départ à ça ou ça, après c’est foutu »…. bref, j’en passe.
    Ecouter d’une oreille parce que oui parfois ça peut servir, mais s’écouter aussi et surtout soi, et bb et se donner le temps à 2…

  29. AMEN !!! Tout comme toi, je suis enceinte de mon premier enfant (nous sommes d’ailleurs presque synchro 🙂 ) et comme toi, je découvre les joies et les mésaventures de la grossesse. Lorsque j’ai lu ton article, je me suis dit :
    – mais c’est tellement ça ! Comme d’habitude, tu as choisi les mots justes, criants de vérité, je n’aurais pas pu mieux dire ce que je ressens…
    – ouf, je ne suis pas hystérique, d’autres femmes réagissent comme moi !
    Je serai curieuse de lire l’éventuel développement de ta conclusion, parce que je crois que là aussi, c’est un sujet qui touche plus d’une femme enceinte.
    Bref, un grand MERCI parce que tu as illuminé ma journée lorsque j’ai lu ton article au réveil. C’était comme si une petite voix rassurante était venue me dire tout ce que j’avais besoin d’entendre 🙂
    Prends soin de toi et à bientôt,
    Pauline

  30. Félicitations!! La grossesse, cette période ressemblant à des montagnes russes… Certains jours on se sent remplie de joie, presque sereine et puis d’autres jours ce sont les doutes qui nous assaillent, et un peu la fatigue aussi… Mais quoi de plus normal devant l’inconnu? Jeune maman d’un bébé de 3 mois je me suis reconnue dans vos mots…
    On a toutes je pense un « idéal », et on compose avec cette réalité qui nous rattrape! La vie quoi 🙂
    Vivez votre grossesse comme vous l’entendez, comme vous le ressentez surtout, avec ses bons et ses « moins » bons moments…
    Se mettre dans une bulle… Les maladresses peuvent la heurter mais pas la faire éclater ;-).
    Prenez soin de vous.

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