La fin des vacances…

Cette fois, ça y est.
Il faut, pour de vrai, ranger les valises. Mettre de côté les petites robes légères, la crème solaire, les sandales. Il faut vider une dernière fois le sable des chaussures, manger une dernière fois des fraises parce que ça sent la fin, piocher dans la barquette de framboises en disant « non non elles ne sont plus bonnes, pas assez sucrées, c’est sûr », puis en reprendre encore une, encore une, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Il faut ressortir le sèche cheveux pour être à nouveau un tant soit peu présentable, et donc laisser le mode « Charles Ingalls » au réveil. Il faut ressortir le maquillage, les pantalons, et retrouver la sensation bizarre des jambes couvertes de tissu pour la première fois pendant des semaines. (Ça ne vous fait pas ça, au premier pantalon de la rentrée?)
Il va falloir se réveiller avant la lumière, retrouver le petit déjeuner minuté, le chauffage que l’on met à fond dans la voiture au petit matin parce qu’il fait froid dedans, et pester contre la buée qui empêche alors de voir quoi que ce soit à deux mètres (un problème en enchaîne un autre. Le froid et la buée, c’est le modeste Charybde et Scylla des conducteurs de l’aurore.). Il va falloir prévoir ce qu’on mange plusieurs heures, voire PLUSIEURS JOURS à l’avance, grands dieux. Il va falloir faire des boîtes à pique-nique pour le midi. Il va falloir manger tôt le soir, et se forcer à se coucher avant minuit, ce qui va à l’encontre de mon rythme naturel, et encore plus à l’encontre du rythme de l’ours en hibernation 365 jours par an qui partage ma vie. Il va falloir régler le réveil le soir, en disant à l’autre « ça sonne dans…sept heures douze, chéri !!! -QUOI? -Ah non, tiens, sept heures onze! », et piquer du nez sur des livres formidables dont on ne pourra lire que trois pages par jour.

Bon.
Bon. Pour éviter la déprime de rentrée, et parce que j’ai toujours un vague à l’âme incontrôlable, mécanique, un peu ridicule et un peu tenace quand je vois septembre poindre son nez, j’essaie de me concentrer sur les petites choses que l’on a plaisir à retrouver une fois la rentrée faite. Si, il y en a, bien sûr, des petits instants qui adoucissent le quotidien, que l’on oublie en juillet et en août, et qui réconfortent en septembre, des plaisirs que l’on n’a pas l’été et qui font sourire la travailleuse de l’automne.

1. Le bon petit déjeuner.
Pendant des années, adolescente, je partais le ventre vide. Je serais bien incapable de le faire à nouveau, maintenant que le petit déjeuner est le repas qui m’apporte le plus de la journée. L’été, ce n’est plus vraiment le cas, car je me lève tard, et que je mange plus légèrement, un fruit, quelques céréales, pour tenir avant le déjeuner qui, même décalé, arrive peu de temps après. Mais dans l’année, je mange à 7 ou 8 heures, et il faut tenir jusqu’à 13h, en passant les épreuves du froid et des cours. Je ne prends pas de collation dans la matinée, donc le matin, je m’autorise tout ce que j’aime, en quantité, et en qualité. Des généreux bols de granola, de muesli maison, 2 ou 3 fruits frais, un yaourt (maison!) ou du lait d’amande…Et à côté, en plus d’une grande tasse de café ou de thé de qualité, et deux ou trois tartines de pain complet à la confiture. Parfois, pour compléter, je rajoute de la brioche, ou une grosse poignée de fruits secs.. J’ai mes périodes tout au long de l’année, mais toutes ces bonnes choses que je prépare à l’avance font vraiment de mon petit déjeuner un moment que j’aime et qui adoucit mon réveil. J’ai hâte d’être à demain matin…

2. Une bonne douche chaude le soir.
L’été, on recherche la fraicheur, on se douche à n’importe quelle heure, avec de l’eau tiède… Mais quand vient le froid, j’avoue que le soir, le fait de prendre une douche vraiment chaude, juste avant d’enfiler un pyjama propre et de me glisser dans le lit, c’est un vrai plaisir que je savoure à sa juste valeur.

3. Un polaire ou un plaid pour regarder la télé.
En voilà, un plaisir de l’hiver : un bon plaid, ou ma petite veste polaire fétiche, parfumé(e) aux huiles essentielles d’orange ou de lavande, dont je m’entoure pour regarder la télé le soir, avec une tisane à la vanille…

4. Des bougies qui sentent bon.
A l’automne, et en hiver, j’adore allumer des petites bougies parfumées, au bois de santal, aux épices, et quand je les allume, j’essaie de faire brûler toute l’allumette, en la prenant par l’autre côté pour qu’elle soit noire jusqu’au bout.

5. L’odeur du gâteau qui cuit alors qu’il fait mauvais dehors.
Oui, je vais continuer la petite cuisine que j’aime, simple et bio, de saveurs de saisons, avec une bonne musique douce pour l’accompagner. Quand ma préparation est finie, qu’elle cuit, je nettoie toute la cuisine, et je me fais un thé en laissant l’odeur de biscuit envahir la maison. Et si je peux m’assoir près de la fenêtre pour écouter la pluie tomber, c’est un vrai plaisir, je joue avec le sachet de thé et je le bois sans rien faire d’autre…

6. La matinale à la radio le matin.
En été, je me lève tard, trop tard pour les émissions d’information. Mais les rituels de l’année, qui font que chaque matin, mes oreilles retrouvent les mêmes voix, les mêmes intervenants, leur ton et leur rythme, font partie de ces habitudes rassurantes. Doucement, ces voix quotidiennes me plongent dans l’actualité de la journée à venir, et me donnent l’impression que je profite de la journée dès son commencement, avant même que les actions effervescentes de la journée ne démarrent.

7. Ressortir et renouveler les habits…
Oui, oui, je fais ma fille, mais avouez que cela fait partie des vrais plaisirs de l’année, non? S’il est difficile de ranger les robes d’été, il est tout aussi agréable de remettre les petites tenues d’automne-hiver que l’on aime, de regarder les nouvelles collections, et de voir des jolies vestes chaudes, des bottes toutes mignonnes, ou encore, comme moi-même hier, de craquer pour une robe courte noire en faux velours qui me donne l’air d’une petite squaw et que j’ai vraiment, vraiment hâte de porter!

8. Changer de crèmes et de lotions.
Quitte à faire ma fille, je vais jusqu’au bout : j’adore m’offrir un (ou plusieurs…) joli(s ) produit(s) de beauté, en avance, durant l’été, et je m’interdis de les ouvrir avant le jour de la rentrée. Du coup, ces nouveaux produits deviennent de vrais plaisirs, des cadeaux de moi à moi qui me donnent la sensation de me faire une douce, une nouvelle routine.

9.  Se réchauffer dans les bras de quelqu’un.
L’été, il fait chaud, trop chaud! On collait, on cherchait l’air…Mais maintenant…maintenant…

10. Le vendredi soir.
Durant l’été, tout le monde s’en fiche! Alors que dans l’année, c’est si bien, SI BIEN d’être le vendredi soir!! Vivement vendredi!

Il y en a plein d’autres, des plaisirs retrouvés en septembre…Des idées?
J’aurais pu rajouter : le séances de yoga et de danses bienfaitrices, le plaisir des soupes chaudes de saison, des tartes aux poireaux, des potimarrons, des agrumes, des pains d’épices, des chocolats chauds, les jolies couleurs des feuilles mortes, les marrons grillés, les soleils timides, les écharpes qui sentent notre parfum, les gants tout doux…
Finalement, j’accueille septembre plus volontiers! Et vous?

 

L’écarlate en mouvements

Parce que c’est les vacances, et que mon cerveau se met au repos, je l’épargne et décide de mener les réflexions idoines. Allons-y doucement, je vous révèle aujourd’hui les résultats d’une enquête parfaitement sérieuse et véritablement profonde.
Ladys and gentlemen (surtout ladys, en fait, parce que les autres, je vais les ennuyer. Sauf celui qui partage tout avec moi et qui a la capacité merveilleuse de ne s’ennuyer de rien, et qui a mangé le carambar à la framboise de la photo d’hier.) THIS is the Thought Of The Day (and forgive my poor tired brain.) :
Les 10 bonnes raisons de porter des Collants Rouges.
(Tadaaam!)
-Il fait tout gris, l’œil a besoin de couleur. Du vif, du gai, du qui se voit bien! Du qui change et qui réjouit. En plus, c’est Noël dans une semaine, les amis, tout devient rouge, les nappes, les bonnets, les guirlandes! La Christmas touch du look, qui y pense?
-Le collant noir, c’est tellement 2011.

 

-Quand on baisse les yeux, on sursaute un peu en se rappelant que ce matin, on a mis des collants rouges. Et c’est marrant.
L’homme qui aimait les femmes aurait bien aimé, et Truffaut aussi, certainement. (Et puis moi j’aime bien Charles Denner.)
-Je ne suis pas de celles qui peuvent dire que lorsqu’elles parlent à un homme, il a du mal à la regarder dans les yeux. (Elles s’en plaignent souvent d’ailleurs, alors que cette déviation du regard les flatte, au plus profond d’elles-mêmes.) Pour moi, le collant rouge est l’occasion de vivre cette expérience unique et de m’en amuser.
-Il y avait une promo.
-Ça fait parler. A l’heure de la crise, de la tempête, des présidentielles, des manifestations égyptiennes, parler de collants rouges, c’est une amorce de détente. (Si.)
-Pour peu qu’on les accorde avec une robe noire, on a une pensée vagabonde pour Stendhal. (Ou Jeanne Mas. Selon les références de chacun.) (Ou les deux. Et c’est marrant.)
-On méprise trop nos propres jambes. Une tenue toute neutre avec un coup de projecteur sur elles, c’est un peu donner un solo à un altiste et dire aux violons de tenir l’ostinato.
-C’est joli, en fait.
Finalement.
And that’s enough, je dirais même.