C’est ça l’amour (ou l’étape du double biscuit)

On a un gros problème.
Outre le fait qu’en ce moment, on a plein de choses à faire, ce qui me laisse peu de temps pour écrire.

On a un gros problème, disais-je. Lui et moi, on adore les biscuits. Et moi, j’adore faire des biscuits. Mon yaourt du soir ne s’envisage pas sans un petit gâteau, maison si possible…Au point que, quand je n’en ai plus dans le bocal, j’en refais, au risque de me faire appeler la monomaniaque du petit gâteau. La fana du cookie. La folle du biscuit. La timbrée du gâteau sec qui n’a cure des noms d’oiseaux, et qui pétrit, sans relâche, comme une Peau d’âne industrieuse.

Les recettes de biscuits, je les teste toutes. Les recettes bios, surtout, parce que cela permet un infini des possibles…J’en fais une petite quantité à chaque fois, pour pouvoir varier, et j’ai quelques gâteaux qui me font la semaine selon mon envie.

Sauf qu’on a un gros problème.
J’y viens.

Voilà.

Lui et moi, on n’aime pas les mêmes biscuits.
C’est terrible, c’est insoutenable, mais c’est ainsi : niveau biscuits, nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre. Nous sommes un couple désuni du gâteau. Il aime le moelleux, le fondant, alors que je ne cherche que le croustillant. Il veut que cela fonde sous la dent, je veux que cela s’effrite. Que limite, ce soit trop cuit, que quand on mord, on s’en met plein le décolleté. J’adore pouvoir l’émietter sur un fromage blanc, qu’il y ait plein de trucs dedans qui croquent, des amandes, des graines, du sésame, des noix. Il adore qu’il y ait un tour craquant et un intérieur type gâteau mou. Et puis quoi encore. Et surtout, surtout, je n’aime pas le chocolat dans les biscuits (oui, frappez-moi, hurlez-moi dessus, les cookies aux pépites, j’aime pas, c’est tout.), et c’est tout ce qu’il aime, des pépites bien noires, et qui n’ont pas trop fondu, des gros chunks qui donnent du goût au gâteau.
Niveau biscuits, rien à faire.
Nous sommes incompatibles.

Mais nous prenons les choses en main. Avant la thérapie de couple, il y a une étape, me suis-je dit, courageuse et déterminée. Amoureuse, aussi. Alors voilà, c’est l’étape du double biscuit. Je vous explique le principe : maintenant, je fais deux pâtes à biscuits. Une même base, dans le même saladier (faut pas pousser, non plus) : farines complètes, sucre (ou sirop d’érable, ou miel…), huile d’olive (ou beurre, ou purée d’amande). En rodée du cookie, j’ai l’œil, je fais au pif, différent à chaque fois.
Et là, je sors l’arme secrète. Je divise en deux boules. Dans l’une, je mets des amandes, des noisettes, du sésame, de la cannelle, de l’anis, des fruits secs, enfin tout ce que j’aime et pas lui. Dans l’autre, des pépites de chocolat bien noir. Avec, comme ici, des écorces d’orange, parce que ça va bien.
Je laisse dormir les 2 boules au frigo, puis je les fais cuire : des petits palets biens secs et bien cuits pour moi, des larges cookies encore tendres pour lui.

Et nous voilà deux heureux! La réconciliation du biscuit nous réussit, et nous savourons consciencieusement, chaque soir, chacun un gâteau maison à notre goût. Je souriais en regardant cette assiette, qui, comme notre « nous deux », est jolie de ses différences et de la force de ses ressemblances.
Et j’espère continuer longtemps à pratiquer le double biscuit. Voire peut-être le triple, un jour.
Ne précipitons rien.

A la demande générale!

Bon, je publie ici, et enfin, une recette simplissime, parce que plusieurs personnes me l’ont demandée, et pour récapituler à l’intention d’une certaine jolie brunette qui pense être un cas désespéré de la cuisine. Celle-ci, je lui rappelle que rien n’est perdu, qu’il faut poursuivre la lutte, que la persévérance et l’effort viendront à bout d’une prédestination malheureuse. Et je lui dis à nouveau qu’aucune mauvaise fée ne s’est penchée sur son berceau pour la condamner à une vie faite de plats touts prêts : j’en sais quelque chose, j’y étais, près du berceau! Et j’ai hâte qu’elle m’invite à manger des pâtes, parce que j’adore manger avec elle, même des trucs bizarres…

Recette simplissime donc, et inratable (ahemmm), et même customisable! On peut choisir l’arôme que l’on veut, en fonction de son humeur. C’est un petit dessert frais et léger, qui vient bien conclure un repas, qu’il s’agisse d’un repas quotidien ou d’une petite fête…

Petites pannacottas
(Pour 4 verrines)

25 cl de lait (de vache, ou bio : d’amande, ou de soja…)
40g de sucre blond
1 c. à café rase d’agar-agar
20 cl de crème (crème fraiche, ou d’amande, ou de soja : là encore, on peut varier…)

Dans une casserole, mélanger le lait, le sucre, l’agar-agar. Porter à ébullition. Retirer du feu et mélanger avec la crème. Répartir dans quatre verrines, laisser refroidir et mettre au frigo au moins 3 heures avant dégustation.

C’est une base toute simple, que nous aimons décliner à l’infini : soit dans la casserole (on peut mettre du café soluble, du cacao, du miel, de la vanille, de la fleur d’oranger…), soit sur le dessus des pannacottas une fois qu’elles sont fermes (des biscuits émiettés, de la confiture de fruits rouges, des copeaux de chocolat, ou de noisette…)

A chacun de composer avec ce qu’il aime!